Risen 2 : Dark Waters sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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Pas de note car pas assez joué

En fait j'y joue sur 360, et je ferai un test avec note plus tard. Là je livre mes impressions.

J'en suis à 6 heures de jeu, et globalement 6 heures de souffrance. Tout coûte cher. Vous voulez améliorer votre perso, faut débourser, mais dans quoi ? Armes blanches, armes à feu, crochetage ? Le temps de récolter l'argent on vous propose une carte, et là on hésite à l'acheter, car ok c'est juste 100 pìèces d'or, MAIS c'est aussi 100 pièces d'or en moins sur mon 300 douloureusement acquis, et il m'en faut encore 200 pour améliorer mon perso... Puis faut l'équiper en plus ! Des fois, en étant malin, on encaisse des avances sans faire la mission, on marchande pour avoir un truc gratuit, on se débrouille, quoi.

Sans compétence les combats sont ardus, faut frapper pile au moment où l'attaque ennemie est sur le bord de finir, parce qu'une fois finie l'adversaire peut à nouveau parer. Avec les compétences c'est pas évident non plus, vu qu'en face lui il en a aussi, et généralement plus que vous. Et quand ils attaquent à deux, là c'est affreux. Alors ok, contre ces deux types je peux rien faire, mais de nuit, quand l'un s'en va dormir, je peux essayer de me faire l'autre. Dans certaines situations, on peut attirer l'ennemi vers un PNJ qui va se charger de le combattre à votre place. On y gagne généralement rien, mais ça libère le passage (une fois morts, certains ennemis ne reviennent pas).

Puis hop, après avoir souffert on tombe sur un trésor, et là on a 1700 pièces d'or et on se sent riche comme un roi ! 5 minutes après y'en a 1000 qui partent dans une compétence qu'on convoite depuis  3 heures, et pour une autre il nous manque 300... Bref, euphorie de courte durée. Et c'est ça qui est super dans ce jeu. Tout à un prix, tout se mérite à la sueur et la persévérance.

Le jeu possède un système très solide et particulièrement exigeant. On ne se retrouve pas à dézinguer des dizaines d'ennemis à la fois. On les évite, on les contourne, on les piège, on meurt souvent à tenter le diable. Tout est assez réaliste, pas de mouvements spectaculaires, le personnage ne saute pas très haut. Les ennemis sont en nombre raisonnable. On vous surveille quand vous entrez dans une maison, et on vous attaque si vous pillez les coffres. Les quêtes sont plutôt convaincantes, et là où dans les RPGs elles sont généralement une corvée pour monter son personnage, ici elles se présentent comme une nécessité. C'est comme un travail constant, au jour le jour. C'est le coeur du jeu.

Et c'est gratifiant. On sent qu'on franchit des palliers. Ce que j'aime vraiment pas dans les RPGs c'est ce sentiment d'insatisfaction constante. On court après l'XP pour avoir des compétences en pensant que ça va rendre le jeu meilleur, puis une fois acquises, on veut une autre compétence, et ça n'a pas de fin. Ici ça prend tellement de temps qu'on sent bien qu'on pourra pas tout débloquer, alors on fait des choix, tout le temps. La compétence acquise marque un véritable changement. Pour moi qui dirige le perso vers le combat, posséder un pistolet, ou acquérir la parade, ça change mon approche des combats de manière palpable. J'ai pas juste un mouvement en plus pour bourriner comme un idiot. Mon personnage s'améliore, dans le sens concret du terme. Je peux être plus offensif, mettre la pression, je sens mon personnage meilleur. Mais il ne semble pas pour autant monter en puissance, et cet équilibre fait tout le sel du système. On ne passe pas de daube infâme à Superman, de 100 PV à 4000 PV. Il s'améliore de façon cohérente et mesurée.

Et c'est ce qui permet à une histoire de pirates plutôt clichée d'être prenante. Parce qu'on galère tellement (sans que le jeu soit injuste) qu'on veut avancer avec rage, que ça débloque enfin, et on s'accroche parce que les petits détails du système de jeu narrent infiniment plus de choses que les purges façon The Last of Us ou les dialogues interminables d'un Mass Effect. Pas de drame ou de "maturité" ici, les persos rigolos servent globalement à donner des quêtes, et quand les choix de dialogues proposent du background, c'est souvent parce qu'ils contiennent des informations pour remplir des missions de manière alternative, ou pour en débloquer d'autres. On parle beaucoup, mais utilement ; ça fait partie des phases de jeu, au lieu d'être déconnecté du gameplay. C'est le gameplay.

Pour l'instant je ne comprends pas comment ce jeu est resté dans l'ombre. Je trouve ça tellement mieux qu'un Skyrim, qu'un Dragon's Dogma, grâce aux détails qui font vrai, au refus du spectaculaire, à son côté super terre-à-terre. Risen 2 ne cède pas à la facilité de se dire "On s'en fout, c'est du jeu vidéo" pour se vautrer dans des mécaniques qui n'ont aucun sens. Il propose une aventure qu'on ne peut pas affrontrer d'un bloc, où on ne débarque pas dans des zones pour les nettoyer. Si on veut traverser, va falloir trouver des moyens détourner, faire preuve de patience, remettre à plus tard. Comme dans la vie quoi.

 

Un des meilleurs jeux auxquels j'ai eu la chance de jouer, pour l'instant. Par contre, mes 6 heures m'ont fait l'effet de durer 30 !

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