Ghost Trick : Détective Fantôme sur DS, le test de Atticus

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Atticus
8
Atticus DS

Chronique D'une Mort Annoncée

Shu Takumi, le créateur japonais de jeux vidéo, sait y faire lorsqu’il s’agit d’originalité. Rappelez-vous : cette même personne avait initié la série des Phoenix Wright sur Nintendo DS en 2006, un mélange d’enquêtes en point & click et d’aventures dans laquelle les dialogues sont primordiaux. Le succès ne se fit pas attendre. Fort de cette réussite, plusieurs volets virent le jour, tous dans la lignée du premier. Aujourd’hui, alors que sa première franchise s’essouffle, Shu Takumi nous revient avec le fils spirituel de Phoenix Wright dans l’ovni vidéoludique qu’est Ghost Trick sur Nintendo DS. Alors, retour réussi ou essai de trop ?

 

C’est une introduction pour le moins hors du commun que nous offre le soft de Capcom. En effet, vous revenez à vous après être resté quelques temps inconscient, vous ouvrez les yeux et un cadavre git sur le bitume. Sauf que ce cadavre, c’est le vôtre ! Et oui ! Vous êtes mort, vous n’avez même pas joué cinq minutes que vous avez déjà passé l’arme à gauche… De plus, votre corps repose en plein milieu d’une décharge…pas très classe. En réalité, ce postulat, en dépit du bon sens, est le début de tout. Histoire de ne pas commencer seul dans cet autre monde, une lampe de bureau (oui je sais) vient à vous pour offrir quelques explications, non pas sur votre mort, mais sur ce que vous pouvez désormais faire. Car maintenant, vous avez des pouvoirs : vous pouvez prendre possession d’objets, passer de l’un à l’autre (sur une distance raisonnable) et vous déplacer à travers les câbles téléphoniques. Mais avant tout, vous vous demandez surement pourquoi vous êtes mort ? Qui vous a assassiné ? Pourquoi avez-vous perdu la mémoire ? Malheureusement, cette lampe n’en sait rien et vous informe simplement que vous n’avez que la nuit pour répondre à cette question puisqu’à l’aube, vous ne serez plus. A partir de maintenant, vous êtes un fantôme, à la recherche de réponses.

 

Dans Ghost Trick, ce « vous » est le fantôme que le joueur incarne : un homme en costume rouge, arborant une coupe de cheveux improbable. Là où vous avez trouvé la mort se trouve également une jeune femme qui semble détenir certaines réponses mais le hic, c’est qu’elle est menacée de mort. Vous allez donc découvrir l’un de vos nouveaux pouvoirs : lorsque quelqu’un meurt, vous pouvez revenir quatre minutes avant cet évènement pour tenter de le sauver avec les moyens du bord. C’est bien là tout l’enjeu de Ghost Trick puisque les personnages qui semblent détenir les clés de l’énigme se mettent toujours en situation délicate et les sauvetages s’avèreront nombreux. Le scénario est donc profond, original et intéressant. Il tient une place centrale du début à la fin du soft et sait ne pas se faire oublier. En effet, celui-ci offre à chaque chapitre des rebondissements étonnants, rarement prévisibles et ne connait aucun moment de creux. Du coup, tout s’enchaine bien et le dénouement, bien que légèrement tiré par les cheveux, est totalement innattendu.

 

Voici les seules informations dont vous disposez pour commencer à répondre aux questions, à mener votre enquête. Le gameplay de ce jeu DS est original et à le mérite de présenter une certaine fraîcheur. Comme vous l’aurez sans-doute compris, l’objectif du jeu est de résoudre vos propres énigmes sauf que, un malheur n’arrivant jamais seul, chaque réponse entrainera d’autres questions. Pour vous déplacer dans Ghost Trick, vous dépendez des objets présents autour de vous : en tant que fantôme, vous prenez possession de l’un d’eux et essayez de passer à un autre à portée. Pour ce faire, il suffit de passer en mode « fantôme » (où le monde est en rouge et bleu) dans lequel les objets contrôlables apparaissent en tant que noyaux. Autrement dit, vous n’avez aucune liberté de mouvement et vous êtes contraint de suivre le chemin que Capcom a mis à disposition. Toutefois, ces objets ne sont pas uniquement des points de passages : certains peuvent être utilisés pour jouer des « tours ». Par exemple, vous pouvez faire rouler un chariot, éteindre une lampe, lever une barrière, et bien d’autres choses encore. Etant donné que vôtre tâche principale consiste à éviter la mort des personnages susceptibles de vous aider, c’est avec tous ces objets que vous devrez résoudre les situations rocambolesques de Ghost Trick. Vous ferez donc face à des espèces d’énigmes que vous devrez résoudre à l’aide des objets alentours. La plupart du temps, étant revenu quatre minutes en arrière, vous jouez contre la montre pour éviter la mort d’un personnage, néanmoins, il n’y aucune limite en ce qui concerne l’utilisation de votre pouvoir temporel, aussi, il vous est possible de recommencer à souhait toute séquence inachevée.  Bien sur, pour changer de lieu, c’est par les lignes téléphoniques que notre fantôme passera en découvrant au fur et à mesure du jeu des numéros menant à des endroits divers et variés. Le gameplay est donc original, amusant et on prend plaisir à explorer cette nouvelle forme de déplacement et à résoudre des situations catastrophiques. Les énigmes sont bien construites car bien qu’elles ne posent aucun problème, elles demandent parfois un timing impeccable et une logique rapide.

 

En proportion, ces phases de jeu sont très peu présentes puisqu’en tant que jeu d’enquête, les dialogues tiennent une place essentielle. En effet, c’est au travers de discussions avec différents personnages que vous allez pouvoir trouver des réponses et ainsi, avancer dans le scénario. Ne vous attendez donc pas à jouer des tours à tout va, c’est le scénario qui tient le rôle principal. En plus, des dialogues, vous assistez à de nombreuses scènes pour comprendre la façon dont un personnage est mort (et ainsi y trouver une parade), vous remontez le temps pour rejouer la scène,… Autrement dit, le jeu est empreint d’une certaine lenteur qui pèse sur le gameplay à force de revivre les mêmes moments. Les dialogues participent également à cette impression puisqu’ils sont particulièrement lents, ne peuvent être passés qu’une fois les avoir déjà lus une fois, et ne sont pas toujours utiles. Pourtant, ceux-ci sont bien écrits, avec humour la plupart du temps et on prend plaisir à discuter avec certains personnages. Et des personnages, il y en a dans Ghost Trick, ils représentent un point fort de la création de Capcom. En effet, chacun d’eux est original, travaillé et possède un propre style. Aussi passerez-vous d’un détective dansant à la Michael Jackson, d’un petit chien parfois plus malin que vous, d’une jeune policière dont la mort devient régulière…

 

 

Graphiquement, on retrouve la patte graphique qui caractérisait la série des Phoenix Wright. Les personnages sont visuellement farfelus, irréalistes mais particulièrement bien réussis. La palette de couleurs est utilisée au maximum et les lieux possèdent tous leur propre atmosphère. Le seul reproche graphique que l’on peut faire à Ghost Trick concerne l’avalanche de détails. Les créateurs n’ont pas lésiné sur ces derniers, ce qui donne à maintes reprises des décors trop riches, trop fouillés même si dans l’ensemble, cette initiative graphique reste cohérente et ne nuit en aucun cas à l’expérience de jeu. La durée de vie est quant à elle très bonne : composé de 18 chapitres, Ghost Trick vous offre une aventure d’environ vingt heures. Cette estimation varie bien entendu selon votre propre capacité à résoudre les énigmes et à venir à bout des situations rencontrées tout au long du soft.  La bande son de Ghost Trick n’est ni dramatique, ni excellent : les musiques s’accordent bien aux situations mais souffrent d’une répétitivité à la fois dans le style, mais aussi dans la fréquence à laquelle on les retrouve. Vous ne trouverez aucun doublage puisque les dialogues sont uniquement lisibles.

 

L’impression finale ?

Ghost Trick se place dans la lignée de son ainé Phoenix Wright : on y retrouve un certain nombre de similitudes mais le premier sait se démarquer par un gameplay différent et un rendu visuel caractéristique de ce soft de Capcom. Le scénario propose une aventure originale qui saura vous garder en haleine jusqu’au dénouement final par le biais de rebondissements perpétuels. Le gameplay peut bien entendu s’avérer redondant à certains moments mais la poursuite de l’histoire saura vous faire passer outre cet aspect négatif. En bref, Ghost Trick est un excellent jeu Nintendo DS, peu commun qui saura séduire un certain public et piquer de curiosité les autres. Si c’est le jeu pur qui vous intéresse, passez votre chemin. Si un scénario bien ficelé vous attire, n’hésitez plus.

 

 

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