Shadows of the Damned sur PlayStation 3, le test de sopor

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8
sopor PS3

La Sainte Trinité du JV japonais fait le Malin...

A l’image des super groupes musicaux – souvent plus alléchants sur le papier que dans les enceintes, on aurait pu craindre que la réunion de 3 (grands) noms du JV japonais (Suda Goichi, Mikami, Yamaoka) donne un titre sans cohérence où chacun jouerait sa partition. Ce n’est pourtant jamais le cas, la structure du jeu (descente aux Enfers façon road movie et buddy movie) est suffisamment ouverte pour permettre les délires de Suda51 (des boucs qui font office de lampes, des bébés qu’on nourrit de fraises, des filles-décors lascives, des burgers… et un humour sous la ceinture des plus réjouissants – on ne compte plus les références phalliques et sexuelles) tout en ménageant quelques instants tragiques où Yamaoka semble presque revisiter son Silent Hill 2 (jusqu’à un décalque touchant de son thème phare Promise). L’ambiance des Enfers est d’ailleurs très différente d’un God of War ou d’un Dante’s Inferno, misant plus sur la veine du grotesque avec un mélange réussi d’humour potache et de tragédie macabre. C’est un peu : Goya fait du Pop-Art.

Il y a des moments de stress (liés surtout à la vitesse de certains ennemis), du gros gore qui tâche, du littéraire macabre mais Shadow of the DAMNED joue constamment sur le sape de ces acquis en désamorçant la tension par une bonne phrase ou un délire de level design (pour le coup peu complexe mais assez varié pour un jeu d’action). On ne sait jamais sur quel pied danser tant le jeu multiplie les ambiances et joue sur le décalage des situations. Mais comme chacun le sait, dans les Sabbats, les meilleurs danseurs sont les boiteux…

Comme souvent chez Suda, le final est réussi et finalement plutôt malin (sans jeu de mot). On appréciera la présence du groupe punk The Damned, les délires des crédits (genre « tous les démons ont été filmés dans leur habitat naturel » ou « aucun démon n’a été blessé sauf le cheval George et un type a tiré sur un bouc sans le vouloir ») et même un hilarant petit bonus.

Moins délire et original qu’un No More Heroes, beaucoup plus classique voire conservateur qu’un Vanquish, Shadow of the DAMNED est un excellent survival action (plus qu’un TPS, c’est un RE4-like avec quelques ajouts dans le gameplay, moins rigide et plus dynamique). Fun, immédiat, barré mais contrôlé, Shadow of the DAMNED est un délire récréatif à l’image d’un Brain Dead ou d’un Evil Dead (à qui Suda fait quelques hommages).

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