Killzone : Mercenary sur PS Vita, le test de Nightmare1984

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Nightmare1984
8
Nightmare1984 PSV

Une guerre éclair.

Le leitmotiv pour Sony en créant la PS Vita était de faire une console portable qui possède toutes les caractéristiques d'une console de salon; la puissance allié à l'ergonomie d'une manette. Malheureusement un an et demi plus tard, quasiment plus aucun jeu ne prend en compte cela et la Rolls des portables devient une console dédiée aux jeux «indés». Mais Killzone Mercenary est venu mettre les pendules à l'heure!

 

La parole est argent et le silence est Danner.

 

L'histoire de Killzone Mercenary se déroule durant l'invasion de Veckta relaté dans le premier Killzone jusqu'à la destruction de Pyrrhus sur Helghan. Une occasion pour les néophytes de comprendre tous les tenants et aboutissants de la saga et pour les fans de leurs faire remonter la fibre nostalgique notamment grâce à certains clins d’œil. On incarne un mercenaire (muet?) du nom d'Arran Danner qui offre ses services aux plus offrants et ne prend parti à aucun des deux camps qui se font la guerre. En effet notre héros n'aura pas de scrupule à travailler pour l'ISA ou les Helghasts tant que ça paie. De toute façon les deux camps sont loin d'être des enfants de cœur et ça fait plaisir pour une fois de voir la face cachée de l'ISA mais aussi de mettre en exergue que tous les Helghasts ne sont pas des pourris.

Ne vous attendez pas à un scénario des plus subtils et pourtant il y avait moyen de faire quelque chose de plus consistant. La faute sûrement à une campagne solo trop vite expédiée. Le thème de loyauté ou d'impartialité ne sont à peine mise en avant et des personnages ou PNJ qui avaient du potentiel narratif sont vite passés à la trappe. Des choix moraux auraient pu être mise en place par exemple. C'est bien dommage car le background de Killzone est fidèlement respecté et l'univers toujours aussi passionnant.

 

Ça vaut bien une médaille.

 

Et cela passe par ses graphismes. Non pas qu'ils mettent à l'amende tous les jeux Vita (à l'exception d'Uncharted Golden Abyss) mais aussi par son style. On retrouvera l'ambiance «clair» et vitré de Veckta en passant par des contrés plus sauvages sur Helghan ainsi que des complexes industriels sombres rappelant par moment Killzone 2. Les effets de lumières sont parfaitement maîtrisés. Les décors sont variés et le level design a été pensé pour permettre aux joueurs d'arpenter chaque niveau de différentes manières. Ça se traduit par des niveaux beaucoup plus larges où l'on peut se cacher pour éliminer discrètement les ennemis. La verticalité est aussi pris en compte. Il n'est pas rare que des échelles permettent de contourner les patrouilles voir de les prendre à revers ainsi que des grilles d'aération qui passe sous le sol faisant office de cachette.

Et heureusement car l'IA des ennemis est loin d'être stupide encore une fois dans un Killzone. Une fois repéré, les Helghats appellent des renforts, se mettent à couvert, balancent des grenades, font des stratégies de diversion pour contourner le joueur obligeant à changer de planque constamment. Ça rend les affrontements super dynamiques mais malheureusement aussi un peu répétitives. La variété des situations que nous avait offerte Killzone 3 n'est plus de mise sur Mercenary. L'aspect sonore du titre est acceptable mais la PS Vita ne rendra jamais la même intensité des combats dans les écouteurs que sur son Home Cinema. Résultat: bien que les bruitages des armes soient correctes, ça manque un peut de grave et de basse. Les musiques aussi sont moins inspirées et se font plus discrètes. Peut être du fait que l'on peut se la jouer infiltration. Pour finir, la VF est acceptable mais parfois un peu surjouée.

 

Pour une poignée de dollars.

 

Mercenaire oblige, Danner gagnera de l'argent pour chaque mission réussi. Ou plutôt pour chaque action exécutée. Un head shot, traverser une zone sans se faire repérer, un kill au corps à corps (surtout contre les gros en armure ça rapporte... gros!) ou même récupérer des munitions au sol fait gagner de l'argent. Argent qu'il faudra dépenser en armement car il sera impossible de récupérer les armes ennemies au sol. Pour cela on fera appel à notre marchand d'armes préféré du nom de BlackJack, un sosie de Drebin, pour dépenser nos dollars vecktan en armes primaires et secondaires, divers explosifs, armures et autres VAN-Guard. Je reviendrai sur ces derniers. En clair c'est pas loin d'une quarantaine de «jouets» à acheter ce qui est à ce jour le Killzone le mieux fourni en matière d'armement. A vous de choisir si vous voulez la jouer discrètement en achetant des armes silencieuses, jouer les campouzes avec des fusils de sniper ou prendre une mitrailleuse lourde pour jouer les Rambo du futur. Toutes ces armes que l'on achète pour le solo sont disponibles aussi pour le multijoueur et vice versa. Nuance pour la partie solo cependant, il faudra repayer un petit supplément lorsque l'on veut changer d'armes ou acheter des munitions dans une des très nombreuses caisses d'armement répartis dans les niveaux.

C'est bien beau tout ça mais comment se joue Killzone Mercenary? Comme Killzone 3! Et là ça veut tout dire. Resistance Burning Skies était une très bonne mise en bouche de ce que pouvait être un FPS sur consoles portables, et Killzone Mercenary le confirme tout autant. La jouabilité est parfaite avec les deux sticks et que les puristes se rassurent on retrouve cette lourdeur caractéristique à la série, voir encore plus accentuée lorsque l'on porte une arme/armure lourde. Il est possible d'effectuer toutes les possibilités d'un Killzone de salon: se mettre à couvert, faire une glissade ou effectuer un finish au couteau des plus gores avec le tactile. Ce dernier n'a pas été surexploité et c'est tant mieux. Il sera utile pour les menus, changer d'armes, choisir les grenades ou VAN-Guard ou pour courir.

 

Le prix à payer...

 

Comme je l'ai mentionné plus haut le scénario n'a pas été assez exploité, et sûrement dû au fait que la campagne se boucle en cinq heures de jeu en mode normal. Alors oui la rejouabilité est énorme vu que l'on peut choisir sa méthode (bourrine ou infiltration) et qu'il sera possible de refaire les contrats avec des objectifs particuliers comme sauver certaines personnes ou traverser des niveaux sans se faire (a)voir. Mais il y a de quoi grincer des dents quand même. Ça sent la précipitation de sortir un gros AAA pour la rentrée et de satisfaire les joueurs non friands de jeux indés qui ont mis leurs Vita au placard ou sur Ebay. D'ailleurs la MAJ de plus de 1Go à la sortie du titre ne doit pas y être étranger à tout ceci...

Heureusement qu'il y a le mode multijoueur en ligne. Et pour une fois sur Vita c'est un vrai multijoueur qui fonctionne parfaitement! Avant de se lancer seul ou avec des amis dans des parties à 4vs4 maximum dans un des trois modes de jeux proposés que sont le match à mort, match à mort par équipe et Warzone qui est une série de cinq objectifs à accomplir en équipe; il faudra préparer son paquetage et ses armes auprès de Blackjack. La particularité du online de Mercenary, en plus de fonctionner sans lag et qu'il n'y a aucune perte graphique sur les six maps inspirées de la campagne solo ainsi que les VAN-Guards. Ces derniers sont des killstreaks qui s'obtiennent soit en piratant une fusée VAN-Guard qui tombe aléatoirement sur la carte ou soit en en achetant une qui sera disponible après un certain nombre d'argent récolté durant la partie. Que cela soit un bouclier protecteur, un raid aérien, un drone à contrôler pour éclater des cervelles ou un lance missile qui fait bobo il y a de quoi faire. Mais contrairement à un certain Call of Duty, le fait que ces aides s'obtiennent rarement et difficilement (surtout qu'on perd le VAN-Guard une fois mort) ne rendent pas les parties injouables et déséquilibrées. Par contre gros point noir: tout comme dans Killzone 3, le respawn aléatoire est vraiment loupé. On se retrouve souvent dos à un ennemi pour lui offrir un frag gratuit. Petite consolation cependant: les mines de proximités font du bruits. Les vrais comprendront...

 

Les plus:

 

- Une réalisation splendide.

- Un gameplay irréprochable.

- Un bon level design.

- Background respecté.

- Un online accrocheur...

 

Les moins:

 

- … malgré ses respawns frustrants.

- Un durée de vie du solo famélique.

- Quelques ralentissement lors d’interactions.

- Scénario manquant d'ambition.

 

Killzone Mercenary prouve que la Vita peut faire et DOIT faire des AAA de qualités! Loin d'être parfait, le titre de Guerrilla Cambridge donne aux fans de FPS et de Killzone en particulier un jeu fun tant en solo qu'en multi. Dommage que l'on ressort de cette expérience avec une impression qu'il a manqué du temps aux développeurs. Non pas sur le plan de la technique mais sur le contenu et le scénario trop vite expédié.

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