Gran Turismo 5 sur PlayStation 3, le test de Ryukase.D.Volco

Publiez votre test
Signaler
Ryukase.D.Volco
8
Ryukase.D.Volco PS3

All that for that :/

Le gamer pense en règle générale que si un jeu met plus de temps à être réalisé, c’est pour mieux exploser la concurrence le jour de la sortie. Quelque part, ce n’est pas faux, la majeure partie du temps , les jeux réalisés sur un cycle plus long sont très souvent de bonne facture.Duke Nukem ? Connais pas désolé. J’aurais aimé vous dire que Gran Turismo 5 fait parti de cette catégorie or ce n’est pas vraiment le cas, attention on est quand même loin de DN Forever  mais on n’est pas non plus au niveau des meilleurs. Pour tout vous dire, je possède l’ensemble de la série et la plupart ont été terminés à 100%, j’ai joué à ce gt5 dès le jour de sa sortie jusqu’à la dernière mise à jour en date.

Je ne vais pas trôler sur ces MAJ  mais le fait d’avoir un nombre incroyable de mise à jour sur un jeu qui a nécessité 6 ans de développement, cela me laisse perplexe, enfin bon.

Parlons de ce qui nous intéresse, le jeu. Celui-ci est divisé en trois catégories : le mode arcade, le mode GT et l’éditeur de circuit.

Le mode arcade est des plus classiques, tu choisis ton circuit, ta voiture et en route Simone. Cela a plusieurs mérites, déjà on peut rouler avec 15 concurrents contre 11 dans le mode GT et au moins tu peux de suite tester les gros bolides, sympa. Vous pouvez aussi utilisez les voitures importées depuis GT PSP ainsi que vos voitures épinglées en favoris du mode GT. On a accès à un mode contre-la-montre pour taper le chrono, un mode drift bien foutu avec un système de points et un mode 2 joueurs écran splitté, encore trop rare dans les jeux de course d’aujourd’hui.

Passons maintenant au gros morceau du jeu, le mode GT. Ce dernier est une sorte de mode carrière où il faudra passer par différentes étapes pour atteindre l’objectif suprême, les 24 heures du Mans et du Nurburgring.

Le mode GT est divisé en 2 catégories. Le mode A-Spec représente le mode pilote  et le mode B-Spec représente le mode directeur d’écurie. Les différentes courses et championnats présents  dans le jeu sont identiques dans les 2 modes , il faudra donc pour vous faire les mêmes courses dans les 2 modes , c’est juste la manière d’aborder les courses qui change. Que ce soit le mode A-Spec ou B-Spec, le jeu se construit à la manière d’un RPG. Chaque course rapporte des points d’expérience, ces derniers permettant d’augmenter son niveau et de participer à des courses où la concurrence dispose de bolides plus puissants et performants. Les 2 modes disposent chacun de sa barre d’expérience, de plus l’achat de certains véhicules nécessitent d’atteindre un certain niveau.

Le mode A-Spec est le mode classique de GT, on fait des courses au volant de sa voiture et on remporte différentes récompenses en fonction du résultat. Chaque course à ses restrictions, ce qui oblige le joueur à élargir sa palette de voiture. Différents petits événements viennent compléter ce mode A-Spec comme les évènements spéciaux où vous participerez à des tests conseillés par des personnalités du monde automobile comme Jeff Gordon en NASCAR ou Sebastien Loeb en WRC. Les permis sont toujours de la partie, ils n’ont plus cette notion de passage obligé mais ils permettent toujours au plus néophyte de progresser. Pour compléter tout cela, un mode entrainement vous est mis à disposition afin de perfectionner votre pilotage.

Le mode B-Spec présent depuis GT4 , nous propose de nous mettre dans la peau d’un directeur d’ecurie.Le jeu nous invite à choisir un pilote ayant des caractéristiques bien spécifiques (calme, énervé , neutre), vous pourrez à la fin du jeu disposer jusqu’à 6 pilotes , certaines courses demanderont la participation de plusieurs pilotes. Pendant la course en mode B-Spec , le joueur a la possibilité de donner différents ordres qui influeront sur le comportement du pilote, si vous le demandez d’attaquer trop souvent , il risque de partir à la faute. De plus chaque pilote à un moral qui faut gérer et selon si il est au plus haut ou au plus bas , cela influera là aussi sur ses performances, à vous de bien gérer tout cela.

En plus de ces 2 gros morceaux, le mode GT dispose d’un mode en ligne et d’un mode photo.

Le premier est très orienté salon privé, c’est-à-dire des parties entre amis, beaucoup d’éléments peuvent être paramétré et il est très aisé de faire des petits championnats entre amis. Bien sûr, le jeu propose aussi de lancer une partie rapide même si cela aurait mérité d’être mieux conçu, un peu à la manière de GT5 prologue, dommage. Les évènements saisonniers viennent compenser cela en nous proposant chaque semaine une sorte de petits championnats autour d’un thème avec des petits cadeaux à la clé (voiture, casque, argent, combinaison,etc).De plus un garage en ligne est présent avec une liste de voiture régulièrement renouvelée.

Le mode photo propose aux passionnés de prendre leur(s )voiture(s) préférée(s) sous tous les angles avec différents modes qui permettront à n’importe qui  d’obtenir un résultat final vraiment bluffant. De plus il est possible de transférer ses photos sur clé USB afin de les imprimer et ainsi se faire un album voir même un poster, et un calendrier pour les plus fous.

Au niveau de la modification du véhicule, GT5 nous propose un mode GT Auto et un magasin Tuning.

Gt auto permet au joueur de laver, vidanger, changer la couleur de la carrosserie et des jantes de sa voiture, de plus certains véhicules (trop rare malheureusement) disposent d’une modification course qui leur permettent de se transformer en voiture typé course.

Le magasin Tuning  permet au joueur d’acheter différentes pièces afin d’améliorer la performance globale de sa voiture, ça va des pneus, en passant par le moteur jusqu’à la réduction de poids, un mode simple mais très complet et bien expliqué.

Passons dès à présent à l’éditeur de circuit. En fait ce mode porte mal son nom car c’est bien plus un générateur de circuit qu’un éditeur. Vous avez le choix d’abord du type d’environnement (gravier, circuit, neige,etc), ensuite vous choisissez votre nombre de secteurs qui déterminera la longueur du circuit, vous déterminez dans chaque secteur sa difficulté (plus le chiffre est grand , plus le secteur sera tortueux et complexe), sa rigueur ( virage arrondi ou plus en angle droit) , son inclinaison (route plate ou plus en dénivelé)et enfin la largeur de la piste (étroite ou large).Vous lancez la génération , et le jeu vous proposera de tester directement votre circuit. Vous pouvez par la suite mettre ce circuit en ligne afin de le faire partager avec vos amis.

Parlons maintenant du niveau technique du jeu.

Clairement GT5 est un jeu au dessus de la moyenne, que ce soit au niveau des véhicules qu’au niveau des circuits mais, car oui il y a un mais, l’ensemble est loin d’être uniforme.

D’abord, toutes les voitures du jeu ne sont pas mises à la même enseigne. Seul ¼des voitures présentes dans le jeu dispose d’un soin  très particulier digne de la ps3 voir même au-delà, ces voitures sont les « premiums». Honnêtement, aucun jeu de caisse jusqu’à ce jour n’avait proposé un niveau de détail aussi poussé, que ce soit en vue extérieure qu’en vue intérieure. Le ¾ restant sont les voitures dites « standards ». Celles-ci par contre sont juste transposées depuis GT4 sur ps2 vers GT5 avec une légère remasterisation HD.  Autant vous dire que techniquement, elles font un peu taches à côtés des premiums. De plus elle dispose d’une vue intérieure simplifiée à l’extrême avec une vue intérieure similaire à celle de GT PSP, autrement dit très moyen pour un jeu du standing de Gran Turismo.

Aussi les circuits ne sont pas tous parfaitement réussis. Si vous prenez Rome, Madrid ou même le Nurburgring , la réalisation force le respect , par contre si vous prenez Monaco, Trial Mountain ou Cape Ring , il y a honnêtement de quoi se poser des questions.

Pour améliorer l’immersion, Polyphony Digital a inclut 2 cycles bien sympathiques que sont le cycle météo  et le cycle jour/nuit. Malheureusement, seuls quelques circuits disposent de ces cycles même si on comprend la lourdeur d’inclure ces éléments dans une course. Le cycle jour/nuit est une franche réussite, les effets d’ombres avec le coucher du soleil sont juste une merveille, on s’y croirait vraiment, par contre  le cycle météo est techniquement moins impressionnant. Contrairement à la licence F1 de Codemaster, l’impression de pluie est pas très bien rendu , on a bien la pluie et la projection d’eau  des voitures mais à aucun moment on a le sentiment que visuellement la piste est mouillée. De plus, on rencontre beaucoup de ralentissement lors de ces phases, encore plus quand on est à plusieurs.  Enfin, en compensation d’une fluidité remarquable à 16 voitures en condition sec, avec 60 images par seconde, on se retrouve avec des ombres extrêmement alaisées par moment  (on peut clairement voir la forme en escalier), dommage là aussi, mais compréhensible. Le clipping est aussi présent, il est assez rare sur les circuits du jeu mais monstrueux dans l’éditeur de circuit, encore plus lorsque que l’on choisit de faire des spéciales de rallye ou on voit popper au loin des montagnes.

En ce qui concerne le gameplay , Gran Turismo 5 se rapproche de la simulation même si il reste permissif. Le point fort du jeu reste dans sa gestion du transfert des masses qui est une marque de fabrique de la série, et à ce niveau là c’est du tout bon. On sent bien la différence de gameplay d’une voiture à une autre, d’une catégorie à une autre, d’une transmission à une autre. Là où par contre le jeu pêche, c’est dans sa gestion des collisions qui est tout bonnement ratée, on a le sentiment de conduire des tanks au vue du vieux bruit des contacts, un vieux « poc » digne d’un entrechocage de 2 cartons. Aussi l’IA reste encore un point faible dans la série des GT, elle manque d’agressivité, d’opportunisme et surtout de vitesse pure. A voitures égales, ne vous attendez pas à une grosse lutte avec l’IA , c’est très souvent plié en un virage, à revoir ça aussi.

Du côté de la bande sonore, il y a du bon et du moins bon. Le bon, ce sont toutes les musiques du jeu, que ce soit dans les menus ou pendant la course. PoDi a l’art de choisir de très bonnes musiques d’ambiances. Là où le bas blesse, c’est au niveau des sons moteurs. Ces derniers sont souvent très (trop ?) aseptisés, très artificiels voir pas en phase avec le son réel de la voiture. En regardant et en écoutant ce que fait la concurrence, il y a vraiment une marge de progression très importante.

Terminons par les réels manquements qui auraient pu faire de ce GT un vrai « Forza-killer ».

Premier point sensible, la liste des voitures. Certes on a plus de 1000 voitures, certes on a une grande diversité mais ne vous méprenez  pas, la liste proposée est moins intéressante que la demi-liste proposée à côté par Forza, je vais vous dire pourquoi. Dites vous qu’en 6 ans de temps, quasiment 80% des voitures présentes dans GT5 étaient déjà présentes dans GT4, ajoutés à cela les voitures de GT5 prologue plus celle de GTPSP et vous avez à peine une soixantaine de vraies nouvelles voitures, combinés à cela un nombre extrême de doublon (20  MX-5 , oui j’ai bien dit 20 !), et vous perdez cette impression de nouveauté. Là aussi où le problème est important, c’est que le jeu nous donne pas cette impression de richesse de voitures, les mêmes et surtout les « premiums » reviennent bien trop souvent. C’est le même syndrome avec les circuits, où certains sont répétés bien trop de fois et d’autres quasiment oubliés de toute la partie.

Autre sujet sensible, les dégâts sont inutiles au jeu en l’état. On a le droit à des déformations très douteuses, à des légères rayures même après des gros chocs, autrement dit là aussi il y a du boulot. En comparaison avec la concurrence, GT5 a une génération de retard.

Enfin le dernier gros manque reste la personnalisation des véhicules que se soit au niveau de la carrosserie avec des kits  typés course par exemple ou des vinyles pour l’aspect visuel, le jeu est très pauvre en la matière.

 

Au final, même si la licence s’essouffle un peu et que la concurrence tape à la porte, Gran Turismo 5 reste un jeu de course complet proposant un contenu dantesque avec une durée de vie dépassant la centaine d’heures de jeu. Gran Turismo fut pendant un moment la référence mais les nombreux défauts de ce soft vis-à-vis de ce que propose la concurrence fragilisent clairement sa position de leadership. Il faut néanmoins être optimiste, la concurrence pousse souvent les entreprises à se dépasser. Il faudra espérer que Polyphony Digital sache en tirer les leçons et nous proposer un hypothétique Gran Turismo 6 d’un autre calibre. Au vue du passé de la série, le second soft de chaque machine que ce soit la ps1 ou la ps2, a toujours supplanté le premier, en espérant que cela continue.

 

Ajouter à mes favoris Commenter (3)

Vos tests de Gran Turismo 5

tous les tests