UFC Undisputed 2010 sur Xbox 360, le test de AssocFUREUR

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UFC 2010 Undisputed

Ouh c'est un High Kick qui m'atteint alors que je voulais tenter un crochet droit.
Je suis visiblement sonné et lance un double leg takedown désespéré pour m'en sortir mais son sprawl est parfait. Il me renverse rapidement pendant que je reprends mes esprits. Ca y est, il tente le mount. Je le contre dans un coup de désespoir, et ça marche, je suis en full gard et sur lui. Je commence à balancer mon plus beau ground & pound. C'est enfin à lui de déguster, mes grosses patates de tout à l'heure ont portée leurs fruits. Je place sa jambe en ankle lock et je tire, je tords... Il tape. J'ai gagné. Je suis enfin champion middleweight...

Vous n'avez rien compris à cette fin de match ? C'est surement que le monde du MMA et de l'UFC en particulier vous est relativement étranger. Vous en avez forcément entendu parler cependant...
C'est l'un des sports les plus en vogue actuellement avec une popularité qui ne cesse de croitre. Si seulement ça pouvait nous débarrasser du football.

UFC 2010 Undisputed



Plates-Formes : Xbox 360 et PS3.
Test effectué sur : Xbox 360 et voix anglaises
Date de sortie PAL : 28 mai 2010
Editeur : THQ
Développeur : Yuke's




Gros pains, câlins virils et bras cassés.
Pour ceux qui n'ont pas suivi, je présente rapidement.
Dans le monde du MMA (Mixed Martial Arts), on se tape dessus en duel.
A peu près tout est autorisé, poings, pieds, coudes, genoux, prise au sol, soumissions etc... Il y a bien sur des exceptions pour garder un semblant de dignité et éviter des blessures trop évidentes : pas de coup aux parties génitales, pas de tirage de cheveux, pas de genoux dans le visage d'un mec à terre etc...

Un peu comme dans les vrais matchs, la version vidéoludique va s'orienter autour de 3 aspects assez particuliers. Le jeu debout (stand up) avec une approche finalement très Muay Thai : Poings, pieds, genoux, coudes. La lutte debout (clinch), prise de laquelle peuvent partir des coups directs au corps et à la tête ou carrément une bonne grosse prise de lutte pour mettre au sol (takedown). Et le jeu au sol (ground game) où il s'agit de manœuvrer autour de son adversaire et d'établir la meilleure position possible afin de lui asséner des coups violents à répétition (ground & pound) ou de le soumettre avec une prise.

L'idée c'est que chacun aura sa préférence et son style de jeu. Certains apprécieront la simplicité et le classicisme du stand-up, d'autres préfèreront foutre des GROKNEE dans la clinch Muay Thai pendant que l'adversaire essaye de se dégager tant bien que mal. Personnellement, j'ai une grande affection pour le ground & pound, arriver sur le mec en position montée (ou mount, la position la plus dominante du sport, complètement à cheval sur l'adversaire) et lui assener coup sur coup en murmurant "grosse patate, grosse patate". Parfois, une grosse patate est interrompue car je viens de me faire chopper par un expert en Ju-Jitsu. "Lache mon bras, lache mon lache..." Bah voilà, je suis tout soumis.
Les combats standards sont composés de 3 rounds de 5 minutes. Ils peuvent se terminer par KO ou Technical KO (quand l'un des combattants est jugé inapte à poursuivre le combat ou ne peut plus se défendre de manière intelligente) ainsi que par soumission (quand le perdant tapote l'adversaire ou le sol avec sa main). Bien sur, dans le cas ou aucune de ces probabilités n'ai été rencontré, le match est noté aux points par 3 juges.



Cas d'école de la grosse patate qui perd face à la soumission bien placée : Mir vs Lesnar I



So you wanna be a fighter?
UFC Undisputed 2010 reprend dans tous ces aspects, le système du 2009. En effet, après plusieurs tentatives que l'on qualifiera poliment de pitoyables, le MMA trouvait enfin ses lettres de noblesse, l'année dernière, chez les japonais de Yuke qui s'occupaient déjà pour THQ de la série des Smackdown VS Raw.

Le jeu était complexe, trop même. Il fallait, pour être efficace, maitriser un peu les 3 aspects et connaitre un minimum les bases des 6 techniques (Muay Thai, Kickboxing, et Boxe pour le stand up, Judo, Brazilian JuJitsu et Wrestling pour le grappling et le sol). Si ce n'était que ça. Il fallait aussi retenir les différentes positions, les façons d'y arriver de contrer les attaques ou de les parer sans oublier de connaitre un peu les personnages majeurs du jeu afin d'exploiter leurs forces et faiblesses. Sans compter qu'on se retrouvait avec 5 classes de poids différentes et donc des styles de jeu quelques qui l’étaient tout autant selon celle choisie. C'était assez inaccessible au premier abord, la courbe d'apprentissage était très rude. Tellement que beaucoup s'y sont cassées les dents et ont abandonné alors qu'ils étaient autrement séduits par le jeu. L'idée derrière cette difficulté, c'est qu'il faut bien retranscrire efficacement un sport qui est lui même, compliqué, complet et varié.
Ca réussissait très bien son job à ce niveau, jamais le joueur n'a été plus proche de la réalité.



AHA ! Grosse esquive de ton coup tout télégraphié !



Mais ça ne suffisait pas. Alors les développeurs ont décidé cette fois de rendre le tout extrêmement simple et accessible.

Non je déconne. C'est toujours ultra complexe, avec une parade pour chaque action, des reversals à timer au quart de poil, l'ajout de la gestion de la cage et d'un système d'esquive rappelant Fight Night Round 4. En moins bien. Sans parler des nouvelles transitions, nouvelles positions, nouveau système de soumission. Et pourtant, le tout semble plus user friendly. Les transitions entre deux positions se font toujours avec le stick gauche mais cette fois observent une certaines logiques dans le mouvement des doigts. Le but est de rajouter une couche de manœuvres et de possibilité pour coller encore plus à la réalité tout en arrivant à introduire les nouveaux au ground game de manière plus naturelle.

Et ça marche, les combats sont toujours aussi bons.
On se retrouve avec ce système complet qui retranscrit du mieux qu’il peut un vrai combat de MMA. Les coups obéissent au doigt et à l’œil avec même une certaine possibilité de les feinter. Leur impact est saisissant. Prendre une grosse patate, ça fait son effet direct. Que l’on gagne ou que l’on perde. La satisfaction d’avoir mené une vraie « guerre » comme le disent eux même les combattants est toujours jouissive. Tellement qu’entre deux joueurs du même niveau, on est vite tenter d’enchainer plusieurs matchs d’affilée en changeant de catégorie de poids, tellement les combats sont serrés.

On parle de contre de contre, de retournements de situation, et de grosses mandales qui passent, juste quand il faut. On essaye d'amener l'autre sur notre terrain de prédilection pour le dominer, on tente de le prendre par surprise en utilisant toutes les techniques de mindgames les plus fourbes possibles. Surtout qu’il n’y a pas de barre de dégât, tout au plus une barre de stamina, mais ça s’arrête là, il faut se baser sur ses estimations et la couleur rouge que commencent à prendre les parties endommagés du corps de l’ennemi. Forcément, un surplus de coups à la tête débouche sur un KO. Mais si vous bloquez trop, ce sont vos bras qui vont douiller et lors de la prochaine armbar, il y a de grandes chances qu’ils ne puissent supporter la pression. Petit défaut tout de même, le système de soumission est assez mal expliqué dans le tuto, et il faut espérer passer quelques temps sur internet afin d’assimiler l’exact fonctionnement de celui-ci. Alors que c’était beaucoup plus intuitif et simple dans le 2009.

Je pense qu'on a là, le gameplay le plus abouti en matière de combat libre. On verra ce si EA MMA peut le détrôner, mais ça semble mal parti. Et puis pour peu que vous aimiez un petit peu l'UFC, se taper des dream matches comme Anderson Silva VS Shogun Rua apporte un petit plus indéniable à l'ensemble.



GROSSE PATATE !
(J'aime bien Cain Velasquez, il a un peu la même philosophie de combat que moi)



Mais que serait un roster de plus de 100 fighters et un système de combat au poil sans des modes de jeux alléchants ?

Autant dans la série des SVR, on pouvait varier les plaisirs en faisant des matchs jusqu'à 6 avec des dizaines de stipulation différentes, autant cette fois, on se retrouve uniquement avec du 1 contre 1 basique. Il faut alors essayer d’éviter la lassitude. Dans cet esprit, on se retrouve avec un title mode (course pour le titre) et son frère plus vicieux le title defense. Sous la forme de Survivals assez ardus, vous pourrez incarnez votre star préférée de la baston. Basique, efficace, lassant.
Plus intéressant : le retour des legendary matches. Il s'agira ici de recréer les moments clés de certains matchs de l'année 2009 et d'avant ou de changer l'histoire en incarnant le vaincu de ces confrontations. Si vous êtes doués et que vous remplissez les conditions nécessaires, vous gagnerez un petit montage du combat et des interviews d'après combat. Intéressant et comportant des défis de différents niveaux, il y en a pour tout le monde et ça force parfois à travailler la défense d'une manière assez radicale.
Si un seul combat ne vous suffit pas, le mode event est là pour vous permettre d'inventer vos propres PPV ou de revivre celui de votre choix. Encore une fois, tout est fait pour coller à la réalité. Le gladiateur et les choeurs, les combattants qui parlent pendant leur shadowboxing et bien sur les inénarrables Mike Goldberg et Joe Rogan.



Et bien sûr, l'inénarrable Bruce Buffer. "Iiiiiiiit's Tiiime !"



This is how!
C'est le mode carrière, bien évidemment qui compose le gros du gâteau.
Il s'agit de créer un fighter de toute pièce avec un système de customisation un peu hasardeux mais fourni et complet et de lui faire gravir les échelons du MMA. Vous commencez dans une ligue indépendante, la WFA avant d'être recruté par Dana White et de finir un jour champion ? Qui sait.

Cette fois, tout est plus scénarisé. L’année dernière on se contentait d’avoir des gros tableaux, des mails un peu génériques et des commentaires pendant les matchs balancés par ici par là.

Cette fois, les commentaires de Rogan et Goldberg tiennent compte de votre passif et même de votre entrainement. A moins que vous soyez invaincu et terminiez toujours tous vos matchs par KO, vous devriez avoir assez de variété à ce niveau. Vous aurez droit aux célèbres interviews de fin de match avec la possibilité de lancer des rivalités dignes d’Ortiz/Liddel ou des amitiés tout à fait viriles.



A vous les têtes d'affiche, la gloire, le champagne et les prostiputes.



Vous écrivez un petit peu la destinée de votre fighter en lui donnant une personnalité et une histoire propre. Le tout est renforcé par le système d’apprentissage des techniques. Avant, tous les combattants Kickboxing custom avaient les mêmes coups. Cette fois, vous partez d’un arsenal de coup basiques variant un peu selon le style de déplacement que vous avez choisi (Muay Thai, MMA, Boxer etc) et après, vous décidez quels coups vous voulez apprendre et jusqu’à quel niveau de perfectionnement.

Libre à vous de faire le combattant de vos rêves. Réfléchissez quand même, au final, c’est comme une voiture mal customisée, ça risque de vous desservir si vous rajouter des ailerons n’importe comment. Il faudra aussi bien organiser vos semaines entre vos combats. Il faut penser à améliorer constamment la gestion des 3 attributs principaux (force, vitesse, cardio) et des différentes habilités (poings, coups au sol, soumission, transitions etc, avec une partie défense et offense). Sans trop en privilégier certains. Car si vous négligez l’entrainement d’une partie au détriment d’une autre, celle-ci se dégradera et vous laissera bien démuni quand vous en aurez besoin. C’est une vraie plaie à bien gérer lors de la première partie mais peu à peu on s’y fait et on apprécie le coté réaliste. Aspect renforcé avec le fait qu’au fur et à mesure que votre personnage vieillit, il vous faut plus de travail pour obtenir les mêmes résultats.

Ca parait difficile comme ça, mais le jeu est gentil. Quand vous commencez à jouer, avant de passer pro, vous avez le droit à quelques combats amateurs réglés sur les 4 niveaux de difficultés. Ils vous aideront ainsi à calibrer votre niveau et à estimer la partie qu’il faut entamer. Et croyez moi dès le 2nd niveau (advanced) ça commence à envoyer sévère. Quoique, en général, à cause de vos stats qui ne sont pas assez avancées et surement du jeu qui s’amuse avec vous, quelque soit le niveau, les combats entre le rang 10 et le championnat sont beaucoup plus difficiles que le reste alors qu’une fois le championnat acquis, les choses se calment. Dommage car les scénarios de perte de titre puis d’efforts pour le reconquérir sont clairement les plus intéressants du sport.
Une véritable aventure en lui-même et le cœur du jeu, le mode carrière, c’est aussi l’occasion de perfectionner sa technique, d’apprendre et de tester ce qui va ou pas. Avant d’attaquer le online.



C'est pas beau comme KO imminent tout ça ?



Un online avec la tête de Diego Sanchez après avoir rencontré BJ Penn.
Si vous y arrivez. Parceque se connecter à un ranked match tiens plus du calvaire qu’autre chose. Recherche qui met du temps, connexion au serveur qui tente et échoue. Et rebelote. Ah si parfois, le soft vous propose de créer votre session, mais l’option n’est pas dispo dès le départ. Je ne parlerais même pas des combattants proposés. C’est très gentil, de me mettre contre un mec avec un record de 75victoires-15défaites, mais c’est mon premier match les gars. Ah c’est ça ou l’autre qui est 98 à 2… Ah bon. Bah, ça va piquer. Comme les yeux. Ooooh oui, parceque ça lague. C’est un peu embêtant dans un jeu ou un reversal calculé à la bonne seconde peut changer le cours d’un match.

Autant vous dire que je n’ai pas cherché à faire plus de 5 combats. Pourtant ce détail ne m’avais pas dérangé sur le 2009 mais là, le système au sol étant plus réactif et nerveux, la moindre erreur de timing et c’est votre session de ground & pound vous est renvoyée dans la face.

C’est pour un mode de cette qualité qu’il y a un code avec le jeu pour pouvoir profiter du contenu on-line ? Pour ceux qui n’ont pas suivi, c’est une méthode anti-occasion qui forcera tout second acquéreur du soft, à repayer un DLC juste pour pouvoir profiter du jeu en ligne. Que l’on utilise des méthodes douteuses, c’est déjà assez tendancieux en soit, mais que le contenu ne soit pas au rendez-vous, c’est le ponpon. Surtout que le soft vérifie la présence du contenu à chaque lancement et nous gratifie de 30 secondes de loading inutile. Super.



UFC 2010 ranked match (allégorie)



Cauliflower ears
Le jeu n’est pas spécialement beau (même s’il s’en tire très bien) ou extrêmement fluide. Mais pour ce qui est des animations, c’est vraiment saisissant. Déplacements, coups, transitions, tout y est. Certes, les passages de full gard à half gard se font de manière plus souple qu’en vrai, mais on ne peut pas tout avoir. Ca reste une réalisation top niveau. Quand je vois ce que prépare EA MMA à coté, je rigole doucement. Et puis les fighters sont très bien modélisés. Y'a qu'à voir la tête défoncée et ridée de Minotauro Nogueira pour s'en convaincre. Pareil pour les coupures et autre équimose sur les visages, on a mal pour nos avatars de pixels.

Les sons accompagnent parfaitement le reste, les commentaires sont assez vivants bien qu’ils peuvent sembler redondant parfois. Il y a toujours ce coté « enregistré » qui entamera toujours la crédibilité du tout. Enfin, je pardonne, Joe Rogan a ressorti la phrase « Shin to the chin, good night ».
Alors par contre la BO... Autant l’année dernière on avait « Face the pain » et quelques autres gros trucs metalleux bien dégueulasses qui collaient parfaitement à l’ambiance, autant là, les musiques héroïques pompeuses, non. Juste non. C’est fade, ça ne va pas du tout et ça finit par nous rentrer dans la tête de manière désagréable.

Et les menus ? Ah cette fois, les menus sont un bonheur, pas comme l’année dernière ou on passait 15 minutes à changer un sponsor sur un short. Un gros progrès qui rend la navigation et le jeu plus agréable. Par contre, les temps de chargement sont tout simplement scandaleux par moments. Particulièrement celui pour afficher le menu du mode carrière. Je veux bien qu’il y ai un environnement de gymnase derrière avec des mecs en en train de s’entrainer derrière mais quand même. Parfois j’ai l’impression que Yuke sont passés par une période intense de nostalgie et se sont dit « tiens, et si on refaisait un jeu avec des loadings dignes des Smackdowns sur PS3 ».

Les succès sont même assez fades. Il y a bien quelques perles comme « Cocky SOB » pour taunter son adversaire 5 fois dans un match ou Honorable Fighter pour toucher les gants de son adversaire 10 fois au début d’un match. Sinon, c’est du basique, terminer ou tester tel mode de jeu, briser X adversaires online ou battre le CPU dans telles conditions. Les achievements du précédent étaient beaucoup plus rigolos, je me rappelle avec une certaine tendresse de celui qui consistait à faire voler le protège dent de votre adversaire à plus de 3 mètres.


Parfois, Shane Carwin lui aussi a besoin de tendresse.


Le mot de la fin ?

C’est une version améliorée du 2009, plus intuitive, plus fun, plus complète, plus variée et plus d’emmerdante pour le jeu online. En gros, ils ont pondu un système de combat au poil l’année dernière, et cette fois ils s’attellent à construire autour. Sur le papier c’est bien.
Et Alors ? Alors on est content mais on se dit que le coup de maitre aurait pu être cette année. Alors ce sera un [8].
Bon, je parle je parle, mais j’ai décidé d’arrêter le combat libre, c’est trop d’emmerdes, je vais plutôt me lancer dans l’espionnage.

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