BioShock Infinite sur PlayStation 3, le test de Benus

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Benus
9
Benus PS3

une expérience céleste...

Bioshock... Pour certains, la simple évocation de ce titre suscite des souvenirs uniques que seuls les grands titres sont capables de raviver. A la baguette, Ken Levine, un génie du jeu vidéo, capable, comme peu de personnes savent le faire, de créer une ambiance et un univers d’une cohérence folle. Après un deuxième épisode dont l’absence du maître s’est fait ressentir, Bioshock Infinite signe le retour de Levine sur le devant de la scène. Après six ans d’un développement chaotique, on pouvait avoir une certaine appréhension. Les premières minutes du jeu ballaient littéralement toutes craintes.

 

L’envol de la Colombe

Columbia, havre de paix suspendu au dessus des nuages. Cette vision onirique subjugue autant qu’elle interroge lorsqu’on la découvre pour la première fois. La mission de Booker DeWitt est simple : ramener la fille afin que sa dette soit oubliée. Quelle dette ? Quelle fille ? Ces interrogations vous semblent bien lointaines dans les premiers instants de la partie tant la découverte de la ville vous envoute. Pourtant, au fil de vos déambulations, certains éléments vous interpellent. La vision idyllique s’effrite peu à peu avant de s’effondrer sous les matraques des autorités locales. « Ramener la fille et nous effacerons la dette », vous êtes Booker Dewitt et, cette fois, vous allez vous en tenir à la mission. Une tâche qui mettra en exergue la face cachée de Columbia, crasseuse, nauséabonde mais toujours aussi envoutante.

 

Une immersion totale 

Columbia a beau être l’exacte opposée de Rapture, la manière d’appréhender l’univers n’en reste pas moins fort similaire. L’exploration tient toujours une grande importance, car elle permet à la fois de mettre la main sur une multitude d’objets ou d’améliorations et, surtout,  elle facilite la compréhension de l’univers et de ses habitants. Les fameux journaux intimes audio font leur grand retour afin d’impliquer un maximum le joueur dans l’histoire de la cité céleste. On s’imprègne totalement de l’ambiance qui se dégage de cette cité volante. On regrette juste que l’émerveillement de la découverte s’estompe dans la seconde partie du jeu pour laisser place à de l’action effrénée.

Attention tout de même à ne pas trop regarder le paysage au risque de se faire surprendre par les ennemis. En effet, Bioshock Infinite reste avant tout un FPS qui respecte les règles du genre. Pour vous défaire des autorités locales, vous avez une nouvelle fois la possibilité d’utiliser des pouvoirs spéciaux, acquis grâce aux toniques, et un arsenal d’armes à feu des plus classiques. Grâce aux distributeurs de Columbia, vous pouvez améliorer vos armes (chargeur, puissance, cadence de tirs,...) ou vos pouvoirs (zones d’effet, puissance,...) selon vos envies. Les affrontements varient fortement en fonction de la manière dont vous avez amélioré vos capacités et de la façon dont vous allez utiliser l’environnement.  Deux éléments sont fondamentaux et influencent grandement le déroulement des combats : l’aérotrame et les failles. L’aérotrame est un réseau de rails suspendus ayant pour fonction d’acheminer les hommes et les marchandises plus facilement d’un point à un autre. Grâce à votre grappe ciel vous avez la possibilité, tout comme vos ennemis, de les emprunter pour parcourir un niveau à toute vitesse et de fondre sur vos ennemis. Particulièrement jouissif, l’aérotrame reste, malheureusement, utilisable qu’à certains endroits bien précis. En effet, la plupart des environnements de Columbia sont des arènes plus ou moins vastes. Pas question de passer d’un environnement à un autre en empruntant le réseau de rails. Vous avez également la possibilité de faire apparaitre de nouveaux éléments du décor. Ces objets peuvent aussi bien être des armes ou de nouveaux éléments qui vous donneront un avantage sur le terrain. Ce prodige est rendu possible grâce aux failles que peut ouvrir votre acolyte : Elizabeth.

 

Et Dieu créa Elizabeth 

Elizabeth... La première fois qu’on entend cette phrase : « Ramenez-nous la fille et votre dette sera oubliée », on n’imagine pas une seule seconde à quel point cette « fille » aura une incidence aussi forte dans notre aventure. Une jeune femme qui n’a jamais quitté la prison dorée dans laquelle elle est enfermée depuis sa plus tendre enfance. A tel point qu’elle vit sa libération comme une seconde naissance. Elle découvre Columbia pratiquement en même temps que vous et partage votre émerveillement. Mieux, elle attire votre attention sur des éléments qui ont échappé à votre vigilance. Quel plaisir de voir ce brin de fille s’émouvoir devant les plaisirs et les malheurs qui ne manqueront pas de jalonner votre voyage.  Les émotions d’Elizabeth sont d’ailleurs extrêmement bien retranscrites grâce à un travail de modélisation remarquable. La relation entre elle et Booker DeWitt est d’ailleurs au cœur du jeu. Celle-ci évolue au fur et à mesure de l’aventure jusqu’à offrir des séquences empruntes d’une émotion rarement ressentie dans un jeu vidéo. Cerise sur le gâteau, votre compagne de route vous sert de support durant les combats. Elle peut ainsi vous lancer de précieuses munitions ou une trousse de soin lorsque le besoin s’en fait ressentir. ...

 

Columbia la magnifique 

Elizabeth, Booker et... Columbia. Voici la sainte trinité de ce Bioshock Infinite. Tout comme Rapture en son temps, la cité céleste est un acteur majeur de votre aventure. Bien plus qu’un simple terrain de jeu, Columbia pousse à la découverte et surprend autant qu’elle intrigue. De la crasse poisseuse des ghettos, en passant par la zone industrielle rappelant furieusement « Les Temps Modernes » de Chaplin ou encore les quartiers chics de la bourgeoisie locale, chaque lieux possède sa propre patte artistique.  La direction artistique laisse pantois à tel point qu’elle fait oublier les nombreux défauts techniques du titre dont le moteur graphique, l’Unreal Engine 3, accuse sérieusement le poids des années.

Bioshock Infinite est un jeu brillant qui ne craint pas d’aborder sans concession des thématiques comme le racisme ou la pauvreté. Si le rythme de l’aventure baisse quelque peu dans sa seconde partie et que certains lui reprocheront sa linéarité, il n’en reste pas moins un jeu d’exception. Infinite propose différents niveaux de lecture capables de faire éclore des débats passionnés entre joueurs. Non, Bioshock Infinite n’est pas parfait, il n’en reste pas moins une merveille vidéoludique qu’il serait dommage de rater !

 

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