Red Dead Redemption : Undead Nightmare sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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Un pétard mouillé

D'un côté, je suis un peu déçu de ne pas mettre une meilleure note à cette extension, car au niveau du contenu, encore une fois, Rockstar ne se moque pas des joueurs. D'un autre côté, on est loin de la qualité des extensions de Grand Theft Auto 4, et à plusieurs niveaux malheureusement.

Un scénario zombifié

Le jeu est beau. J'ai joué à Red Dead Redemption, et cette variation sur le thème des zombies donne envie de redécouvrir l'ensemble. Comme pour les extensions de Grand Theft Auto 4, le jeu m'a paru plus fin sur certaines textures, notamment celles des personnages. La direction artistique est de bon goût ; là où l'enfer façon Darksiders m'apparaissait peu convaincante, la fin du monde version Rockstar a sacrément de la gueule. Entre les zombies, les chevaux de l'apocalypse, et d'autres créatures de la nuit, c'est un régal de découverte. Donc, au début du jeu, on y croit, on se sent pris dans l'univers, on prend son temps pour savourer le travail. 

Première ombre au tableau, et pas des moindres ; le scénario. Il est tout simplement nul. John Marston voit sa femme et son fils se transformer en zombies. Il les attache et les enferme dans la maison familiale, puis part en quête d'un remède. Jusqu'ici tout va bien, d'autant que le tout début de cette cinématique, dans une ambiance sobre et intimiste, est une grande réussite. Alors pourquoi par la suite John Marston tue-t-il ses anciens amis zombifiés, au lieu de les attraper et de les enfermer à leur tour ? La réponse est simple ; il n'y a strictement aucune logique de ce genre dans le scénario.

John Marston redevient une espèce d'homme à tout faire sans couille et sans reproche, assistant comme nous aux critiques puériles et sans finesse de Rockstar contre l'Amérique. Des personnages racistes, on en croise pas mal ; c'est un peu, beaucoup même  "la critique de l'Amérique pour les Nuls". Pour être sûr qu'on va comprendre le message, les scénaristes ont beurré très épais la tartine de Nutella.

On est aussi comme tiraillé entre plusieurs ambiances qui s'annulent entre elles. Scénario sérieux ? Pastiche de films d'horreur ? Entre les larmes d'une femme qui vient de perdre un proche, et des situations décalées qui axent le jeu vers le second degré et le grotesque, on ne sait jamais vraiment comment aborder l'histoire, un peu comme si des scènes d'un film de Romero se trouvaient mélangées avec Impitoyable.

Un gameplay zombifié

L'autre problème majeur du jeu est que le gameplay n'est pas du tout adapté au genre. En gros, il y a deux façons de jouer ; soit vous trouvez un abri en hauteur, et alors le jeu ne présente aucune difficulté car vous êtes intouchable, sauf pour les zombies cracheurs, mais ces derniers ne tirent pas assez régulièrement pour vous inquiéter.

Soit vous êtes au sol (dans les cimetières notamment), et là vous flinguez du zombie au Dead Eye jusqu'à épuisement, puis vous courrez en rond comme un con le temps de recharger la jauge (ou vous passez par les options pour la recharger grâce à un objet). Bien entendu, vous avez tout un arsenal pour vous venir en aide, mais tenter de changer d'arme quand des zombies vous poursuivent risque de facilement vous faire connaître le Game Over.

Le jeu est répétitif ; on ne fait qu'utiliser le Dead Eye, car seul les tirs à la tête sont efficaces (à part si on utilise de la dynamite ou des armes explosives), et qu'il n'est franchement pas évident de viser sans ralentir l'action car les créatures courent, branlent de la tête, changent sans cesse de posture même lorsqu'elles marchent. Ainsi, même à l'abri sur un toit, on vise au Dead Eye. 

On ne peut donc pas anticiper les mouvements. Alors en théorie on peut très bien viser les jambes pour faire tomber la créature et lui viser ensuite la tête, mais dans la pratique, les zombies étant rarement seuls, c'est une tactique difficile à mettre en place.

Il faut aider les survivants de chaque petite ou grande bourgade à se débarrasser des zombies. En partant, ce n'est déjà pas terrible à cause de ce qui a été évoqué plus haut. Mais en plus ces villes seront régulièrement réattaquées, et si vous n'allez pas les sauver immédiatement, le nombre de survivants décroît avec le temps. Sachant que les survivants vous aident à purifier les villes si vous leur donnez des munitions, moins il y a de survivants, plus ces phases-là sont chiantes.

Ces villes envahies régulièrement ne nous permettent pas de jouer à notre rythme ; on voudrait continuer le scénario, ou chercher après un cheval de l'apocalypse, ou compléter des défis, et alors on nous prévient qu'il faut se rendre le plus vite possible à Armadillo, ou au ranch des Mac Farlane. Ce système d'obligations est vite désagréable, si bien qu'on sauvegarde moins souvent qu'on le voudrait, pour éviter (avec les heures de sommeil) d'accélérer le processus d'envahissement des villes.

Sur le papier, un western de zombies est une idée plutôt amusante, et son illustration est particulièrement réussi. Mais le jeu est plombé par un scénario lamentable et un gameplay pas du tout adapté. Dommage...

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