Dragon Quest IX : Les Sentinelles du Firmament sur DS, le test de Sirocco

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Sirocco
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Sirocco DS

- Assiette Rétro Et Son Brin De Modernité -

Avant tout, je tiens à signaler que ce test est consacré quasi-exclusivement à l'aspect solo de l'aventure. N'ayant pu véritablement explorer le mode mulitjoueur du jeu, je ne suis pas en mesure d'en faire part, et me suis donc abstenu d'en faire le récit. Si vous souhaitez découvrir plus en profondeur la valeur de cet ajout important de ce Dragon Quest IX, je vous conseille de jeter un oeil au test de Pia, disponible à ce lien, qui résume très bien à quoi peut ressembler l'aventure Dragon Quest à plusieurs.

Tout le monde ne connaît pas Dragon Quest, série encore récente sur nos contrées franchouillardes, mais tout le monde sait qu'il s'agit d'une des sagas les plus respectées du Japon, si ce n'est la plus respectée. RPG très simple de prime abord, mais diablement exigeant si vous avez l'ambition de parvenir jusqu'au bout de l'aventure. Il s'agit aussi d'un jeu doté d'un univers particulièrement coloré, rafraîchissant, bourré d'humour, très éloigné de ce que peut proposer le monde d'un Final Fantasy ou d'un RPG occidental, souvent beaucoup plus sérieux.

Ce Dragon Quest IX, disponible à notre grande surprise sur la petite DS de Nintendo, était aussi l'occasion d'intégrer des éléments neufs dans la série. Par conséquent, on retrouve ici un mode multijoueur - uniquement en réseau local -, mais aussi une nouvelle approche du traditionnel RPG, qui change quelque peu la formule connue.

Pourtant, même si ces ajouts se révèlent intéressants, ce n'est pas cela qui va révolutionner une recette, qui aujourd'hui, perd de son piquant et de sa saveur.

 

Un Monde Haut En Couleur

Comme je l'ai dit dans l'introduction, la force des Dragon Quest a toujours été de mettre en place un univers qui ne se prend pas au sérieux. Loin de là. Entre les vilains ridicules, et des héros parfois atypiques, la mythologie nous a aussi habituée à apprécier les nombreux jeux de mots, les monstres tout aussi rigolos les uns que les autres, avec comme meilleur exemple le fameux Slime, renommé Gluant dans les versions européennes, très connu et apprécié des amateurs de la saga.

Ce Dragon Quest IX ne déroge pas à la règle et propose toujours un univers plein de vie, aux couleurs chamarrées. Les ennemis disposent toujours d'un patronyme à la façon des Pokemon, et il ne faudra pas vous étonner de retrouver durant votre épopée des félins drapés de lourdes robes ingénieusement nommés Miaougiciens.

Vous avez désormais un aperçu de ce à quoi peut ressembler l'univers de Dragon Quest IX.

Les personnages, en général, n'échappent pas à la règle. A l'exception de cette version. Désormais, c'est vous qui créez votre propre personnage, même si bien sûr, les éléments proposés dans l'éditeur de personnage sont tous issus de l'imagination de Akira Toriyama. On peut d'ailleurs regretter que ce module de création ne soit pas plus poussé, plus riche, car en réalité, il est difficile de faire un personnage véritablement unique. On peut tout de même justifier cet apport par l'importance du mode multijoueur, qui est un ajout majeur de ce Dragon Quest IX, surtout au Japon. Mais est-il vraiment adapté au monde européen, s'il ne dispose pas d'un mode online ? Le récent échec commercial de Monster Hunter Tri nous a prouvé qu'il était encore difficile d'imposer ce genre de jeux sur le Vieux Continent.

D'ailleurs, la création personnalisée révèle de nombreux autres problèmes. Chose évidente, votre personnage et ses compagnons, dont vous êtes aussi le géniteur ne s'expriment jamais durant l'aventure, et l'on donc beaucoup de mal à s'identifier aux protagonistes durant l'expérience. Le deuxième souci, c'est le manque de personnalité de certains acteurs secondaires. Si certains d'entre eux étaient mémorables dans les anciennes versions, là, le manque d'imagination se fait ici cruellement ressentir, et l'on finit par oublier quels étaient ceux que vous deviez aider ou affronter lors de votre précédente quête.

Qui plus est, l'histoire, sans pour autant être moins bonne que celle d'un ancien Dragon Quest, met pas mal de temps à se décanter, et après 20 h de jeu, votre quête se résume encore à ramasser les fyggs d'un arbre sacré, afin d'épargner aux mortels les méfaits de la magie céleste. Peu de retournements de situations, une mise en scène très classique...bref, rien de bien extraordinaire à niveau.

En revanche, l'aspect graphique est plutôt réussi. Tout en 3D, le jeu prouve que la DS, comme pour Zelda Spirit Tracks, est capable de gérer un grand univers utilisant cette technologie. La DS est d'ailleurs tellement poussée dans ses retranchements que les ralentis se révèlent très nombreux, surtout lors de l'exploration, paradoxalement, même s'ils sont supportables. On pourra apprécier aussi le changement intégral de skin de votre personnage à chaque changement d'équipement, comme c'est le cas pour un Demon's Soul ou un RPG occidental traditionnel, ce qui contribue beaucoup à la richesse graphique du jeu. En opposition, les sprites 2D des personnages annexes tels que les passants d'une ville, jurent un peu avec le rendu 3D assez détaillé des acteurs importants de l'aventure. Une petite chose, certes, mais qui nuit à la cohérence graphique générale. Dommage.

 

Un RPG Simple...Mais Efficace !

En revanche, même si la formule de ce mythe n'a pas énormément évoluée, et reste sobrement classique, de nombreux apports permettent de différencier ce Dragon Quest IX de ces aînés.

Votre personnage et ses alliés vont toujours devoir combattre pour amasser de l'expérience, obtenir un meilleur niveau et donc, se révéler meilleur durant les combats, qui peuvent être parfois assez complexes. Les affrontements respectent la formule traditionnelle : vous sélectionnez les actions de vos personnages avant de lancer l'offensive, comme cela était le cas pour les premiers RPG réputés de la Nes. Vous aurez toujours la possibilité d'utiliser une magie ou  un objet, de vous défendre, ou d'avoir recours à votre arme de poing.

Nouveauté majeure dans la série, même si elle n'en est pas vraiment une, le choix du job de votre personnage. Auparavant, comme pour Dragon Quest IV ou V, par exemple, les capacités de vos protagonistes étaient imposées. Désormais, vous pouvez choisir d'orienter votre enfant vers un métier de guerrier ou de voleur, de mage, ou d'autres moins classiques. L'aspect stratégique est d'ailleurs renforcé par cet ajout, car il vous faudra composer une équipe aux talents variés afin de pouvoir lutter contre toutes les situations possibles.

Ces jobs donnent accès à des armes spécifiques, ainsi qu'à des talents propres, d'où l'apprentissage de capacités uniques. Et pour pouvoir aller plus loin dans le jeu à partir d'un certain niveau, il vous sera indispensable d'assembler au sein du même personnage les pouvoirs issus de métiers différents. Pour cela, vous aurez la possibilité de changer de job à partir d'une quinzaine d'heures de jeu, chose souvent indispensable pour progresser.

Autre ajout fort sympathique et qui diversifie l'expérience, l'intégration de quêtes annexes nombreuses, plutôt variées, et dont la difficulté peut aller du très simple au quasiment irréalisable, ce qui plaira toujours aux plus assidus d'entre vous.

Dans le même contexte, vous trouverez durant l'aventure des cartes aux trésors qui vous donneront accès sur la world map à des donjons annexes, très sympas surtout pour en multijoueur et pour gagner en expérience.

Dragon Quest IX vous obligera aussi à parcourir de vastes contrées, ainsi que des villages tous aussi atypiques les uns que les autres afin d'obtenir des informations pour l'accomplissement de votre quête. Les dialogues avec les NPC ne sont pas extraordinaires pour la plupart, mais ceux avec des personnages importants de l'aventure peuvent souvent laisser place à des situations drôles et amusantes.

 

Mais Dieu, Que Ca A Vieilli...

J'attaque là tout les problèmes qui font que Dragon Quest IX est aujourd'hui un jeu qui souffre cruellement de sa comparaison avec les RPG à l'occidentale, qui bien qu'exigeant, ont tout de même réussis à se mettre au goût du jour.

Beaucoup d'entre vous me diront que ce sont ces références aux premiers épisodes de la saga qui font le sel de Dragon Quest IX. Toutefois, je suis persuadé que le jeu serait bien meilleur s'il acceptait de décrocher certaines de ses racines.

Tout d'abord, il est frustrant de devoir toujours revenir à une église pour pouvoir sauvegarder sa progression. Sachant que ces points de sauvegarde ne sont situés que dans les villes, et que votre quête vous mène souvent bien loin de toute civilisation, on finit souvent par connaître la défaite, faute de pouvoir s'assurer un point de retour plus accessible. Sans oublier que perdre un combat signifie la perte de la moitié de votre argent, plutôt difficile à acquérir, les monstres étant souvent radins sur le plan économique. C'est une tradition.

Pour compenser cette vieillesse du déroulement du jeu, on peut quand même apprécier que les combats, en dehors de ceux vous opposant aux boss, soient plus simple. Qui plu est, vos adversaires apparaissent désormais sur votre écran, ce qui met aux combats aléatoires souvent très pénalisant, surtout lorsque vous êtes en difficulté.

Pour ce qui est du système de job, même s'il est plutôt intéressant, on peut encore regretter de devoir revenir au niveau 01, à chaque changement vers un job encore jamais exploré. Pourquoi ne pas avoir placé un niveau fixe au personnage avec un niveau de job, comme pour Final Fantasy V ? Cela aurait été bien plus agréable.

Surtout que certaines quêtes vous donnant accès à de nouveaux métiers réclament de votre part des compétences multiples à un seul acteur, ce qui signifie que vous devrez souvent revenir au niveau 01 pour pouvoir obtenir les capacités nécessaires pour accomplir cette quête. D'ailleurs, pourquoi mettre en place des quêtes annexes aussi exigeantes et difficiles pour obtenir quelque chose de finalement très important pour votre progression ? Ca aussi, je me le demande encore. Et je pense que je ne suis pas encore prêt de les accomplir.

On peut aussi déplorer la relative lenteur des combats. Même s'ils sont tout de même bien plus rythmés que ceux de Dragon Quest VIII, on aurait apprécié qu'ils soient aussi rapides que ceux des versions plus anciennes de la saga, qui avaient le mérite de ne pas rendre le levelling trop laborieux et ennuyeux. Cependant, leur mise en scène est plutôt bonne, et si applique des tactiques prédéfinies à vos alliés, il y a moyen de les rendre plus expéditifs.

 

J'aimerai rappeler que Dragon Quest IX est au final un bon jeu, un RPG plutôt sympa, agréable à parcourir, et assez différent de ses prédécesseurs pour justifier son achat.

En revanche, des éléments trop antiques restent ancrés dans le gameplay, et il est aujourd'hui indispensable de rendre le jeu encore plus accessible, mieux organisé, afin de ne pas frustrer trop vite certains joueurs. C'est pour cela que je préviens les lecteurs : Dragon Quest IX est un jeu qui s'adresse aux plus acharnés d'entre vous, et les néophytes seront très vite découragés par l'austérité du titre, à l'image de son interface toujours aussi triste et peu pratique.

Toutefois, si vous restez un amateur de ces RPG à l'image de ceux que l'on a connu sur Super Nes, vous pouvez acheter le jeu. Vous ne serez pas totalement comblés, mais l'épopée reste tout de même sympathique.

 

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