Sega Megadrive Collection sur PSP, le test de BlackLabel

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La racine du mal

On voit déjà deux genres de jeux se profiler ; ceux avec un souci de recherche et du travail bien fait. Les personnages glissent après une course (Sonic, Vector Man), on multiplie les possibilités de manière intuitive juste avec la direction choisie (Comic Xone, Ristar), et graphiquement on fait du mieux qu'on peut avec ce qu'on a, conférant des poses et attitudes selon les situations.

Puis les daubes. Golden Axe et Altered Beast avec ses bonhommes rigides, Phantasy Star avec ses perspectives immondes (on voit de face et par en haut en même temps, genre on voit le toit d'une maison par le dessus, et la devanture comme si on se trouvait devant, n'importe quoi).

Reste un souci flagrant dans les deux types ; les défis sont pénibles à relever et peu engageant. Difficile car mal fagoté, pas vraiment intéressant malgré un potentiel qu'on sent ici et là dans la compilation (notamment Bonanza Brothers et son côté infiltration). Cette version PSP offre la possibilité de sauvegarder n'importe quand façon quicksave/quickload en niant le principe interne et souvent déficient de chaque jeu, mais cette béquille ne rend pas les titres plus intéressants. Sonic montre vite ses limites ; certes les boss sont sympathiques, mais le ld tortueux pour rien, les niveaux faits pour foncer mais nous envoyant dans des pièges (!?), la précision demandée contradictoire avec le déplacement quelque peu capricieux du personnage, la direction artistique qui vire rapidement dans le n'importe quoi niveau décors, la légende est bien une légende, et son concurrent de plombier montre certes des tares lui aussi, mais propose un ld bien plus précis.

Certes on rétorquera que les jeux de cette époque étant courts, ils étaient pensés pour être refaits souvent, d'où la difficulté. D'après moi, ce serait plutôt le contraire ; les jeux étaient si mal ou si peu pensés (niveau défis, contrôles, sauvegarde) que pour en venir à bout, on les refaisait jusqu'à connaître le titre par coeur. Pas pour rien que Super Mario 3, dans sa version snes, s'est vu doté d'un nouveau système de sauvegarde. Prise de conscience.

Autre souci ; bien que certains jeux proposent des intros, parfois même assez bien pensées et démontrant un souci , si ce n'est de raconter une histoire, au moins de poser les bases d'un univers fictif, le gameplay lui se résume souvent à vider bêtement des niveaux de ses ennemis et à ramasser des objets. Shinobi, Vector Man, Shadow Dancer, Golden Axe, Altered Beast ; on voit comme le jeu vidéo a déjà de la misère à concilier une volonté d'histoire et d'univers avec un défi qui les soutient, voire de proposer un défi intelligent à relever. Plusieurs décennies plus tard, on en est toujours au même point avec des The Last of Us, Uncharted et autres ; des gameplays sans véritable intérêt ou pertinence ludique, où on vide des salles et ramasse des objets, avec des bouts d'histoire pas vraiment raccord. C'est beaucoup mieux fait, bien plus jouable, bien plus riche de possibilités, mais fondamentalement tout aussi pauvre voire misérable.

Les exceptions sont rares ; Tactics Ogre et les Metal Gear par exemple, qui font déjà du jeu vidéo un tout, et non un produit éclaté. Imaginez un être humain dont chaque membre aurait sa propre volonté. Immobile il présente bien et forme un tout cohérent, mais dès qu'il bouge c'est par des saccades contradictoires et absurdes. Ok il avance, à sa manière. Mais sait-il au moins où il va ?

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