Killzone 2 sur PlayStation 3, le test de Dimitri2401

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Dimitri2401
8
Dimitri2401 PS3

Killzone 2

E3 2005 : déboule sur les écrans du stand Sony une vidéo qui va en laisser beaucoup pantois. Nombreuses sont les rumeurs annonçant cette maestria visuelle comme étant en temps réel, créant un énorme buzz qui marquera bien des esprits.
Ce qui s'avérera finalement être un simple target render scellera une partie du destin de Killzone 2 : le jeu se devra d'être un étalon visuel. Lourde tâche pour Guerrilla Games qui, 4 ans plus tard, livre enfin son FPS...

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Killzone 2 est beau, très beau même. Certes pas au niveau des scènes précalculées qui auront fait couler tant d'encre, mais le titre de Guerilla est sans conteste l'un des plus beaux de la PlayStation 3.

Les sublimes et complexes décors du jeu trahissent l'attention portée par les développeurs : les textures sont, pour la plupart, fines et détaillées, et l'univers entier est bercé dans un flot d'effets postprocess du plus bel acabit. Les protagonistes ne sont pas non plus en reste : eux aussi très joliment modélisés et texturés, ils se voient dotés d'un système d'animation des plus convainquants.
Ce déluge visuel est, de surcroit, parfaitement digéré par la PlayStation 3 qui, en toute occasion, offre au joueur une fluidité exemplaire.

Killzone 2 est donc un délice pour les rétines, mais, au delà de l'aspect purement technique du titre, il faut aussi souligner sa direction artistique. Le joueur se retrouve plongé dans un monde post-apocalyptique d'une noirceur magnifique, où tout semble si exiguë, presque oppressant. Les contrastes sont violents, passant d'un noir profond à d'étourdissantes lumières, et le jeu tout entier nage dans une atmosphère particulière et bien maitrisée.

Toutefois, ces choix de design sans concession pourront déplaire à certains. Le FOV ridicule du jeu donne l'impression d'avancer avec des œillères, dans un environnement quasi-monochrome et parfois confus.

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Passons sur le scénario minimaliste, tenant largement sur une feuille de papier à cigarette et simple prétexte à la débauche de violence offerte par le jeu, pour aborder le gameplay.

Comme on pouvait s'y attendre, Killzone 2 est tout ce qu'il y a de plus classique. Mû du début à la fin par de bons gros scripts, le jeu n'aspire que très rarement à proposer une légère sensation de liberté. Finalement proche d'un Call of Duty dans son déroulement, le titre de Guerilla se place sur le créneau des FPS PopCorn, mais il le fait bien.

Brutal, violent et impressionnant, Killzone 2 en met plein la vue. Les scripts sont parfaitement huilés et placent le joueur au cœur d'une action explosive, maintenant le rythme tout au long de l'aventure. L'action va crescendo et ne laisse guère le temps de souffler.

Aussi scripté le jeu soit-il, l'IA des ennemis n'a pas été laissée de côté. Vos opposants vont tenter de vous encercler, de vous déloger à la grenade, et se révèlent être plutôt bons tireurs. Convaincante et coriace, l'IA améliore l'immersion et pousse à utiliser l'ingénieux système de couverture.
Ce dernier, adroitement inspiré par Gears of War, apparait comme un peu déroutant au départ mais se révèle véritablement essentiel. Il n'est certes pas toujours aisé de combiner toutes les possibilités des commandes avec la couverture, mais le système se veut efficace et rapidement on ne peut plus imaginer faire sans.

Killzone 2 n'est pourtant pas exempt d'étranges défauts de level design. Ce dernier se révèle parfois ancestral dans sa conception, nous propulsant en des temps oubliés... La profusion de barils explosifs sur le champ de bataille, aux côtés desquels vos ennemis vont s'abriter, ou le respawn infini de vos opposants en certains endroits, sont des exemples criants de la plus grande faiblesse du titre.

Le jouissif de certaines zones particulièrement bien pensées côtoie l'absurde et, même s'il reste agréable d'arpenter les décors du jeu, certains choix de level design resteront sans nul doute énigmatiques.

Conclusion

Attendu au tournant, Killzone 2 s'impose bien comme le gros titre PlayStation 3 qu'il se devait d'être. Sans surprise mais diablement efficace, visuellement brillant et terriblement accrocheur, le titre de Guerilla Games rempli avec brio son cahier des charges.

Porté par un budget de plus de 20 millions de dollars et un développement interminable, Killzone 2 ne déçoit pas et s'impose comme une production majeure sur la console de Sony.

Jeu à grand spectacle ultra linéaire d'un classicisme certain, ses seuls véritables défauts sont, sans doute, un level design peu inspiré et, peut-être, sa faible durée de vie, compensée toutefois par un mode multijoueur solide et plaisant, auquel il ne manque que la présence d'une campagne coop.

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