Prototype 2 sur Xbox 360, le test de Chipster

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Chipster
8
Chipster X360

Le prototype qui n'en est plus un.

     Lorsque Prototype est sorti en juin 2009, c'était le duel des super-héros avec inFamous, relativement emporté par ce dernier. Par la suite, Sucker Punch ayant dégainé depuis déjà un an maintenant, Prototype 2 a le champ large dans le domaine. Le premier épisode, très critiqué, est souvent considéré comme un étron du genre. La suite se devait donc de corriger les défauts, et selon moi, c'est réussi.

 

     L'histoire du jeu de Radical Entertainment est très série Z. Ca parle de complot gouvernemental, de recherches scientifiques qui a mal tourné, de projets biologiques, d'organisations militaires, de surhommes modifiés génétiquement et surtout de zombies, bref c'est la foire. Là-dedans, se trouve Alex Mercer, le héros du premier opus, qui dispose d'une version améliorée du virus qui s'est propagé dans tout New York. A son retour d'Irak, James Heller apprend que sa famille a été tué par Mercer. On a donc le refrain classique de la vengeance qui s'enclenche, Mercer contamine Heller et ce dernier dispose alors de tout plein de pouvoirs anxiogènes. Bref, c'est pas l'histoire qui intéressera le joueur, quoique le background basé sur les mutations pourra en intéresser les plus courageux, mais un peu plus le personnage de Heller. En effet, on est bien loin du presque mutisme de Mercer, Heller ne mâche clairement pas ses mots et est aussi violent verbalement que physiquement. Le plaisir coupable du n'importe quoi est d'autant plus renforcé par son aspect bourru.

     Comme je le disais donc, l'histoire prend place dans un New York apocalyptique. Suite aux évènements du premier épisode, l'île de Manhattan a été condamnée et deux autres îles ont été aménagées pour les populations. Le game design fonctionne donc par couleur : Manhattan est la zone rouge, infestée de zombies sans plus aucun civils, une zone verte sécurisée et une zone jaune un peu moins. La progression dans l'histoire se fait donc via ces trois îles que l'on va visiter dans l'ordre de dangerosité. Cette idée de progression fait donc très jeu vidéo et me déplaît assez car on n'a pas cet aspect uniforme du monde, la progression du jeu est segmentée et pas libre comme elle pourrait l'être avec un terrain unique. Car en plus on ne peut pas visiter les trois îles librement, il faut prendre un trajet aérien particulier qui implique donc un temps de chargement. Le rythme est cassé, la liberté restreinte. Au final, quand on débloque une nouvelle zone, on a la flemme de revenir aux anciennes.

     Pourtant il y a de quoi faire dans chacune des zones. Outre les missions principales déclenchables à la GTA, il y a plusieurs objets à rechercher. Et si j'en parle, vite fait, c'est parce que ce n'est pas des thermos (if you know what i mean) ! Des boîtes de messagerie à trouver dans des endroits improbables vous donneront en deux-trois phrases des indices sur l'intrigue avec au final une compétence pour Heller à débloquer. Il en va de même pour des petits groupes de recherche à exterminer (une fois un certain pouvoir débloqué, vous pourrez tous les tuer en un seul coup). En outre, de nombreuses petites missions annexes sont à effectuer en accédant à des terminaux spécifiques. Forcément répétitives, elles sont surtout peu attractives du fait qu'il faut en permanence aller chercher les-dits terminaux. Il en va de même pour les antres, des genres de grottes pleines d'infectés à nettoyer.

     Comme dans Prototype premier du nom, l'intérêt principal du jeu réside dans l'évolution de la puissance du personnage. On débloque donc certaines compétences via une progression classique par niveaux. L'évolution d'Heller est divisée en plusieurs catégories : évolution (propre aux niveaux), pouvoirs, compétences. Chacune de ces catégories débloquent donc différentes aptitudes, et le fait qu'elles soient indépendantes force le joueur à faire les missions annexes. La plupart sont passives, mais la variété est bien présente. Le regret que j'aurai est au niveau des pouvoirs d'Heller qui arrivent tous au complet un peu trop tard. Un fouet, des poings de fer, une lame immense, des griffes acerrées et quelques autres, elles sont toutes jouissives mais j'aurai apprécié pouvoir en jouir plus tôt.

     Le jeu reprend globalement la structure du premier épisode. On peut donc toujours assimiler tous les personnages qu'on veut, c'est-à-dire prendre leur apparence et parfois leurs souvenirs. Pratique pour infiltrer une base sécurisée, il ne faut pas se soucier de la crédibilité ! Je le dis haut et fort, il faut clairement faire preuve de la fameuse "suspension consentie d'incrédulité". Car vous pouvez très bien assimiler tous les membres d'une salle sans que personne ne se rende compte qu'ils disparaissent chacun au fur et à mesure ! Le système de furtivité est donc réduit à son plus simple appareil et n'est pas passionnant, mais ce n'est pas le propos du jeu. Ce qui compte dans Prototype, c'est le défouraillage.

     Et ça, aucun soucis, le jeu s'en sort très bien. Outre les pouvoirs à votre disposition, vous pouvez utiliser des fusils, des lance-roquettes, balancer toutes sortes d'objets du décor. Les véhicules ne sont pas en reste, c'est toujours un plaisir coupable de détourner un char ou un hélico et de le retourner contre ses adversaires. Et s'ils sont trop nombreux, la fuite est envisageable. Courir sur les murs des immeubles, faire des bonds de géants, traverser un boulevard en sautillant sur les voitures qui parsèment la route, tout est très fluide. C'est vraiment un plaisir de contrôler Heller, malgré quelques problèmes de caméra surtout dans les endroits confinés. La difficulté est d'ailleurs bien mieux équilibrée que dans le premier épisode, voir peut-être même un peu trop facile en mode normal.

     Enfin, et surtout, le jeu est beau ! Oui je l'assume complètement, je trouve Prototype 2 très agréable à l'oeil. La patte du jeu me séduit, la ville est bien plus vivante avec de nombreux détails, et surtout beaucoup d'objets destructibles : poubelles, boites aux lettres, lampadaires, arbres, murets qui s'effritent, dans les grandes batailles il se passe plein de choses à l'écran. Et le tout est globalement fluide avec peut-être de rares ralentissements mais vraiment rien de gênant. Autre petit détail que j'ai trouvé sympathique, c'est le nombre de personnages affichés à l'écran. Il faut voir tout le monde paniquer, les gens crier et courir dans tous les sens, sans que la fluidité ne soit mise en défaut. La mise en scène également a été améliorée, et si les QTE feront rager les allergiques, ils ont le mérite de ne pas être trop envahissants.

 

     Bref, Prototype 2 n'est pas un navet. Clairement pas. Je ne comprends pas les hués fait à cet épisode qui comble quelques défauts du premier (pas tous; la répétitivité, l'histoire chiante à suivre, le rythme de la narration assez mou). Critiquer le bourrinisme du jeu c'est comme reprocher à Forza de faire de la simulation. On se sent puissant, Heller est un anti-héros attachant dans sa beaufitude, malgré quelques manichéismes liés à sa famille. Prototype 2 est au final un bon jeu de super-héros qui procure de bonnes sensations, et c'est tout ce qu'on demande quand on nous met aux mains d'un bourrin comme Heller.

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