Super Street Fighter IV sur Xbox 360, le test de balaziouf

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La nouvelle référence

Quatorze mois après la petite bombe que constitue Street Fighter IV, Capcom remet le couvert et nous propose, moyennant moins de quarante euros, une l’ultime version du jeu qui a redoré le blason du 2D fighting.

 

DU DIABLE VAUVERT

Pour ceux qui ont découvert Street Fighter II au début des années quatre-vingt-dix et passé des nuits enfiévrées à transpirer sur le Pad d’une Super Nes, Mégadrive ou encore sur le stick d’une borne d’arcade, Street Fighter IV signait le retour en force du jeu de combat en 2D et ce en haute définition, s’il vous plaît. Dès lors, l’heure n’était plus aux autres grandes sagas en 3D comme Tekken et Soulcalibur, mais à l’art du Shoryu et du Tatsumaki.

De retour neuf années après la parution du dernier volet de Street Fighter III (estampillé Third Strike) devenu culte pour les fans de la série, la licence phare de Capcom a marqué la communauté des joueurs de par sa prise de risque tant au niveau du gameplay qu’au niveau des graphismes. Si l’aspect cartoon à l’encre de chine a pu laisser dubitatif les plus sceptiques, il a cependant su s’imposer comme la nouvelle référence et est parvenu à dépoussiérer un genre réservé aux irréductibles du pixel. Ce parfait compromis entre univers 3D et jouabilité en 2D a démontré que la vieille école du jeu de combat sur plan unique avait encore de beaux jours devant elle.

Outre l’originalité marquée concernant le design, Capcom a pris le soin, comme à chaque numéro de la série, de réinventer le système de jeu d’une série vieille de vingt ans. Outre les attaques de base (tel Hadoken, Spinning Bird Kick , Sonic Boom et autres Tiger Knee) et les combos qui vont bien avec, Street Fighter IV disposait de la fameuse Focus Attack qui, à base d’esquisses marquées à la manière des estampes d’autrefois permettait de charger un coup imparable capable, au passage, d’absorber lui-même une attaque. Cette manipulation pouvait également faire office de Cancel, c'est-à-dire qu’elle permettait d’annuler un coup afin de mieux rentrer un combo dévastateur. D’autre part, ce titre reprenait l’excellente trouvaille apparue dans Third Strike, à savoir le coup EX qui fait office de coup-double, inflige davantage de dégât et joue sur la priorité.

Mais pourquoi un tel retour sur SFIV? Tout simplement afin de souligner le fait que Super Street Fighter IV se présente bel et bien comme une mise à jour de son prédécesseur, lui empruntant moteur graphique, gameplay et design.

Dès lors, la question est de savoir où se situent les nouveautés et si ces dernières justifient l’achat d’une nouvelle version d’un jeu acheté il y a un an au prix fort.

 

HERE COME NEW CHALLENGERS

A peine Street Fighter IV s’était-il imposé comme la référence absolue en matière de 2D fighting (n’en déplaise aux amateurs de Third Strike, KOF, Garou et consor…) que les rumeurs allaient bon train concernant une hypothétique nouvelle version du quatrième volet de la série la plus rentable de Capcom. Les amateurs du genre, sachant que chacun des numéros de cette licence s’est au moins décliné en trois versions (Street fighter II, III et Alpha), ne tardèrent pas à accréditer ces rumeurs pourtant tenues de sources inconnues mais si fiables à la fois.

Ici débute la course à l’information que le géant Capcom va engager malgré lui. L’époque est au teasing et aux surprises vite gâchées, si bien que tout au long de sa campagne de communication, Capcom sera devancé par les bruits de couloir qui auront précédé l’ensemble de ses annonces. Si bien qu’à peine le développement d’une version enrichie de Street Fighter IV est-elle annoncée que l’on parle aussitôt de la présence d’arènes inédites mais surtout de neuf nouveaux personnages. Pied de nez de la part du développeur nippon ou pur hasard du à une rétention partielle d’information, le casting comptera finalement dix combattants supplémentaires.

Il faut bien le concéder, dix nouveaux personnages, c’est assez conséquent pour être signalé et, histoire de tuer le suspense de suite, cet ajout mérite à lui-seul l’acquisition de ce titre. La prise de risque concernant le casting se veut toutefois mesurée dans la mesure où huit des nouveaux personnages sont issus des rosters des séries précédentes. Ainsi retrouve-t-on les deux grands absents de Super Street Fighter II : The New Challengers, T-Hawk et Dee-Jay. Cody et Guy, initialement personnages de Final Fight, sont eux issus du casting de Street Fighter Alpha, au même titre qu’Adon, le disciple de Sagat. Ibuki, Dudley et Makoto, sont trois des incontournables de la série Street Fighter III. D’autre part, deux personnages totalement inédits sont de la partie : la jeune coréenne Juri et l’atypique lutteur turc Hakan.

 

LES PLATINES ET LA PLUME

Alors que Fei-long et Cammy étaient de la première mouture de Street Fighter IV, Capcom avait fait l’impasse sur le guerrier indien et le kickboxer jamaïcain. Une injustice réparée puisqu’ici les amateurs de Tomahawk Buster et autre Air Slasher pourront s’en donner à cœur joie.

T-Hawk se présente comme un Zangief peinturluré aux couleurs de ses ancêtres. Il s’avère être en effet un choppeur alternatif au Red Cyclone. Imposant, puissant, résistant, il fait figure de fier guerrier à ne pas sous-estimer. Forcément moins agile que la majorité de ses adversaires, il n’en possède pas moins des attaques Condor lui permettant de cumuler déplacement et attaque. Ce personnage se jouera donc à base d’observation, de tactique et de 360°.

Dee-Jay, lui, est plus dynamique. A l’instar de Honda et Chun-li, c’est un chargeur qui a cependant plus en commun avec Guile qu’avec ces deux derniers. Avec son attaque Air Slasher (bien connue des joueurs du siècle dernier) à la vitesse variable (qui n’est pas sans rappeler le Sonic Boom du soldat américain) ou encore son irrésistible Jacknife Maximum, qui en attaque EX se révèle assez puissant, il se pose comme une excellente alternative au militaire blond.

 

 L’ALPHA SANS L’OMEGA

Cody le bagnard se pose comme un combattant aux atouts non négligeables. Ses projectiles, qu’il s’agisse de couteau, caillou ou tornades lui permettront de tenir l’adversaire à distance sans compter les divers combos dévastateurs qu’impliquent ces techniques lorsqu’elles sont linkées au sein d’une combinaison. Ses attaques Super et Ultra, simples à caser se révèlent très efficace. Au prix d’un peu de travail, il y a fort à parier que nombre de joueurs en feront leur personnage fétiche.

Dans un tout autre genre, Guy se présente comme un vrai patchwork de l’époque Street Fighter Alpha. Son Tatsumaki n’est pas sans rappeler celui de Sakura, mais se révèle toutefois plus simple à caser que celui de la jeune lycéenne. Son Bushin Izuna Otoshi fait immanquablement penser au Demon Flip d’Akuma (notamment avec sa choppe en fin de mouvement). Agile et doté d’un gameplay varié, il se révèle très intéressant à jouer et possède certains links assez séduisants.

Gringalet au physique ingrat, Adon ne se présente pas vraiment comme étant potentiellement un personnage fétiche. Et pourtant, au prix d’un peu de travail il est possible de caser des attaques aussi dévastatrices que bondissantes. Son Jaguar Style, assez déroutant pour le joueur adverse, demandera cependant une bonne maîtrise. Mais au prix d’un certain acharnement, il sera alors possible d’entrer des combos vraiment percutants.

 

THIRD STRIKE EST DANS LA PLACE

Considéré comme étant le plus technique (notamment avec son système de Parry) et donc comme étant le meilleur Street Fighter par les puristes, Street Fighter III : The Third Strike est resté comme étant une référence du jeu de combat en 2D. Avec un système de jeu redoutable et un roster aussi riche que varié, il est resté, pour bon nombre, et ce, même après la sortie de SFIV, le meilleur jeu de combat édité par Capcom. Dès lors, l’apparition de personnages issus de ce soft au sein de Super Street Fighter IV saura peut-être séduire certains irréductibles de Makoto ou Dudley.

Jeune karatéka au style assez garçon manqué, Makoto reçut ses lettres de noblesse à travers l’ensemble des volets du troisième épisode de la saga de Capcom. Seulement si elle a su conquérir le cœur des fans par ces épisodes passés, on est en droit de douter de son potentiel à travers ce nouveau titre. Son panel de coups se révèle en effet assez limité. Et même si ses attaques son relativement puissantes, notamment lorsqu’elle active son Tanden Renki (qui multiplie temporairement sa force), on se demande si elle saura trouver son public face aux nombreux autres combattants aux coups bien plus alléchants.

A ce titre, Ibuki est ce qui se fait probablement de mieux en matière de style de combat. Cette pétillante ninja aux aspirations d’indépendance propose effectivement une palette de coups aussi riches que variée. Elle dispose également d’un florilège de Target Combos qui, s’ils sont enchaînés correctement risquent de laisser peu de répit à l’adversaire. Les joueurs les plus véloces apprécieront. Car si ses enchaînements doivent s’exécuter avec la même dextérité que les furies d’Akuma, on précisera qu’Ibuki partage la même fragilité au niveau de la barre de vie que le tonton fisteur.

Bonne alternative à Balrog, Dudley s’impose comme un boxeur au style de jeu pourtant aux antipodes de celui du pastiche de Mike Tyson. Car si Balrog est un chargeur, Dudley, lui, adopte d’avantage un style de jeu shoto à base de demi et quart de cercle. Outre un Ultra puissant relativement simple à placer, il possède également une fusse provocation qui est en fait une vrai feinte qui permet de contre-attaquer, et des enchainements à base d’over-head. De nombreux Target Combos qui lui sont propres seront à découvrir.

 

I BELIEVE HAKAN FLY

Dernier annoncé en date, Hakan a su surprendre la communauté de joueurs par son côté très décalé. Ce lutteur au style totalement inédit pourrait presque faire penser à un Wario qui serait resté trop longtemps au soleil. Même si pour certains cet urlu-berlu ne correspondra pas à leur vision de Street Fighter, on peut toutefois être agréablement surpris du fait que Capcom ne nous présente pas un nouveau personnage au style très Comics (cf Seth).

Le folklore d’Hakan fait partie de son style de combat. Ainsi, à l’image de Dan, il conservera ce second degré même dans les phases de jeu. Si son Ultra porte vraisemblablement à rire, il se révèle toutefois surpuissant. Il dispose de rares coups style shoto mais en bon lutteur qu’il est, ses attaques les plus dévastatrices se font à base de 360 et de 720. Durant le combat, il lui est possible de s’enduire d’huile, ce qui rend ses attaques plus fortes et sa distance de choppe plus grande. A la fois imposant de par sa corpulence et délirant de par son caractère mais également son style de jeu, Hakan s’impose comme un bon compromis entre El Fuerte et Zangief.

Contrairement au lutteur turc, Juri, a été une des premières à être annoncée. Capcom a répondu à la ferveur des coréens qui réclamaient de toutes leurs forces un natif de leurs contrées au sein du roster de SSFIV. Une pétition aurait même été signée, si on en croit Ono-san. A l’instar de C. Viper, cette jeune femme aux couleurs oscillant entre noir/blanc et magenta aurait tout à fait eu sa place dans les rangs d’un KOF . Elle possède des coups facilement exécutables (on pensera notamment à son coup de pied circulaire qui, s’il est bourré à volonté, peut devenir très pénible) et deux combos qui peuvent retirer une moitié de barre de vie. Elle sera probablement un personnage tout désigné pour les débutants. Par ailleurs, Juri dispose d’un des Ultras les plus stylés et les plus longs du jeu.

 

REEQUILIBRAGES ET AJOUTS

Les autres personnages (les vieux de la vieille d’il y a un an) n’ont pas subi de métamorphoses majeures au niveau de leur gameplay. Certaines modifications ont bien été apportées sur certains links considérés  comme abusif (notamment l’enchaînement d’Akuma à base de gros pied et de léger poing qui pouvait s’avérer interminable), mais dans l’ensemble, le gameplay n’a pas souffert d’une refonte qui aurait été dramatique pour les habitués. Restait à savoir comment régler le problème Sagat. Plutôt que supprimer l’aisance de jouabilité de ce personnage, les développeurs ont préféré diminuer l’impact de ses coups et sa jauge de vie.  Le roi du Muay-Thaï saura-t-il conserver toute sa superbe et son nombre conséquent de fans malgré ses modifications ? Seul l’avenir nous le dira.

Autre nouveauté de ce volet, chaque personnage dispose désormais de deux Ultras qui sauront ravir les joueurs les moins gâtés ayant l’habitude de jouer Guile ou Chun-li. Désormais, la jeune chinoise, par exemple, dispose d’un Kikosho bien connu des habitués de la série. Ce coup se fait avec un double quart de cercle avant, une manip plus shoto, donc, qui permettra aux joueurs les moins téméraires de conserver une attaques puissante que l’on peut placer plus arbitrairement. Ces nouvelles attaques spéciales (dont certaines totalement inédites) jouissent également d’animations vraiment sublimes, comme les Ultras II de Ryu et Guy, pour ne citer que celles-ci. La seconde Ultra d’Akuma, elle, déconcertera plus d’un joueur. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit le méchant le plus charismatique de la série se métamorphoser en diable de Tasmanie.

Concrètement, le jeu reste resplendissant. Les animations sont toujours sublimes et les nouvelles arènes témoignent d’une vie et d’un caractère, notamment le chantier avec ses ouvriers. Le terrain en Afrique avec l’éclipse est véritablement incroyable en matière d’évolution de couleurs et d’animation. Les hippopotames s’approchent et ouvrent grand la gueule pour le plus grand bonheur de nos mirettes. Ami des bêtes, Capcom a également mis à l’honneur les éléphants dans un autre décor, en hommage au stage de Dhalsim de la grande époque de Street Fighter II.

 

THANK YOU FOR PLAYING

L’interface a quelque peu changée et se révèle plus colorée que l’épisode précédent. Au niveau des menus, le jeu se révèle assez rachitique en solo. Hormis un pan Arcade forcément incontournable, ce titre ne possède pas de nombreuses alternatives. Un mode Entrainement est à la disposition des joueurs ainsi qu’un mode Défi pourtant amputé d’une bonne partie de son contenu initial. Ici, point de Survival ou de Chrono, ce mode se résume uniquement à l’apprentissage et au travail des différentes techniques et combinaisons, ce qui apparaîtra forcément comme une hérésie pour les joueurs de SFIV.

Mais là où Capcom a comblé ces lacunes, c’est au niveau du service en ligne. Street Fighter IV avait un mode online certes basique mais assez efficace et rares sont les concurrents pouvant se targuer d’avoir fait mieux. Ici, le joueur se prêtera certes au traditionnel Matchmaking, mais pourra également profiter des modes Combat Infini (Endless Battle) et des divers Combats par Equipes (2 contre 2, 3 contre 3 ou 4contre 4). De plus, il disposera d’un riche système de replay qui sera probablement très prisé des joueurs les plus rigoristes. Ajouté à cela un mode Tournoi qui sera effectif à partir du 15 juin et diffusé via un patch gratuit, et il y a fort à gager que Super Street Fighter IV s’imposera comme la référence absolue en matière de jeu de combat en ligne.

 

Finalement, et comme dirait l’autre, c’est safe ! Super Street Fighter IV n’aura probablement aucun mal à s’imposer comme la nouvelle référence du jeu de baston en 2D. Cet épisode que les détracteurs ne considéreront pas autrement que comme un add-on propose effectivement son lot de nouveautés : 10 nouveaux personnages (ce qui porte le total à 35), de nouvelles arènes sublimes, un deuxième Ultra qui risque de réviser à sa manière toute l’appréhension du jeu pour nombre de joueurs… Il faut le dire, les add-on de cette envergure ne sont pas légion. Le titre n’est cependant pas exempt de défaut, en témoignent l’aspect solo très maigre et une Makoto assez transparente. Mais on voit que l’équipe de Ono-san s’est focalisée sur le mode online, répondant ainsi à la demande de la communauté. Finalement, le jeu s’adresse aux amateurs du genre qui attendent cette version depuis des mois et à ceux qui n’auraient pas craqué lors de la sortie de SFIV. Du reste, à ce prix-là, on aurait tort de se priver. Entre SSFIV et Blazblue : Calamity Trigger, il n’y a pas à dire, avril 2010 restera dans les mémoires des aficionados de la baston 2D.

 

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