Final Fantasy XII sur PlayStation 2, le test de Etrigane

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Etrigane
10
Etrigane PS2

Final Fantasy XII, celui qui aurait dû mettre tout le monde d'accord

Aveugles, certains joueurs doivent être aveugles.
    Final Fantasy XII est venu au monde dans la douleur, il en aura fallu du temps pour le voir débarquer. Son développement chaotique a connu de nombreux soucis et je me souviens encore de l'annonce de la refonte complète du système de jeu, dans un communiqué embarrassé où il était question d'un énième report de sortie du jeu.
    Il y a d'ailleurs fort à parier que l'équipe à l'origine du projet soit désormais responsable de l'emballage des boites de jeu Square Enix dans une filiale ukrainienne à 15 dollars par mois, et c'est bien dommage, car il s'agit là de l'équipe qui a accouché de Final Fantasy Tactics premier du nom, ainsi que de Vagrant Story. Autrement dit, pas n'importe qui. Leur apport se voit tout de suite, dans le design général des personnages et des décors, dans l'utilisation du monde d'Ivalice bien sûr, et dans la maturité qui se dégage de l'ensemble.
    Avec ce FFXII, square a bousculé les certitudes quant à la façon dont un rpg console doit être exécuté. Première surprise: le jeu est en temps réel complet. Les ennemis sont présents devant les personnages et il n'y a pas de transition vers une arène de combat. Seconde surprise : les alliés dans l'équipe ne sont pas gérés par des scripts d'IA très généraux mais par un système de Gambits très novateur qui oblige le joueur à une vraie réflexion pour que les alliés agissent de telle ou telle manière.
    Le monde de FFXII est immense, réellement immense, et une bonne partie du jeu est ouverte d'emblée, avec des zones dans lesquelles il ne fait pas bon se risquer car la différence de niveau avec les créatures peut s'avérer fatale. Tout cela fait joyeusement penser à un MMO offline, et il faut bien avouer que le système de jeu a de la gueule, de même que les graphismes, absolument impensables sur une PS2, avec de surcroit une véritable identité visuelle. On peut cumuler 200 heures de jeu sur un titre tel que celui-ci tant il est riche, tant il regorge e possibilités et de quêtes annexes, certaines très ardues d'ailleurs.
    Beaucoup de joueurs ont critiqué le scénario et les personnages, ce sont des ânes. Ils n'ont rien compris à ce qui fait l'essence même de cette histoire : la politique. Les relations qui se tissent entre les personnages sont subtiles, là où trop de joueurs attendent de grosses ficelles pas discrètes. Dans FFXII, un simple regard dans une cut-scene en dit long sur ce que pense un personnage, même s'il ne dit rien. C'est tout simplement jouissif et intelligent, encore faut-il être capable de comprendre les intentions derrière certaines paroles ou attitudes... Dans cet univers, les personnages qui ont un rang à tenir agissent comme tel, et on leur doit respect et soumission. Les gens se vouvoient et s'apprivoisent. Quant au soi-disant manque de charisme des personnages, je le nie en bloc. Il faut être aveugle ou stupide pour ne pas se rendre compte du charme presque indécent d'une Fran ou d'une Ashe. Bash est également magnifique. Certes, le jeu est de nouveau affublé d'un personnage principal sans envergure et androgyne en la personne de Vaan, mais cela n'a guère d'importance quand on voit l'excellence des autres personnages.
    Le système de Licence Board pour faire évoluer les personnages est intéressant au début mais se révèle vite limité (d'où la sortie d'une version avec Jobs au Japon que nous n'aurons malheureusement jamais) car au bout d'un moment tous les personnages disposent de tous les pouvoirs, ce qui n'est pas très logique. Ce bémol étant placé, il faut bien avouer que nous avons affaire ici à un très très grand jeu.
    Les polémiques qui l'entourent sont pour moi hallucinantes. Qu'attendent exactement les joueurs ? On finit par ne plus le savoir... L'épisode XIII a été jugé étriqué, suite de longs couloirs interminables...le XII est immense et complètement ouvert. L'épisode XIII ne contient pas de villes, pas d'interaction, pas de marchands...le XII en dispose à foison, toutes avec une âme, une ambiance, une situation (et des marchandises !) différentes. Je ne comprends pas. Attendaient-ils un nouveau scénario niais bardé de figures imposées, se vautrant littéralement dans les clichés les plus éculés ?
    Moi, quand je vois un Balthier comédien, difficile à cerner, cynique et théâtral, faire tandem avec une personne aussi mystique et étrange que Fran, je suis simplement aux anges.
   Ce jeu est une pure merveille.

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