Monkey Island 2 : LeChuck's Revenge - Special Edition sur PC, le test de SamPlay

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10
SamPlay PC

Tarif enfant: 10 euros l'entrée

Comme je l'avais promis jeudi, le test de Monkey Island 2 version Special Edition est enfin prêt (enfin pas encore puisque là je l'écris). Bon, pour tout vous avouer, j'avais un objectif secret qui était de publier un test avant les grands sites. La mise en ligne était donc prévue pour dimanche mais c'était sans compter sur la puissance d'Aurillac. Dès vendredi, le test était déjà en ligne sur JV.com. Il faut se rendre à l'évidence, ils sont rapides. Au final, j'ai passé mon dimanche à tâter tout ça (huit heures quand même) et il est temps de vous dire ce que j'en ai pensé.

Il faut dire que je l'attendais fermement ce petit remake. Car comme je le disais dans le test du précédent épisode, j'ai découvert Monkey Island grâce à l'édition spéciale sortie en 2009. Après cela, j'ai voulu enchainer avec le second opus (original) mais alors que j'étais en train de le faire, l'annonce d'un deuxième remake a repoussé mes plans. Plusieurs mois d'attente plus tard, le voici enfin! Avec comme énorme feature, les commentaires des trois divinités du jeu d'aventure: Dave Grossman (Monkey Island, Day of the tentacle), Ron Gilbert (Maniac Mansion, Monkey Island) et TimSchafer (la source de toute chose). Que de découverte m'attendais...

Je me doute bien que ce qui intéresse la plupart d'entre vous est de savoir si la surprise est à la hauteur du chocolat dans ce Kinder à 10 euros, mais étendons-nous un peu sur le jeu en tant que tel. Première chose importante à signaler: LeChuck's Revenge a 20 ans. C'est à dire qu'il n'est plus tout frais et qu'évidement, quand on pille la sépulture, il faut prendre du recul pour bien distinguer le corps et faire abstraction de l'odeur de putréfaction qui s'en échappe. Ceci fait, tout devient plus claire: sans les vers, la manque de peau et le regard vide, le mec devait avoir la classe! C'est une bonne occasion pour signaler que, comme dans le premier remake, il est possible de passer instantanément de l'état originel au jolie embaumement. Mais il est surprenant de constater à quel point les morts sont sexy. Je n'irais pas jusqu'à la nécrophilie mais franchement le truc a encore de la gueule! Certaines animations sont assez scotchantes pour l'époque et les musiques rappellent que le MIDI a eu ses heures de gloires.

Mais même si le thanatopracteur a fait un travail remarquable (j'y reviendrais par la suite), l'histoire et son déroulement reste évidemment le même. D'un point de vue tout à fait personnel, je préfère l'ambiance qui se dégage du premier Monkey Island mais il faut bien avouer que le fameux dénouement est pour le moins original. Car Monkey Island est bien la conclusion de la série et ce malgré les deux suites. De ce fait, on a droit à un combat final absolument cultissime et extrêmement bien ficelé. On note aussi une plus grande diversité dans les situations et un humour qui monte encore d'un cran. Références, clins d'oeil, anachronismes, personnages complètement barrés, dialogues de fou, j'ose à peine imaginer à quoi devait ressembler le développement. Et les énigmes! Si elles sont cette fois-çi un poil plus logiques qu'avant, elles sont toujours aussi bien écrite. Mais ne croyez pas qu'elles sont plus simples pour autant puisqu'en contre-partie, la progression se veut beaucoup plus libre. Cool! Euh ouais sauf quand vous vous retrouvez sur une des quatre îles du jeu avec une vingtaine d'objets (pelle, glaviot, aiguille, scie, singe, chien, paperasse et j'en passe) et que la multitude d'énigmes se mêlent, d'une part avec votre limite de capacité intellectuelle, et d'autre part avec la tétrachiée de possibilités qui s'offre à vous.

Car c'est bien le gros (et seul) défaut de cette putain d'aventure: les aller-retour nom d'un caniche sous somnifère! Je peux vous dire que lorsque l'innoncence et la virginité du joueur désireux de terminer Monkey Island en moins de 20 heures et le sadisme de Schafer et toute sa clique se mélange ça donne des prises de tête sans nom. A s'arracher les poils de cul je vous dis! Enfin là, j'en fais justement un de trop puisque grâce aux aides incluses dans cette Special Edition, n'importe qui (même moi) peut terminer le jeu assez aisément. Vous avez d'une part - et c'est une nouveauté - la possibilité de mettre les objets interractifs en surbrillance mais aussi un système d'aide qui vous guide progressivement vers la solution. Très pratique quand vous ne savez plus où vous en êtes avec vous-même. Mais ces béquilles (qui a dit fauteuil roulant?) ne sont pas les seuls ajouts de ce remake. Oh que oui! Il y en a d'autre!

Les graphismes, par exemple, ont été complètement retravaillés. Résultat: c'est sublime. Le rendu est très fin, coloré et d'une fidélité ahurissante. Enfin... ils se sont quand même permis de remplacer Max (Sam and Max) par la tentacule pourpre (Day of the Tentacle) et de glisser le portrait de Manny Calavera (Grim Fandango). Il faudra avoir le coup d'oeil.. Mais pour revenir à l'essentiel. Les animations, les personnages, les décors et bien entendu les dialogues, on a vraiment l'impression que cette version livre tout l'esprit du jeu à travers une vision plus accessible et contemporaine. De même pour les musiques qui ont entièrement été réengistrées par un orchestre. Sinon, il parait que le design du précédent Guybrush n'avait pas fait l'unanimité - bien que je n'ai jamais compris pourquoi - et bien les artist en ont prit note et le héros est désormais plus "lisse". Par contre, si il y avait quelque chose de clairement bancal dans le titre précédent c'est bien le menu d'action et l'inventaire. Cette fois-ci c'est absolument nickel puisque l'on a droit à un menu circulaire contenant juste ce qu'il faut de verbe et un inventaire plus clair et intuitif. Sur ce coup là rien à dire!

Enfin, histoire d'enfoncer le clou dans le cercueil à moitié prix, je voulais évoquer ces fameux commentaires. J'en attendais beaucoup et finalement ils sont à la fois mal exploités et rares. On a bien quelques anecdotes cool et deux trois privates jokes mais pas de quoi acheter des rideaux. Et quand je dis mal exploité, jugez plutôt. Parfois il est possible d'invoquer les 3 gus (10/10 indestructibles quand même) en appuyant sur A, sauf que leurs interventions ne mettent pas le jeu en pause. Super pratique! En plus de cela, on ne peux pas savoir si on a déjà écouté un commentaire. Alors quand on veut ne rien rater, bonjour! Dommage que le test se termine sur un des seuls points noirs d'ado que le jeu possède car, ne vous y trompez pas, cette Edtion est un cadeau des dieux! Franchement, pour 10 euros, j'ai envie de tirer mon chapeau à Lucas Art pour son sérieux, son respect des joueurs et de ses jeux cultes. Merci.

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Graphismes: Fidélité. C'est le mot. Pas de fioriture mais une transcription minutieuse de ce qui fait tout le charme de l'univers. Les dessins sont magnifiques, les personnages charismatiques et on se délecte de chaque tableau. Pas de chargements intempestifs et une petite config nécessaire. Que demande le peuple! De l'opium? Mmm... Je crois que ce Monkey Island suffira.

Jouabilité: Rien à dire. C'est du point'n click tout ce qu'il y a de plus accessible. Le nouveau menu d'action fait rudement plaisir et il est impossible de rester bloqué grâces aux aides. Par contre, carton rouge pour l'intégration des commentaires, pas pratique du tout.

Durée de vie: Pour vous donner une idée, j'ai mis 8 heures en écoutant tout les com', en utilisant la surbrillance de manière abusive et quelque astuces. Comme l'indique un des succès, il est possible de torcher le bordel en 3 heures mais si c'est la première fois (tout toute première fois...), il faudra compter bien plus, étant donné le côté old-school très prononcé. Rajouter 5 minutes si vous décider de mater les quelques artwork dispo.

Bande-son: Les thèmes sont les mêmes que ceux de l'original à ceci près qu'ils ont été réorchestrés. Une fois encore, les doublages (anglais), comme dans The Secret of Monkey Island, sont de très très bonnes qualité et apportent un vrai plus à l'immersion.

Scénario: La construction du récit est pour le moins originale et la recherche du trésor de Big Woop (qui avait déjà commencé dans le premier) vous fera visiter quatre îles étrangement peuplées. A Phatt Island (notez le jeu de mot) vous ferez la connaissance d'un homme tout de bourrelés vêtu et visiterez une bibliothèque regorgeant de connaissances. Vous rencontrerez également pas mal de vieux potaux, participerez au fameux concours de crachat et réaliserez votre propre poupée vaudou. Et puis quel dénouement! Un des meilleur que j'ai jamais vu! Culte.

Plus de châtons lobotomisé, d'hommes en slip et accesoirement d'infos intéréssantes sur Pourquoi SamPlay? Venez donner votre avis et rejoindre le fan club de Peter Molyneux!

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