Killzone 2 sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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8
BlackLabel PS3

Les campeurs vont souffrir

Killzone 2 par rapport au 3, pour moi c'est un peu comme God of War par rapport au 2. L'un n'est pas meilleur que l'autre, ils ont des qualités et des défauts différents qui font que j'aime autant les deux, mais pas pour les mêmes raisons. D'ailleurs c'est un peu dommage que le 3 ne se soit pas contenté d'améliorer la formule.

Ça raconte quoi ?

On a droit comme dans les deux autres à une intro de toute beauté qui nous met dans le bain. Les humains vont envahir la planète Helghan pour mettre la main sur le dirigeant Visari, et évidemment ça ne se passera pas comme prévu. Le gros souci du scénario, et c'est pareil pour le 3, c'est que les Helghasts passent pour les gros méchants pas subtils. Emblème, couleurs et code vestimentaire rappelant les nazis, discours belliqueux, tout nous porte à croire qu'ils sont super méchants, tandis que nos gentils humains ont des couleurs neutres.

Il faudra faire un tour sur Internet pour découvrir que la situation est un peu plus compliquée, et même un peu plus intéressante. Mais dans le jeu, nous on fait la guerre, avec des objectifs très terre-à-terre comme dans n'importe quel FPS militaire. En portant attention, on se rend compte que le ton du scénario est en fait loin d'être con, mais le jeu souligne mal les enjeux qui dépassent nos personnages, là où le 3 a eu la bonne idée de nous faire pénétrer le haut-commandement Helghast. Donc même en faisant attention et en connaissant un peu le background, j'ai toujours l'impression que les humains sont gentils, les Helghasts super méchants, et j'avoue même ne pas savoir pourquoi on envahie cette planète.

J'ai préféré la narration du 3, et en même temps le 2 remet cela en question. Dans le 2, on joue à un jeu de guerre. Les personnages obéissent aux ordres, ce sont limite des anonymes, et même un peu trop, mais ça donne un vrai ton à l'ensemble. Dans le 3 ça devient du Die Hard militaire. Les personnages vraisemblables du 2 sont devenus des têtes brûlées qui désobéissent aux ordres et enchaînent les séquences de bravoure et de folie. Aucun des deux scénarios n'est en fait vraiment satisfaisant. Celui du 2 a des personnages trop en retrait, celui du 3 devient trop grandiloquent, avec des personnages qui perdent en crédibilité ce qu'ils gagnent en ridicule (le scénario du 3 m'a fait rire, mais maintenant je me demande si c'était voulu).

C'est beau ?

Techniquement c'est super solide, et c'est propre. Mais là encore je préfère le 3. Le gros problème du 2 à mes yeux, c'est que chaque lieu qu'on visite est dominé par une seule couleur qui étouffe les autres. Dans le désert pratiquement tout est orange. Les boutons sur une console, les interrupteurs, les bâches sur les caisses, etc. Orange. Dans un autre endroit, ce sera tout bleu. Je comprends quelle émotion cherche à faire passer le jeu, mais je ne la ressens pas. Je n'ai pris aucun plaisir à visiter les décors. Encore une fois, en portant attention, on remarque que c'est joliment pensé niveau direction artistique. Mais je ne ressentais pas l'appel de la découverte. Pourtant il y a des décors que j'aurais pu trouver géniaux, notamment lorsqu'on attaque un palais à la fin.

Comme pour le 3, on note également des freezes chaque fois que le jeu charge et c'est un peu chiant, mais rien de dommageable.

On s'amuse ?

C'est là où Killzone 2 est supérieur au 3. Personnellement j'avais détesté ma première partie sur le 2 car de base je suis le genre à rester au chaud derrière une planque. Jouer comme un campeur à Killzone 2, c'est la pire chose à faire, notamment vers la fin où y'a des respawns infinis. Killzone 2 devient agréable et même grisant quand on joue agressif, quand on cherche à arracher la position à l'ennemi, ce que souhaite et réclame le jeu, en nous récompensant lorsqu'on le fait, dans le sens où c'est vraiment exaltant de faire reculer les Helghasts.

Mais le gros avantage du 2 sur le 3, c'est son level-design. Dans le 3, même si on s'amuse, il est vraiment frontal. Dans le 2 on a de tout, des batailles où il faut tenir sa position, d'autres où il faut en arracher une. Des arènes à pacifier (donc buter tout le monde), des bâtiments avec pleins de petites pièces aux vitres sales et donc on ne voit pas grand-chose. Des combats longues distances, moyennes ou courtes distances. Des espaces ouverts, des couloirs étriqués. Dans le 3 on avance. Dans le 2 on fait un peu de tout, on avance, on recule, on tourne en rond.

Puis il y a de vrais gros morceaux ! Pas des trucs de mauviettes façon Uncharted avec des décors qui explosent et nous on fait un pauvre QTE pour s'en sortir intact, pas de rail-shooting scripté jusqu'à la moelle comme dans Killzone 3 (même si on a une phase de shoot plate, longue et chiante vers la fin), mais des gros morceaux où on va souffrir façon Motorstorm ! Défendre la place Visari, ou encore accéder au palais à la fin, autant de passages où on a envie de crier des "Ouais !" gutturaux quand on joue pour de vrai... et qui m'ont fait soupirer à ma première partie quand je jouais comme un petit campeur mesquin :"Puff c'est trop nul ce jeu !" Non, ce n'est pas le jeu qui est nul, c'est toi le nul, bleu-bite ! Après j'ai joué à Modern Warfare 2, et là j'ai compris ce que c'était, un jeu vraiment nul. Bref...

Je n'aime pas la visée fournie par le jeu. Pour faire réaliste, elle glisse un peu par rapport à l'endroit où vous souhaitez viser. Quelques millimètres qui à courte distance ne changent rien, mais de loin ce sont les millimètres qui suffisent à tirer à côté. J'ai trouvé ça un peu idiot de nous rendre la tâche difficile dans le sens où le FPS est de base un genre plus adapté au duo clavier/souris, mais on peut télécharger un patch qui va remédier au problème (pour ceux qui considèrent que c'en est un, évidemment). Le système de couverture est plutôt inconfortable car il faut maintenir la touche enfoncée (alors que dans le multijoueurs on nous propose une option permettant de juste appuyer...), mais si on joue agressif, on trouvera toujours des abris suffisamment grands pour se cacher debout, si ce n'est à de rares moments où il faudra faire de la gymnastique de doigts.

Escarmouche

Comme pour le 3, c'est le mode mono-multijoueurs offline qui m'a fait pencher vers le 4 étoiles plutôt que le 3. Le jeu offre une expérience complète même hors ligne avec des bots pour alliés et ennemis, et même si c'est largement moins rigolo tout seul, la proposition est à louer sur cette gen où les multijoueurs pullulent mais auxquels on a accès seulement avec Internet.

Ma première partie de Killzone 2 a été lourdingue. Un système de couverture très inconfortable pour le campeur que j'étais, des décors monochromes qui ne me donnaient pas envie de continuer. Mais la bruitalité guerrière de Killzone a fait de moi un guerrier !... virtuel.

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