Catherine sur PlayStation 3, le test de sopor

Publiez votre test
Signaler
sopor
10
sopor PS3

Le procès K ou le procès C ?

Catherine est intelligent, mature, hardcore, à la fois sérieux et coquin dans le traitement de ses thèmes (l’infidélité, le passage à l’âge adulte, l’engagement…). Il souffle le chaud et le froid, burlesque, grinçant et glaçant. Un puzzle game terriblement addictif et attachant qui punit, teste le skill et la logique du joueur, le pousse dans ses derniers retranchements.

Catherine parle au joueur, qui incarne Vincent Brooks, trentenaire banal, perdu entre ses désirs, ses envies et le cadre social, mais il questionne avant tout la personne qui tient le pad : que penses-tu du mariage, de l’adultère, de la liberté ou du plaisir ? Il pousse un choix binaire (Catherine ou Katherine) vers un dilemme cornélien. Alors oui Catherine ou Katherine, l’histoire de cul ou le mariage et les enfants, mais pourquoi pas Catherine et Katherine aussi, le mensonge et la double vie, la lâcheté masculine ou encore ni Catherine, ni Katherine, le célibat et la promesse de rencontres... ?

La partie visual novel ménage ses effets, ses twists selon les choix du joueur et même si la dernière partie s’envole un peu trop ailleurs à mon goût, à coups de révélations à côté du sujet, Atlus mène sa barque avec talent, mêlant comédie de mœurs, thriller horrifique et drames amoureux sur la veulerie des hommes.

Catherine est dur, sans pitié dans son gameplay mais il récompense toujours la persévérance du joueur. Comme dans tous les grands puzzle games, le gameplay est simple mais suffisamment complet et raffiné pour motiver dans tous les modes de jeu (story, Babel, coop, affrontement) et dans toutes les difficultés. On reprochera un contrôle parfois un peu sec et une caméra au stick droit sans grande utilité mais ces menus défauts ne gâchent en rien le plaisir de jeu, qui demande doigté, précision, skill et logique.

Atlus lie les parties puzzle game et visual novel, aussi hétérogènes et antagonistes soient-elles, grâce à une DA sans faille : habillage noir et rose, mise en abyme du récit, citations, références bibliques, littéraires et psychanalytiques et OST qui fera date (hip hop japonais, ambiance très Yamaoka et remix de musiques classiques scotchés au cerveau).

Catherine est typique du jeu de niche : il est « excluant ». Il exclue les femmes (c’est un jeu sur les hommes et peut-être pour les hommes), il exclue les mauvais joueurs qui refuseraient toute persévérance, il exclue enfin (peut-être un peu moins que les deux autres catégories) des tranches d’âges ou des situations de vie : qu’en retirera un jeune homme de 20 ans pour qui l’engagement est un futur lointain ?

Si on est tout sauf hermétique aux puzzle games, Catherine est une expérience intense et différente, qui montre que le JV peut traiter des thèmes autres et qu’il y a une vie en dehors des cheveux roses ou jaune, des romances d’adolescents ou de la loi du Talion dans un monde médiéval ou dans une galaxie très lointaine…

Ajouter à mes favoris Commenter (4)

Vos tests de Catherine

tous les tests