Medal of Honor sur Xbox 360, le test de Atticus

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Atticus
4
Atticus X360

Manhattan - Kaboul En Cinq Heures

 

 

Pour ceux qui étaient en âge de jouer à un FPS en 2000, vous vous souviendrez très certainement de l’excellent Medal of Honor sorti sur Playstation. Ce premier épisode reprenait avec brio la seconde guerre mondiale, un thème qui, à l’époque, n’était pas si répandu que cela. Le soft, enfanté par Dreamworks Interactive (rien que ça !), su conquérir la critique et le cœur des joueurs. Par la suite, la qualité des MoH s’amoindrira jusqu’à tomber dans une série de second plan, toujours à la poursuite de l’indétrônable Call of Duty, au sommet des ventes depuis 2003. Mais Electronic Arts s’insurge et se fait entendre ! Développé par Dice, le dernier Medal of Honor voit finalement le jour en Octobre 2010, soit un peu moins d’un mois avant l’inéluctable raz-de-marée Call of Duty : Black Ops. MoH parviendra-t-il à renouer avec le succès face à une concurrence si féroce ?

 

Comme tout bon FPS qui se respecte, MoH laisse entrevoir un scénario entre ses niveaux de jeu. Les concepteurs ont fait ici un choix extrêmement contemporain puisque l’action se déroule en plein conflit afghan face à des talibans pleins de détermination. Ce choix est lourd de sens car son influence sur l’expérience de jeu est évidente. En effet, votre place au sein du conflit est différente des FPS classiques : vous serez continuellement en proie aux embuscades et aux coups fourrés tendus par la milice ennemie dans un environnement hostile pour vous mais rempli de possibilités pour les talibans de vous tomber dessus sans prévenir. Il y a donc une inversion du gameplay classique qui vous mettait généralement dans la peau de l’attaquant alors qu’ici, c’est votre vie qu’il faudra sauver. Ces situations sont le cœur du gameplay puisqu’à maintes reprises il vous faudra survivre et protéger vos coéquipiers jusqu’à l’arrivée de la cavalerie, toujours sur le fil (mais tellement héroïque).

 

Par ailleurs, ne vous attendez pas à effectuer vos missions au beau milieu d’une armée, pouvant à chaque moment faire la sale besogne à votre place. Non. Dans Medal of Honor, la plupart du temps, vous incarnez un soldat dans une unité de quatre guerriers où la franche camaraderie respire le bon goût. Ainsi, atteindre l’objectif final ne sera jamais aisé et il vous faudra survivre à trois ou quatre embuscades avant de rejoindre le lieu visé. Pour remplir les tâches qui vous incombent, Dice reprend un gameplay extrêmement classique, ressemblant comme deux gouttes d’eau à celui déjà utilisé par Activision dans Call of Duty. Votre alter-ego est donc armé de deux armes principales, d’une arme de point et du sacrosaint couteau de combat (le dernier rempart du héros). Vous disposez bien entendu d’un nombre de grenades limité et d’une vision nocturne, bien pratique dans les sombres grottes dont sont truffées les montagnes afghanes. MoH joue cependant la carte de la différence en insistant sur le côté austère de ce conflit : au lieu de sortir les grands moyens, vous ne disposez que de très peu de ressources et vos ennemis mènent une guérilla plutôt qu’un conflit international. A l’instar de l’éternel concurrent CoD, vous pourrez courir, sauter, vous accroupir et vous coucher tout en comptant sur un coup de main de vos camarades quand il le faudra. Les phases de combat sont elles aussi très classiques puisqu’elles consistent majoritairement à se mettre à couvert tout en lâchant des salves répétées sur vos ennemis, protégés par un paysage à leur avantage.

 

Malgré un travail de fond prometteur, le jeu est victime de ses nombreux défauts et pointe loin, très loin, du dernier Call of Duty. Tout d’abord, il faut noter que les missions se ressemblent beaucoup trop. Elles consistent la plupart du temps à avancer d’un point à un autre, où un nouveau combat fait irruption, pour repartir vers un autre lieu où la séquence s’achève généralement par un passage de soutien aérien dans lequel Dice ne s’est pas montré radin en explosions. Autrement dit, les situations ne sont pas très variées, l’éventail d’armes est très restreints et les objectifs sont les mêmes. On peut toutefois saluer les quelques séquences d’infiltration malheureusement un peu trop simples et bien trop ressemblantes à celles de son rival CoD (notamment celle en pleine neige). L’Intelligence Artificielle est quant à elle très en dessous de ce qui peut être fait aujourd’hui. En effet, vos alliés ne sont vraiment pas malins : il n’est pas rare de les voir se mettre sur votre ligne de mire, de taper dans vos grenades finement lancées et de ne pas vous être d’un grand secours au fil du jeu. Vos ennemis ne sont pas non plus des lumières puisqu’ils ne feront jamais acte de génie et resteront derrière leurs cailloux jusqu’à ce que vous leur logiez une balle entre les deux yeux.

 

Le soft de Dice se révèle être extrêmement dirigiste puisqu’à aucun moment il ne vous sera permis de faire jouer votre imagination. Lorsqu’un ordre vous est affecté, vous devez vous y tenir. Ainsi, au contraire d’un Call of Duty bien rodé, vous devrez suivre à la lettre les recommandations de vos compagnons de fortune sous peine de vous faire sévèrement réprimander. Oubliez donc les chevauchées solitaires, les contournements surprises ou le tir de précision à distance. Vous n’êtes plus là pour faire le mariolle. On peut donc vite s’énerver contre l’impossibilité de mener les combats à notre manière et on subit les scripts des développeurs. Par conséquent, la difficulté du jeu ne se situe pas dans votre approche de la mission mais tout simplement dans la gestion des batailles armées que vous mènerez. Le soft perd du challenge quand on sait qu’il est possible de quémander des munitions auprès de vos coéquipiers. A aucun moment vous ne pourrez tomber en rade de chargeurs, la gestion des combats est alors bien plus aisée.

 

 

Le jeu semble aussi dater techniquement. Les graphismes, sans être immondes, ne présentent aucun intérêt reposant sur des textures assez pauvres. Les paysages ne varient guère et le terrain est visuellement répétitif. Les niveaux sont très fermés puisque vous devrez suivre un itinéraire strict. Medal of Honor démontre qu’il n’est pas au point, avec un train de retard sur Activision. Les personnages sont quelconques, vos compagnons manquent de charisme. La  bande son, quant à elle, est en demi-teinte. D’un côté, les bruitages sont plutôt réalistes et les musiques s’accordent plutôt bien avec la situation tout en étant plaisantes et agréables. De l’autre, les dialogues sont catastrophiques : non seulement les doublages sont mauvais mais la qualité de l’écriture est également minime. Cela donne lieu à des sessions de narration et de dialogues peu crédibles.

 

Ce qui fait le plus tâche chez Medal of Honor (qui une fois encore semble avoir tout piqué à CoD), c’est la durée de vie. Il ne vous faudra pas plus de cinq heures pour finir une campagne qui ne laisse aucune envie de la recommencer. Pour justifier les soixante euros investis dans le soft, il faudra donc se tourner vers le multijoueur. Là encore, la conclusion qui s’impose est la même : le jeu en ligne n’est vraiment pas mauvais, la conception de Dice a un fort potentiel mais l’éternel Call of Duty est toujours un ton au dessus.

 

L’impression finale ?

                Dans un contexte difficile du à la tyrannie de Call of Duty, Medal of Honor fait pale figure malgré de bonnes idées. La campagne solo est plaisante à certains moments mais ne parvient pas à rattraper tous les défauts dont le soft fait étalage. On aurait pu passer outre les graphismes et la courte durée de vie si l’expérience de jeu avait été inoubliable. Ce n’est pas le cas. Vous l’aurez donc compris, pour apprécier MoH, c’est en ligne que vous devrez passer vos heures de jeu. Si vous possédez Black Ops, MoH ne vous est d’aucune utilité. Si vous recherchez une alternative à celui-ci et que vous êtes intéressé par le multijoueur, vous pouvez donnez une chance au bébé de Dice. On aurait tout de même préféré que MoH se cherche une identité propre (et il en a le potentiel) au lieu de s'évertuer à reprendre les recettes des autres.Malgré tous ses défauts, rappelons-nous tout de même que si Call of Duty n’existait pas, nous jouerions tous à Medal of Honor.

 

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