Pokémon Version Noire sur DS, le test de CaliKen

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CaliKen
10
CaliKen DS

(Quasi) Perfection, quand tu nous tiens !

It dont matter if you're black or white, heeee, heeee !

Plusieurs années plus tard, Michael était écouté, et Game Freak sortait la version Noire et Blanche de sa licence ultra célèbre et chronophage : Pokémon. Malheureusement, il n'aura pas vu la sortie de ce titre de son vivant. D'autant plus dommage puisqu'avec ces deux nouveaux opus, la série est à deux doigts de la perfection...


Je vous aiiii compriiiiis


On attendait depuis pas mal de temps que la série se dépoussière un peu. Les derniers épisodes étaient sympas mais aucun ne transcendait vraiment le principe de Pokémon. On ajoutait quelques bonus et gadget (comme le Pokéwalker) ça et là, et on était très content de voir les gamers jouer avec. D'un autre côté, chambouler tout une manière de jouer était le meilleur moyen de transformer une machine à succès (et à fric, il faut l'avouer hein) en bide monumental si jamais ils se plantaient. Bref : trouver le juste milieu entre une cure de jouvence, et des bases qui restent intactes.

Et là, on peut dire que les ptits programmeurs de Game Freak ont vraiment bien réussi leur coup. Car tout est bien pensé dans le jeu. Et ça commence dès le début, avec une intro qu'on peut zapper plus rapidement que les autres... et puis dans les Centres Pokémons, intelligemment fusionnés avec les Boutiques Pokémons, ce qui évite des allers retours un peu chiant. De même que les CT, (petites capsules permettant d'apprendre une technique à un Pokémon) que l'on peut utiliser infiniment... beaucoup plus utile pour apprendre plein de techniques à plein de Pokémons différents et développer, dès le début du jeu, une équipe beaucoup plus stratégique. Les exemples sont nombreux, je ne les citerai pas tous, mais je terminerai sur un qui illustre vraiment cette envie de rendre le jeu plus fluide : les CS. Les CS, pour ceux qui suivent pas, à l'instar des CT, sont des petites capsules qui apprennent des attaques aux Pokémon. Ces attaques permettent, sur la carte, de passer certains obstacles : pousser des rochers, traverser une rivière, couper une haie qui nous bloque le passage, etc. Le souci étant qu'en combat, à part quelques unes (comme Surf), ces attaques sont souvent minables. Il faut donc souvent avoir un Pokémon "CS" dans son équipe, pas vraiment doué pour le combat, mais capable de faire avancer le héros dans l'histoire. Ce qui diminue donc l'équipe (six Pokémons au total) à 5 Pokémons vraiment utiles au combat.

Et bien là, les obstacles sont quasi inexistants dans le jeu. Certes, on en rencontre un peu, mais ils sont souvent là pour offrir quelques raccourcis, et encore... Bref, un petit plus bien pensé, qui permet de se concentrer sur les combats.


Les combats


Parlons-en des combats (quelle transition). Car ils représentent tout de même la substantifique moelle de Pokémon. Rien de transcendant, pas de révolution, mais une réelle évolution. On garde les bases, du combat au tour par tour, et quatre attaques par Pokémon, mais on rajoute plus d'animations pour nos petites créatures, avec une simili 3D, un peu bouilli de pixel sur les bords, mais beaucoup plus vivante qu'auparavant. Les attaques également sont bien fichues. Et puis, encore une preuve que tous les petits aspects relous ont été gommés, les effets météo comme la grêle, la pluie ou la tempête de sable, ne réapparaissent plus entre chaque tour. Non, une animation en début de match, puis une petite icône qui reste affichée, discrètement, et qui ne ralentit pas le cours du combat. De même que le poison d'ailleurs, qui ne fatigue plus vos bébêtes pendant que vous marchez (ce qui était illogique d'ailleurs, vu que dans leurs Pokéballs elles sont immatérielles).

Outre les habituels combats solo et duo, on retrouve maintenant les combats rotatifs, trois Pokémons contre trois. Plus de stratégie, plus de folie... Plus de tout ! Mais surtout...


Un véritable scénario


Désolé mais je ne vais pas trop en parler, pourtant, de ce scénario, car sinon, je devrais spoiler un minimum. Mais disons que, pour la première fois, on assiste véritablement à un scénario digne d'un bon petit RPG jap. Car n'oublions pas que Pokémon reste, avant tout, un RPG... Le thème est même super bien choisi, puisque les méchants de l'opus, la Team Plasma, jouent sur l'idée que la capture des Pokémons est un acte répréhensible. Du coup, ils tentent, plus par la parole que par les actes d'ailleurs, d'influencer les dresseurs et de les convaincre de relâcher leurs Pokémons. Certes, on est pas non plus dans une réflexion philosophique sur la relation entre dresseur et Pokémon, mais, pour la première fois, le jeu pose une réelle problématique : et si le dressage Pokémon, celui qui sert de base à notre jeu depuis 15 ans... si ce dressage, ces combats entre Pokémons était immoral ? Bref, une petite réflexion qui, même si elle ne va pas très loin non plus, fera sourire le joueur qui se dira "il fallait oser tout de même".

Et puis un scénario, avec plusieurs protagonistes possédant de vrais caractères, une histoire qui nous donne envie d'aller plus loin, et pas seulement pour "finir" Pokémon, comme d'habitude, mais pour connaître le dénouement, cette fois... Car il vaut tout de même son pesant de cacahuète.

A l'instar du scénario, le héros et l'héroïne ont eux-aussi grandi, puisque ce sont désormais des adolescents. D'autres thèmes sont d'ailleurs abordés : la confiance en soi, la séparation avec les parents, le fait de grandir... Bref, ce Pokémon se veut véritablement plus profond.


Plus profond et plus beau aussi. Si Diamant et Perle instauraient les premiers éléments en 3D, les versions Noire et Blanche surpassent en tout point leurs aînés. Certaines villes sont magnifiques, et des passages, notamment la traversée de certains ponts, rendent l'aventure beaucoup plus épique. Pour la première fois, la notion de voyage nous explose à la figure. On est à deux doigts du RPG Pokémon entièrement en 3D, un petit rêve qu'on aimerait retrouver sur console de salon, et que des jeux comme Pokémon Colosseum avait légèrement titillé. Les cinématiques sont aussi très bien réalisées, de même que les petites animations avec les personnages, en mode fixe, ouvrant seulement la bouche. Bref, on sent un réel effort pour donner du corps au jeu, et ça marche. Mêmes les musiques sont super bien foutues, et la première ville, avec la découverte de la musique petit à petit, où chaque dialogue avec certains personnages ajoute un instrument, est une très bonne entrée en la matière.

Bref, un jeu quasi parfait. Quasi ? Bah ouais, la perfection n'existe pas vraiment, et même si ce Pokémon s'en approche réellement, il a un défaut qui, pour moi, mérite d'être souligné. Car s'il est à la fois très personnel, il aurait pu devenir rédhibitoire.


Les nouveaux Pokémons


Si les trois starters sont tout à fait sympathiques (quoiqu'il serait peut-être temps de sortir de l'éternel trio Feu/Eau/Plante, pourquoi pas avec un Psy/Combat/Ténèbres) et que les Pokémons de base sont sympas, on rencontre rapidement de véritables monstruosités. Des Pokémons dignes des pires fan-fiction d'enfants de 8 ans, au charisme pitoyable, et d'un intérêt douteux.

Prenons tout d'abord Cryptéro, un mélange dégueulasse entre une plume et trois zarbis. Ou encore, Hexagel, une sorte de cristal de glace complètement dégueulasse et sans vie. Pire encore ! SORBOUBOUL, l'évolution ultime d'une série immonde de Pokémons-cornet-de-glace ! MAIS AU SECOURS.

On termine avec l'insupportable Miasmax, dessiné par un enfant de 3 ans en phase terminale.

Heureusement, sur plus de 150 Pokémons entièrement nouveaux, on retrouve une majorité de bébêtes stylées, mignonnes, ou juste "passables". Mais quand même... je n'avais jamais vu autant de déchets dans une seule génération. Et à quand ce Pokémon dont je rêve depuis toujours : Un petit volcan sous-marin de type Eau/Feu. L'attaque ébullition (une technique de type eau qui peut brûler) lui irait si bien ! Une sorte de cousin de Corayon, quoi !


Mais sinon, quand même, c'est super génial


Oui, bon, je chipote. Il n'empêche que c'est bien le seul petit grain de sable que l'on retrouve dans cet engrenage ultra bien huilé. On sent que, mine de rien, ça fait plus de 15 ans que la licence existe et, qu'au lieu de s'essouffler, elle sort son troisième poumon et prouve, ne serait-ce qu'avec la note du journal Famitsu (40/40) ou ses chiffres de ventes astronomiques, que la série n'est pas prête de s'éteindre.

Pokémon, on ne s'en lasse pas, surtout quand on est fan. Je pourrais parler encore longtemps de toutes les petites nouveautés incluses dans cet opus. De tout ce qui fait qu'il est génial... mais ça, on l'a bien compris, non ?

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