Commandos : Derrière les lignes ennemies sur PC, le test de Riffo

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Riffo
9
Riffo PC

"Aie, ca fait mal!" (aux neurones)

Sorti il y a de ça maintenant 12 ans, le premier bébé des développeurs de Pyro Studio fut un véritable succès avec plus de 5 millions d’'unités vendues et faisait souffler un vent nouveau dans les jeux de stratégie en temps réel. Placé à la tête de 6 valeureux soldats, votre mission, si vous l’'acceptez, est d'’infiltrer les territoires nazis afin de remplir des objectifs divers et variés… Mais attention ! Contrairement à bon nombre de jeux se déroulant dans la période 39-45 (FPS majoritairement), Commandos ne fait pas la part belle à l'héroïsme. Vos neurones seront mis à rude épreuve et les premières missions (difficiles) ne seront que le début de votre calvaire. La guerre ne se gagne pas, elle se mérite…

Comparé aux RTS standards de l’'époque, Commandos ne propose pas la gestion de gigantesques armées pour la conquête musclée de territoires. Plongé en pleine Seconde Guerre mondiale, vous n’aurez comme arme que votre esprit ainsi qu'’une poignée des meilleurs hommes. La volonté des développeurs de faire un jeu réaliste est ici bien ressentie. Chaque ennemi tué sans alerter la cavalerie est ainsi une véritable victoire. Après quelques tentatives sanglantes, vous comprendrez la véritable valeur de chacun de vos soldats ainsi que l’'importance d’'évoluer avec la plus grande précaution tout au long des 20 missions du jeu.

Côté personnages, vous aurez l’'embarras du choix. Bien qu'’en nombre réduit, vos hommes disposent d’'aptitudes particulières qui font de chacun, un élément essentiel. Le béret vert peut par exemple escalader les murs, masquer un corps ou utiliser des armes blanches. L'’artificier lance des grenades, pose des explosifs alors que le plongeur peut aller sous l’eau ou se servir de bateaux. Mention spéciale pour l’'espion qui, muni d’'un uniforme emprunté sur le corps d’'un soldat, peut s'infiltrer au cœoeur des bataillons allemands. Enfin, un sniper et un mécano (aussi infirmier) rejoignent le rang.

Se plaçant d’'emblée comme un jeu ultra réaliste, Commandos est découpé de façon classique en 20 missions n’'ayant chacune que peu de liens de parenté. Chaque début de mission étant précédé d’'un briefing qui vous informe sur vos objectifs et vous alerte sur les différents dangers auxquels vous pourriez être confronté (snipers, sentinelles…). Plongé au cœoeur d’'une guerre mondiale, Pyro Studio en profite pour nous faire voir du pays. Entre la Norvège, l’'Afrique du Nord et les côtes Normandes, vous participerez à toutes les grandes avancées des troupes Alliées et ceci dans des décors fichtrement bien modélisés. Ayant poussé le souci du détail à son paroxysme, Commandos jouit d’'une qualité graphique indéniable, que ce soit au niveau des bâtiments (d’'époque), de la végétation, des sols, ou de la gestion de l’'eau. Nous pourrions pester contre une camera rigide mais il est possible de zoomer et les environnements sont faits de telle manière que l’on oublie vite ce détail mineur. Enfin, les animations sont quant à elles fidèles et réalistes. Notons par exemple les quelques dixièmes de secondes que la balle du sniper met pour atteindre sa cible ou le temps nécessaire au béret vert pour se dissimuler sous terre.

En termes de jouabilité, Commandos fait figure de parfait petit soldat. Bien que difficile à prendre en main durant les premières heures de jeu, les actions et la navigation dans les menus deviennent vite intuitives. A l’'écran, vous avez accès à tout un panel d’'outils fort utiles afin d’établir votre propre stratégie. Outre une carte marquant les soldats et objectifs, certaines applications sont les bienvenues. C'est notamment le cas de l’outil "œoeil" qui permet d’'afficher le champ de vision ennemi, du changement direct de personnage qui s'opère d’'un simple clic quel que soit son emplacement sur la carte ou encore de la possibilité de diviser l’écran jusqu’à 6 fois afin d’'observer les moindres recoins de la carte.

Mais s'il y a bien un domaine dans lequel « Commandos » excelle, c’'est au niveau du gameplay. C’est bien simple, aucun jeu d’action tactique n’'avait jusque-là présenté une IA aussi travaillée. Réquisitionnées pour vous mener la vie dure, les troupes allemandes sont organisées et loin d’être stupides. Isolé ou en groupe, chaque soldat est capable d'’entendre vos bruits, repérer vos traces dans la neige et prendre l’'initiative de suivre cette piste. Compte tenu de la difficulté, il est parfois nécessaire de recommencer plusieurs fois la même action. Cela aurait pu engendrer une certaine monotonie mais à chaque fois, l’'ennemi réagit de façon différente, ce qui crée de nombreuses surprises et rebondissements. Parti pour éliminer une sentinelle isolée, vous pouvez vite vous retrouver sous les feux ennemis ce qui, de façon surprenante, va libérer le champ d’'action d'’un autre de vos hommes. Les premières missions paraissaient scriptées, camouflant juste un unique couloir vers l’'objectif, mais c’'est après plusieurs heures de jeu que l’'on se rend compte de la liberté d’'action offerte par les différentes cartes. "Tous les chemins mènent aux bases allemandes" pourrait-on dire…... Passer par l’'entrée principale, au travers des barbelés, en escaladant un mur ou en faisant diversion avec de la dynamite… Les possibilités sont telles qu’'il devient vite grisant de contrôler ses soldats selon son bon vouloir, tel un grand général de guerre.

Inutile de se le cacher, Commandos fait partie des meilleurs jeux de stratégie en temps réel, proposant une vraie alternative aux RTS "classiques". Jouissant de qualités indéniables comme des graphismes superbes, une jouabilité aux petits oignons ou un challenge relevé, certains petits défauts viennent gâcher la fête. Notons par exemple l’'ambiance sonore qui peut vite lasser. Les briefings, voix off ou bruitages, bien que réalistes, deviennent redondants. Le "c’'est comme si c’était fait" du béret vert étant l’'un des plus irritants. Enfin, bien que l’'IA soit l’'une des qualités majeures du soft, certains risquent de rapidement déposer les armes. Mais les rares "gradés" qui termineront l’'aventure pourront être fiers d’avoir joué à ce qui reste, encore aujourd’hui, l'’une des pierres angulaires du jeu de stratégie sur PC.

 

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