Resident Evil 6 sur Xbox 360, le test de Peav'

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Peav'
9
Peav' X360

Le Roi est mort ? Vive le Roi !

(article paru in Mad Movies 257 - Novembre 2012)

Rarement un titre aussi attendu que Resident Evil 6 n’'aura subi un tel pogrom, non seulement de la part d'’une certaine presse spécialisée (qui aime à briser ses anciennes idoles pour faire le buzz), que d'’une communauté de fans versatiles prompts à en flinguer la réputation sur la base de ce qu'’il n’est pas (à l'’heure actuelle, le jeu récolte la faramineuse note de 0,9/10 sur Metacritic). Pourtant, force est de constater que Resident Evil 6 se situe dans le prolongement logique d’un virage déjà amorcé il y a presque dix ans avec Resident Evil 4, toujours considéré, à raison, comme le mètre-étalon de la série.

Un tel déferlement de haine suspecte ne pouvait dès lors qu'’aboutir à une heureuse conclusion : oui, en réalité, ce sixième épisode canonique incarne bien l'’éclatante démonstration du studio Capcom au sommet de son art, qui touche du doigt ses limites naturelles autant qu’'il est capable d'’irriguer d’une exigence peu commune un blockbuster moderne apte à capter le maximum de joueurs. Un délicat numéro d’'équilibriste orchestré par Hiroyubi Kobayashi (déjà producteur du monstrueux Dragon'’s Dogma) et qui s'’ouvre paradoxalement sur une courte introduction qui nous ramène de plein fouet dans les affres du gameplay assisté. Est-ce une manière de séduire rapidement le public international désormais biberonné aux Uncharted et Assassin’s Creed, tout aussi intéressants soient-ils ? Difficile à dire, si ce n’'est que cette entrée en la matière plutôt fadasse cède bien vite sa place au contenu gargantuesque du jeu.

Trois campagnes distinctes qui se déroulent en simultanée (plus une quatrième cachée) dans lesquelles il est possible d’'incarner deux personnages différents (en solo comme en coopératif), en sus du classique mode Mercenaries et d'’une nouveauté sympathique, qui offre la possibilité d'’incarner un zombie afin d'’envahir directement la partie d'’un autre joueur ! Soit, une trentaine d’'heures de jeu si l’'on s’'en tient au seul mode histoire, d'’autant plus que Capcom a ostensiblement cherché à contenter tout le monde en confectionnant une atmosphère de fin du monde spécifique à chaque campagne, architecturées autour d’'intrigues inter-pénètrées (avec un point de vue propre à chacun des sept protagonistes !) et remplies jusqu'’à la gueule de situations over the top. Ainsi, les nostalgiques en quête de sensations et d’'un feeling à l’ancienne seront véritablement aux anges en se lançant dans l'’aventure avec Leon, tandis que les plus bourrins opteront plutôt pour une approche davantage frontale du genre avec Chris ou Jake (le fils de Wesker, qui signe pour son introduction l'’un des meilleurs ajouts à la mythologie de la série). En clair, trois styles de jeu pour le prix d’'un, dont le nombre de configurations possibles dans le réglage des options est d’'ailleurs assez révélateur de cet état de fait.

Mais comme de coutume, Capcom exprime réellement son savoir faire historique en restructurant le gameplay, ce dernier arguant d’'une profondeur d’apprentissage encore une fois très relevée. En effet, si les premiers pas sont maladroits tandis que l'’on jongle quelque peu difficilement entre les multiples animations contextuelles liées aux finish moves, stealth kills et autres joyeusetés scriptées, la force de l’'habitude couplée à une meilleure connaissance du terrain prennent très rapidement le relais. Une combinaison qui ouvre dès lors des perspectives de scoring inédites s’'épanouissant au sein d’'une fluidité renouvellée de l’'action, ce qui achève d’'inscrire ce sixième épisode comme le digne successeur japonais de l’'esprit arcade de ses ainés.

Et si des limitations techniques se font régulièrement sentir à l’'aune de l’ambition artistique décadente du titre (le bestiaire est incroyablement varié et ignoble - dans le bon sens du terme -, les environnements et les décors abondent, les scènes de destruction massive s’'enchaînent), elles n'’interfèrent aucunement dans la trajectoire cinégénique et rectiligne que vise Resident Evil 6, celle d’une caméra ample et sauvage à l’'efficacité narrative qui en laissera plus d’'un sur le carreau. Resident Evil est mort ? Vive Resident Evil !

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