Donkey Kong Country Returns sur Wii, le test de Atticus

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Atticus
8
Atticus Wii

Ce Jeu Donne La Banane

 

                          

Il était temps. Temps que le plus connu des gorilles reprenne du service sur nos jolies consoles next-gen, temps qu’un jeu à son effigie reprenne avec brio la recette qui l’avait jadis propulsé devant King King, à la première place du top primate. Pourtant, avoir en ligne de mire un éventuel héritier du chef-d’œuvre de Rare était un pari osé de la part des développeurs texans de Retro Studio. En effet, le jeu aurait pu s’appeler Donkey Kong Returns. Mais non : le Country  n’est pas là par hasard. Donkey Kong Country Returns saura-t-il remettre le musculeux gorille sur le devant de la scène ou est-ce que le studio américain s’est laissé prendre au jeu de son ambition ?

 

De Donkey Kong Country, cet épisode baptisé Returns n’a pas que le nom puisqu’il reprend globalement les clés du succès que Rare avait su conféré à son titre sorti en 1994 sur Super Nintendo. Ainsi, il n’est pas étonnant que ce DKCR s’inscrive dans la plus pure tradition des jeux de plates-formes, genre dans lequel le gorille à cravate n’avait plus officié depuis quelques temps (puisque son rôle récurrent semble désormais être celui de pilote de kart). Autrement dit, on retrouve un soft de plates-formes très classique doté de la sacrosainte vue 2D latérale même si les personnages et les décors de premier plan sont joliment modélisés en 3D. Sans surprise, vous incarnez Donkey Kong, qui n’est plus à présenter, dont le stock de bananes a lâchement été dérobé par d’étranges masques flottants qui ne manqueront pas de rappeler ceux d’un autre classique du genre (non je ne donnerai pas la réponse !). Il est clair que le scénario est presque inexistant et offre simplement au joueur la possibilité d’arpenter divers paysages afin de remettre la main sur ses précieux fruits climactériques et de fesser les criminels. L’histoire est simple, le jeu l’est beaucoup moins.

 

Toujours dans la tradition de la plate-forme, vous enchainerez les niveaux de jeu en sautant, roulant, grimpant, etc. … Il y a toute sorte de phases au fil des mondes : certains se traversent de lianes en lianes, d’autres à bord d’un wagon minier, une nouveauté de cet opus vous fait chevaucher un tonneau –fusée. Bref, vous serez confronté à diverses situations qui demandent un timing parfait et une maitrise irréprochable. Diddy Kong viendra toutefois prêter main forte grâce à son jet-pack qui permet de couvrir de plus larges distances de saut. L’environnement ne sera pas le seul ennemi puisqu’un nombre important d’adversaires viendra mettre des bâtons dans les pattes des gorilles aventuriers (crabes, scies circulaires, tamtams électrifiés,…). A l’instar d’un Mario, c’est en leur sautant dessus que vous en viendrez à bout même si certains demanderont une stratégie supplémentaires (tamtam en feu, par exemple, qu’il faudra éteindre au préalable). Le gameplay est très classique mais diablement efficace : sauter, avancer, se coucher, charger, souffler et s’agripper. Bien entendu, le saut, comme dans tout bon jeu de plates-formes qui se respecte, occupe le cœur de la progression et l’exécution de celui-ci s’avère parfois imprécise, ce qui ne manquera pas de faire hurler de rage même les joueurs les plus aguerris.

 

                           

 

Une autre réminiscence de son ainé Donkey Kong Country est visible dans la difficulté du jeu. Ce titre s’adresse avant tout aux gamers et outre le jeu de Rare, DKCR rappelle également, par sa difficulté, nombre de jeux de plates-formes sortis sur 8 et 16-bits. Chaque niveau est un challenge et bien que Donkey Kong Country Returns s’ouvre sur des niveaux assez aisés, la difficulté monte en flèche au fil des mondes. Ainsi, certains mondes vous sembleront impossibles à passer tant le nombre de vies que vous y laisserez sera important. Néanmoins, les bananes jonchent le sol par dizaines et rapidement, le stock de vies remontera. De plus, chaque monde possède une cabane qu’habite le vieux Cranky, un papy primate qui vous permettra d’échanger vos pièces bananes (des pièces « bonus » que vous trouverez en grande quantité au fil du jeu) contre des vies. Celui-ci proposera également quelques bonus tels qu’un cœur supplémentaire, une potion d’invincibilité ou encore un perroquet chercheur de trésors. Ces derniers sont dissimulés dans tous les environnements et constituent un challenge de plus puisqu’en forme de pièces de puzzle, ils dessineront une image une fois réunis à la fin d’un level. Toujours fidèle à l’esprit Donkey Kong, réunir les lettres K.O.N.G fait aussi partie de l’aventure, les quatre lettres étant dispersées dans les niveaux et pas toujours facile à récupérer. Chacun des neuf mondes se solde par un combat contre un boss, animal sous le contrôle de l’un des masques. Celui-ci s’avère toujours compliqué et demander de votre part une grande dextérité et une maitrise parfaite de la Wiimote. La difficulté est donc très élevée et vous passerez par les états de rage ou de frustration et les envies d’abandon seront régulières. Toutefois, chaque réussite de niveau vous galvanisera et réussir dans Donkey Kong Country Returns est un vrai challenge que beaucoup de jeux vidéo oublient de proposer aujourd’hui. Dans l’esprit Nintendo, un mode coopératif est disponible pour deux joueurs. N’attendez pas de grosses surprises le concernant puisqu’il ne fait que reprendre le gameplay avec un joueur de plus incarnant Diddy Kong. C’est donc une déception tant il aurait pu apporter une nouvelle expérience de jeu.

 

                      

 

On ne pourra éviter un autre parallèle avec son ainé DK Country de la Super Nes en ce qui concerne les graphismes puisqu’on retrouve le même esprit visuel. En effet, la touche est la même aussi bien concernant les personnages que les paysages. Le level design est extrêmement varié, ainsi, Donkey Kong traverse la jungle, la forêt, une usine ou encore une plage tropicale. On passe donc de couleurs chaudes et tape-à-l’œil à des lieux plus sombres, parfois en noir et blanc uniquement. Les niveaux recèlent toujours de passages secrets que vous trouverez parois par inadvertance dans lesquels les bananes font légion. Les textures utilisées tout au long du jeu sont jolies, très propres dotées d’un grain particulier qui toutefois ne viendra jamais concurrencer les graphismes HD d’une PS3 ou Xbox 360. La bande son est agréable et propose divers thèmes musicaux qui rappelleront eux aussi le précédent volet de la Super Famicom puisqu’il s’agit en fait d’une remasterisation des sons utilisés en 1994. La durée de vie du titre n’est pas exceptionnelle si l’on se fixe comme objectif de seulement traverser les niveaux (une petite dizaine d’heures). Par contre, terminer le soft à 100% se révèle bien plus ardue et ne manquera pas de vous garder en haleine une bonne dizaine d’heures supplémentaire.

 

L’impression finale?

Donkey Kong Country Returns s’avère être le digne successeur du DKC d’il y a 16 ans. Le gameplay reprend efficacement tous les lieux communs du jeu de plates-formes et n’en oublie pas ses subtilités (trésors cachés, lettres à récupérer, passages secrets,…). Le soft de Retro Studio conserve l’identité du gorille et la respecte au maximum, ainsi, le jeu possède une réalisation fidèle à l’œuvre de Rare, sans avoir recours à d’inutiles artifices. La grande difficulté du jeu en arrêtera certains mais le challenge se montre très intéressant et rappellera à beaucoup ce que les consoles 8 et 16-bits proposaient auparavant. On comprend donc aisément que ce DKCR s’adresse avant tout aux gamers, peut-être pour ramener ceux-ci auprès de la Wii. Ce titre n’est peut-être pas le jeu de l’année face à des Call of Duty ou à des World of Warcraft (trop ?) bien rodés mais c’est surement le meilleur jeu de plates-formes que l’on ait eu depuis plusieurs années.

 

                       

 

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