Enslaved : Odyssey to the West sur PlayStation 3, le test de Sakesannin

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Sakesannin
6
Sakesannin PS3

Y a-t-il plus belle liberté que de choisir ses chaines?

 

 

Ninja Theory l’avait déjà bien comprit avec Heavenly Sword et sa rouquine terriblement sexy, rien ne vaut un regard de biche (et une modélisation plutôt alléchante des formes féminines…) pour faire fondre le cœur des joueurs et héros ! Ah si, peut-être une couronne d’esclavage. Ouip, ça marche aussi Messieurs, et c’est même rudement efficace !

L’histoire débute donc sur un héros viril en tout point qui se retrouve à exaucer les caprices d’une jeune donzelle en détresse pour ne pas se faire fendre le crane eu deux. Si cela peut paraitre plutôt basique comme approche, c’est en réalité plutôt efficace. D’entrée de jeu, on se retrouve donc avec ce qui peut être synonyme d’aventure à succès : une jolie fille, un monde à parcourir pour ses beaux yeux, et un héros rebelle et égoïste réduit à la servitude. Ajoutons à cela la perspective d’évoluer dans un New-York dévasté, certes, mais dans lequel la nature a su reprendre ses droits, ce qui nous épargne les sensations de vide qui viennent bien souvent gâcher les univers post-apocalyptiques, et tout cela semble de bonne augure !

Malheureusement, la bonne première partie du jeu montrera déjà certains défauts du titre. Une exploration dirigiste, de nombreux murs invisibles assez frustrants, peu de liberté de mouvement, des facilités de gameplay qui agacent (comment un mec capable d’escalader des kilomètres à main nue peut bloquer devant un rebord à peine plus haut que sa tête au point de devoir trouver un autre passage ??). Pour ne rien arranger, le travail d’équipe à mener avec la jeune demoiselle s’avèrera vite limité et peu exploité, et la trame durant ces premières heures sera aussi répétitive que frustrante. Bien heureusement la beauté des décors, l’ambiance et la découverte progressive des aptitudes de notre petit singe nous inciterons à passer outre ces débuts laborieux, pour nous réserver quelques bonnes surprises.  

Tout en douceur…

Car au fil du jeu, on progresse, on s’attache, on découvre que le système de combat à des choses à offrir. On constate que les phases de réflexion ne sont pas si pauvres que ça, et ont le mérite d’exister. On profite d’un super disque-de-la-mort-qui-tue sur lequel on surfe avec encore plus d’agilité que Kelly Slater en personne, et de phases de plateforme qui savent titiller l’adrénalinomètre de joueurs bon public, bien que trop rares. Derrière chaque nouvelle scène reprenant ce que nous savons déjà d’Enslaved se cache un petit plus, un ajout discret qui donne un agréable sentiment de progression tout au long du titre. N’est-ce pas là un signe de qualité indéniable ?

Et tant qu’on parle d’immersion en douceur, que dire de la légende du Voyage vers l’Ouest (Saiyuki pour les puristes), et sa mise en place aussi habile et vicieuse que discrète ! Franchement, même en tant que grande connaisseuse de la culture japonaise, je dois avouer avoir mis un moment à connecter mes neurones. (bien fait pour moi, cela m’apprendra à ne pas prêter la moindre attention au « sous titre » d’un jeu…) Serais-je la seule à avouer que le mot « nuage magique » (pour parler du disque volant) m’a fait tilter soudainement et que dans ma tête de blonde ça commençais à faire beaucoup de rapprochements ? Certes, la comparaison s’achèvera sur le personnage de Pigsy, mais avouez quand même que l’idée de revisiter un tel chef d’œuvre était honorable !

Bon elle est pas mal cette démo, a quand le vrai jeu?

Au fil des heures (comptez une dizaine d’heure pour finir le jeu), le jeu évolue, peu certes, mais plutôt bien. Cependant, on ne peut  s’empêcher de penser qu’Enslaved aurait pu faire partie des grands jeux s’il avait bénéficié d’un peu plus de soins, et la frustration qu’il vous laissera en guise de dernier gout sera belle et bien réelle. Un potentiel énorme de coopération avec notre jeune maitresse (miam !) vite oublié, un univers pauvre en matière d’exploration bien que magnifique, et une fin plutôt désarçonnante finiront de vous faire penser qu’Enslaved est un de ces jeux sortis trop vite, au potentiel non exploité, condamné à vivre en tant que titre moyen faute d’investissement là où il aurait pu être tellement plus.  (Petite parenthèse sur l’intégration VF des voix qui est simplement catastrophique au niveau égalisation).  

Ambiance, ambiance!

Malgré tout le titre surprend agréablement, et si la langue reste un peu amère, le cœur a été conquis ! On peut reprocher de nombreuses choses au studio Ninja Theory, mais on ne peut pas leur enlever une chose: ils savent raconteur une histoire. Celle d’Enslaved restera pour moi controversée, mais une chose est sure: j’ai passé un bon moment. Combien de studio peuvent encore se vanter de créer une ambiance, un univers, et par-dessus tout des émotions crédibles entre leurs personnages principaux?

Enslaved est un jeu qui étonne : il se laisse découvrir, et aussi curieusement que cela puisse paraitre, parvient à nous toucher. Un peu maladroitement par moment, certes, mais cela ne saura le rendre qu’encore plus attachant. 

 

 

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