Grand Theft Auto : Episodes from Liberty City sur Xbox 360, le test de BlackLabel

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Au moins on s'amuse

Non, je n'ai pas de Xbox 360, mais comme je ne trouve pas le DLC du PSN sur le site, et que j'ai déjà écrit un test de The Lost and The Damned à partir de la version boîte de la PS3, voilà que je dois faire un petit écart pour parler de The Ballad of Gay Tony.

The Ballad of Gay Tony représente je pense ce qu'on peut attendre de mieux de la part de Rockstar, un jeu très poussé dans le détail au niveau graphique qui va permettre au gameplay des plaisirs visuels et ludiques qu'on ne trouve pas ailleurs, mais aussi une aventure qui sent le gâchis à plein nez.

Une histoire décevante

Le problème du scénario de Gay Tony, ce n'est pas qu'il soit puéril, incohérent et invraisemblable. Cela, on y est habitué dans les jeux vidéo. Le problème c'est que contrairement à bien des jeux, et un peu comme tous les titres Rockstar, Gay Tony a un potentiel sur lequel Dan Houser va pisser avec sa condescendance habituelle, des thèmes forts qui vont s'évanouir, et des personnages réussis visuellement qui n'évoluent pas, en plus de devenir vite insupportables.

Gay Tony, ça aurait pu raconter quoi ? C'est l'histoire de Gay Tony, un homme d'affaires dont la réussite professionnelle est égale à ses échecs sentimentaux. Ils possèdent les deux boîtes de nuit les plus populaires de la ville, mais d'un autre côté il entretient une relation destructrice avec un homme plus jeune qui profite de lui, et essaye de mener la vie de ses 20 ans quand il a bien entamé ses quarante, ce qui lui ruine la santé.

Mais dans le jeu Rockstar, tout ça est secondaire, en arrière-plan, vite expédié aux oubliettes. Dans ce jeu, Gay Tony c'est surtout un type qui est capable de flinguer des gangsters, poser des bombes, participer à des trafics en tout genre, et surtout ne jamais, jamais la fermer, débitant des tonnes de dialogues inutiles et pénibles.

Nous on joue Luis Lopez, potentiellement tout aussi intéressant. Il vient de la banlieue, travaille pour Gay Tony car il a une mentalité suffisamment ouverte lui permettant de s'extirper de son milieu, tout en restant un sale connard macho qui use des femmes comme des kleenex. Malheureusement pour lui sa réussite sociale est en partie entravée par des copains qui le tirent par le bas, tout comme sa mère.

Dans le jeu ? Luis parvient très bien à être garde du corps pour Gay Tony, tout en participant en parallèle à des trafics de drogues avec ses vieux potes, et si on se coltine les surveillances chiantes des boîtes de nuit on pourra le voir régulièrement troncher la gérante dans des scènes d'une vulgarité dont Rockstar a le secret.

Gay Tony, tout comme les autres productions Rockstar, c'est potentiellement ce qu'on trouve de mieux et de plus ambitieux dans le scénario de jeu vidéo, et dans les faits ce qu'il y a de pire, de plus puéril, immature, vulgaire et invraisemblable.

Au moins on s'amuse

Mais c'est amusant, car contrairement à Grand Theft Auto 4, les missions ne sont plus scriptées et dirigistes. Et c'est là où s'exprime le meilleur de Rockstar, quand les héros la bouclent, arrêtent de gesticuler comme des débiles, et qu'on se balade dans des décors fouillés et interactifs. Tirer sur un passant dans la rue, et ses réactions aux impacts différent selon qu'il est debout et immobile, ou en train de fuir. Les véhicules se détériorent de manière poussée, et cela influe sur la conduite.

Oui, la caméra est chiante et il faut toujours la contrôler, oui les gunfights ont un répondant particulier, les armes ne tirent pas toujours comme on le voudrait, mais la façon dont réagit l'univers, les personnages aux impacts, les véhicules aux accidents, sachant que percuter une voiture avec une autre voiture sera très différent que si on la percute avec un bus, tout ça offre pour moi une expérience de jeu bien supérieure que le confort et l'intuitivité d'un Uncharted.

J'apprécie aussi que le héros ne réponde pas au doigt et à l'oeil ; il faut s'habituer à son rythme à lui, sa lourdeur. Je trouve grisant de conduire les véhicules. Oui on finit par s'en lasser à la longue et on prendra des taxis. Sauf que dans Sleeping Dogs et sa conduite arcade, j'ai pris des taxis dès le début de l'aventure car la conduite n'offrait aucune sensation. C'est typiquement le jeu que je relance à l'occasion même si c'est juste pour provoquer des courses-poursuites avec la police, parce que voir tout cet univers interragir à la fois pour lui-même, et en réaction à mes bêtises, je trouve que ça a quelque chose de fascinant. Infiniment plus immersif que des choix de dialogues ou moraux, une vue FPS.

Et ici on a une bonne marge de manoeuvre pour réaliser la plupart des missions, beaucoup étant par ailleurs calibrées pour qu'on fasse le con, comme lorsqu'on devra voler un char d'assaut du FBI et fuir avec à travers la ville, défonçant les bagnoles de police avec une force de frappe prodigieuse. The Ballad of Gay Tony pulvérise les prétentions de Saints Rows au titre de l'open-world le plus fun. C'était déjà le cas de Grand Theft auto 4 sur les missions annexes.

Car Rockstar, si ce studio a une qualité, c'est d'allouer le budget aux bons endroits, dans les détails plutôt que le superflu, dans l'introduction de nouveaux systèmes plutôt que dans l'automatisation de scènes spectaculaires inutiles. Pris en exemple par toute cette gen, s'il y avait un vrai game-designer pour rendre tout ça cohérent, plus des scénaristes, Rockstar permettrait au jeu vidéo occidental actuel de sortir de sa bêtise crasse, plutôt que de l'y enfoncer.

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