Enslaved : Odyssey to the West sur Xbox 360, le test de Atticus

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Atticus
8
Atticus X360

Le Plus Britannique des Jeux Japonais

 

Quand on a une queue de singe, sommes-nous voués à un destin exceptionnel ? Apparemment oui. Il y a bien sur Sangoku de Dragon Ball et désormais Monkey de Enslaved. Le jeu, sorti en octobre 2010, mélange action et plate-forme. Autrement dit, entre un Devil May Cry, d’ailleurs à la charge du même studio Ninja Theory, et un Crash Bandicoot. Bon le trait est un peu forcé mais c’est l’idée.

 

C’est donc le personnage de Monkey que vous incarnerez au long de cette aventure. Ce nom résume le personnage : une grand bonhomme baraqué à la queue de singe, capable de grimper des immeubles en ruines et de dézinguer des robots de dix mètres de haut avec un bâton (et même de tirer avec !). Ce dit Monkey se réveille enfermé dans un caisson sur ce qui semble être un transport d’esclaves. Quel terrible destin semble se profiler sous nos yeux de joueurs innocents ! Mais tout ça sans compter sur Trip, une jolie rouquine qui, grâce à son agilité et à sa maitrise de la bidouille, va s’échapper. Seule. Sans oublier de pirater le système du vaisseau. Ce dernier semble donc courir à sa perte, et vous avec. Monkey parviendra tout de même à s’en sortir après une course effrénée dans un navire en perdition et rejoindra Trip. La jeune fille réussit alors à flanquer notre ami primate d’une couronne d’esclave : autrement dit, Monkey doit lui obéir sans quoi une douleur intense le saisit. Et comme si cela ne suffisait pas, si le cœur de la belle venait à s’arrêter, le même destin l’attendrait. Trip va donc utiliser Monkey pour l’aider à la ramener saine et sauve dans son village natal, où son père l’attend probablement.

 

 

A la suite de cette magnifique scène d’introduction pour le moins haletante, le joueur prend le contrôle de Monkey, suivi de près par Trip. Le gameplay est basique mais terriblement efficace. Le jeu alterne phases de plate forme et phases d’action. En ce qui concerne le type plate forme, autant être clair, il n’est pas d’un grand intérêt : tout est totalement dirigé et le joueur n’a finalement qu’à appuyer sur une touche au moment où il souhaite sauter d’un point à un autre (comme un singe quoi finalement - pas le joueur, hein! Monkey!). Cependant, l’action est bien plus intéressante. Armé de son bâton magique (tiens, ça me rappelle encore quelque chose), Monkey va combattre les robots esclavagistes, de plus en plus coriaces. Ce même bâton peut aussi être utilisé comme arme à distance : avec plusieurs types de munitions, on obtient différents effets. Cela jouera un rôle crucial dans l’aventure puisque certains ennemis devront préalablement être maitrisés avant de pouvoir être détruits. L’élimination de certains robots devra être précédée d’une phase d’infiltration pour ne pas être repéré (la connaissance mécanique de Trip s’avérera alors cruciale). Tuer ces robots permet aussi de récolter des orbes et des points. Ceux-ci pourront par la suite être utilisés afin d’améliorer notre personnage et son arme. Ils valent donc le coup de vider une zone de ses ennemis avant de poursuivre l’aventure. Le principe de la couronne d’esclave est peu présent dans le jeu puisque protéger Trip n’est jamais très compliqué.

 

En fin de compte, le gameplay se révèle être assez linéaire et le joueur est rarement surpris par des ennemis ou par une phase de plate forme. Toutefois, à la fin des combats, l’histoire avance et chaque fois, on a de plus en plus envie de connaitre la suite. Le scénario est donc majeur dans Enslaved : Odyssey To The West: dans un futur proche, le monde a été ravagé par une catastrophe laissant une Amérique dévastée dans laquelle seule la nature a repris ses droits. C’est donc dans un univers bucolique que notre improbable duo évolue. Ce contexte donne à voir des scènes inattendues mais pour le moins magnifiques : des gratte-ciels ruinés par du lierre, un arbre majestueux au milieu d’un pont branlant,… Pourtant, des groupes d’humains y survivent encore, cantonnés en petits villages, tentant quotidiennement d’échapper à des robots esclavagistes sans merci. Le jeu fait preuve d’un joli paradoxe chronologique et idéologique reprenant l’Amérique bucolique d’un Mark Twain dans un contexte de retour d’esclavage. Autrement dit, un retour du passé dans le futur, une Amérique qui a évolué vers son passé. De plus, l’idée du voyage vers l’Ouest y est reprise, autrement dit vers la nature sauvage et inconnue. Bien sur, le fin mot de l’histoire, je vous laisse le découvrir !

 

Graphiquement, le jeu est également quelque peu paradoxal. Alors que les graphismes ne sont pas extraordinaires techniquement, ils sont riches et envoutants. Les ptits gars de Ninja Theory n’ont pas lésiné sur les détails et chaque feuille d’arbre ou chaque pierre d’un mur y est  soigneusement représentée : c’est donc un bonheur d’admirer les paysages tout au long de l’aventure. De plus, les couleurs sont diversifiées et vives, donnant ainsi un caractère fort et une identité visuelle au jeu. Le character design est à mi-chemin entre hommage et pompage : Monkey est outrageusement une copie de Sangoku de Dragon Ball (queue de singe, nuage supersonique et bâton magique), Pigsy, un humanoïde porcin, ressemble comme deux gouttes d’eau à Oolong du même manga d’Akira Toriyama. Une moindre dose d’explicite nous aurait peut-être fait apprécier la référence.

 

Au niveau de la bande sonore, les musiques sont magnifiques et en parfaite adéquation avec les phases de jeu. Les voix françaises ont été soignées et pour une fois, on ne regrette pas de ne pas avoir accès à la version originale. Mais, parce qu’il y a un mais, des nombreux bugs sonores sont présents dans Enslaved concernant surtout le volume des dialogues. Aussi, il arrive qu’il soit compliqué et laborieux d’entendre les instructions de Trip ou les états d’âme de Monkey.

 

 

 

L’impression finale ?

Au terme d’une douzaine d’heures, le jeu se ferme sur une fin palpitante et captivante. Durant l’aventure, le joueur rencontre des personnages attachants, hauts en couleurs et aux personnalités plus complexes qu’il n’y parait de prime abord. Certes le jeu est on ne peut plus dirigiste, linéaire et qui plus est au sein d’environnements complètement fermés, mais on ne peut qu’être envouté par les graphismes et les paysages doués d’une profondeur et d’une magie indéniable. De plus, l’histoire prendra souvent le pas sur l’action et absorbera le joueur dans un scénario pensé et méandreux dont la fin est totalement inattendue. 

 

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