Red Johnson's Chronicles sur PlayStation 3, le test de Shauni & Myster Mask

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Shauni & Myster Mask
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Shauni & Myster Mask PS3

"Red" mort

En attendant le test promis lors de celui de « Catwoman », je me suis permis un petit détour du côté des jeux « normaux ». Il faut dire qu’être testeur en mauvais jeux est très éprouvant, surtout quand on est en face de « Catwoman », donc je m’autorise de temps en temps à tester un bon jeu. Seul petit problème, le soft en question aujourd’hui m’a énormément déçu et en écrivant ces lignes je suis tellement remonté que je ne vais même pas faire une mise en scène et un ton décalé comme d’habitude. Non, ce jeu ne le mérite absolument pas.

Je suis très nostalgique des point’n’click. Les vieux point’n’click, il vaut mieux préciser. Ceux dans le genre des « Chevaliers de Baphomet », « Monkey Island », « Gabriel Knight ». Il faut bien le dire, ce genre de jeux est aujourd’hui rare. Même s’il y a quelques sorties d’excellente qualité comme « The next big thing » ou encore « Gray Matter », on peut dire que le point’n’click classique n’est plus aussi présent. A la place, on nous vend des jeux présentés comme tel mais qui n’ont pas grand-chose à voir, car la progression ne repose pas sur la résolution d’une énigme tordue comme celle du mime dans « Gabriel Knight », ou du coq saoûl dans « Discworld II », mais sur la résolution d’un puzzle… Alors d’accord, les puzzles c’est logique, mais c’est justement ça qui m’ennuie !

Je regrette les énigmes illogiques des vieux jeux d’aventure ! Bon, je sais, j’ai adoré « Gray Matter » dont les énigmes ne sont pas difficiles et pas très illogiques. Mais bon, pour ma défense, le scénario est très bon (Jane Jensen oblige), et les énigmes proposées se résolvent dans la continuité de l’histoire avec des objets ramassés et des éléments du décor. En d’autres termes, on ne nous met pas un puzzle chiant qui n’a rien à voir avec l’histoire en plein milieu.

C’est plein d’espoir que j’ai commencé « Red Johnson’s Chronicles ». Et oui, j’avais de l’espoir car il avait été plutôt bien apprécié par toute la presse spécialisée, et beaucoup lui trouvait de nombreuses qualités. Comme quoi, des fois, on a l’impression d’être seul au monde…

Bien, l’aventure commence et… Et puis merde je m’en fous, je le dis. Le jeu est français, développé par un studio français et aucun doublage dans la langue de Molière ne nous est proposé ! Et ça, ça craint. Même David Cage double tous ses jeux ! Qu’un jeu américain ou japonais ne nous propose que des sous-titres là je veux bien, mais merde pas un jeu français ! Honnêtement, vous croyez que les « Runaway » n’avaient pas de doublages espagnols ? Mais bon, passons, vu qu’apparemment je suis la seule personne que ça choque… Au moins les doublages sont bons.

Vous êtes Red Johnson (oui je sais quelle surprise !), un détective privé qui se voit confier une enquête de meurtre par un policier pas très malin. L’ambiance sonore est excellente et les graphismes sont beaux, ainsi l’atmosphère polar noir est parfaitement retranscrite. Une fois l’enquête confiée, vous apprenez que vous évoluez dans la ville fictive de Metropolis, une ville pourrie où le crime est à chaque coin de rue… D’accord, c’est très cliché, mais efficace. L’enquête commence bien évidemment avec l’inspection des lieux du crime dans lesquels vous devez chercher des indices. Sur ces lieux, vous rencontrez à la suite d’un QTE incroyablement foireux Saul, un indic, clone de Huggy les bons tuyaux qui vous aidera dans la résolution des puzzles en vous donnant des indices. Et vous voilà devant un premier puzzle, rétablir un schéma électrique… Vous bloquez et appelez Saul qui vous donnera un indice qui ne sert absolument à rien.

Explications : vous êtes devant un schéma où vous devez trouver la bonne combinaison de boutons. Red dit : « Il faut que je rétablisse le courant. ». Imaginons vous bloquez. Vous appelez Saul.

1°indice : « Il faut rétablir l’électricité ! »

2°indice : « Tu devrais appuyer sur les boutons ! »

SANS RIRE ? Et c’est comme ça tout au long du jeu. Tous les indices ne servent à rien. Comme dit précédemment, des QTE s’enclenchent quand vous arrivez sur un nouveau lieu. Des QTE à la « Heavy Rain » où on se rappelle enfin que la manette PS3 est sensitive. Malheureusement, on est loin, très loin de « Heavy Rain » car tous les QTE du jeu sont atrocement mal foutus.

Parlons un peu de l’interface. C’est très simple vous pointez, vous cliquez. Impossible de faire un gameplay imprécis avec ce genre de jeu.

Ah oui… C’est quoi déjà le proverbe ? Impossible n’est pas français !

Car oui, il arrive que vous cliquiez cinq mètres au dessus de l’objet mais que vous arriviez quand même à le sélectionner. Dans son bureau, Red possède un appareil révolutionnaire (ville futuriste oblige) qui lui permet de tout analyser, mais aussi un fichier où il possède apparemment les coordonnées de tous les habitants de la ville. Ce qui vous facilite la tâche quand vous cherchez un numéro de téléphone. Parfois, pour résoudre des énigmes, vous devrez lire des notes. Seulement, elles seront écrites tellement petites  et mal que même avec l’option loupe il sera impossible de déchiffrer ce dont vous avez besoin pour vous sortir de l’énigme. Car oui, une fois une énigme sélectionnée, il sera impossible d’en sortir pour aller s’aérer l’esprit et réfléchir. Non, vous êtes coincé et devez résoudre l’énigme à tout prix pour vous en débarrasser.

Les puzzles ! Parlons-en ! Ok c’est logique, ok il y a une certaine difficulté mais mon dieu que c’est ennuyeux.  Ce n’est que mon avis, mais c’est sans plaisir que j’ai résolu les énigmes, j’ai même failli m’endormir sur celle de la boîte à bijoux de la veuve.

Les dialogues sont bons, plutôt drôles, bien écrits, et vous devrez faire certains choix dans certains pour mener l’enquête à bien et ainsi ne pas vous retaper une seconde fois toute la séquence. Normalement, les erreurs sont rares car les choix dans les dialogues sont d’une simplicité enfantine. Ce qui est assez bizarre : vu les énigmes, on aurait pu s’attendre à des choix plus fins comme dans « Hotel Dusk », mais bon. Les dialogues sont clairement le point fort du jeu et c’est là qu’on se dit que c’est vraiment dommage qu’ils soient prononcés par des personnages aussi transparents. Et oui, tous les protagonistes n’ont aucun charisme et il est impossible de s’attacher à eux. Si on ajoute en plus une histoire pas assez creusé, classique et inintéressante, le faible nombre de lieux à visiter, la durée de vie très courte et le fait qu’aller dans un lieu et résoudre 3 puzzle pour avancer devient assez répétitif à la longue, sans parler du fait que votre carnet de bord vous mâche le travail en vous révélant quoi faire dans vos objectifs… Ce n’est clairement pas un bon jeu que l’on obtient.

En résumé : Red Johnson’s Chronicles possède des qualités comme une ambiance réussie, des graphismes soignés, de bons doublages et dialogues. Malheureusement le reste est clairement raté. Une histoire inintéressante, des personnages creux, une interface mal pensée et imprécise, des énigmes ennuyeuses, des QTE ratés et le manque de doublage français (je continue à dire que c’est une faute de goût pour un studio français). Dans ma notation je suis gentil et lui accorde 2 étoiles car c’est un jeu téléchargeable, donc je ne tiens pas compte de la durée de vie. Mais croyez moi, si c’était une version boîte, j’aurais été moins clément.

Moi qui pensais me détendre avec Red, c’est raté et c’est avec un goût amer que je retourne à mes nanars qui me déçoivent moins car je n’attends rien d’eux ! Et malgré le cliffhanger à la fin du jeu, j’ai fait une croix sur cette série.    

 

Myster Mask

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