Yakuza 4 sur PlayStation 3, le test de Pedrof

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Pedrof
8
Pedrof PS3

En route pour le GOTY 2011

80 heures de jeu. Une partie terminée à 78% en difficulté HARD. Un regard sur internet pour le dernier ami de Shun Akiyama et un goût amer dans la bouche en complétant de cette manière le challenge correspondant. Des émotions tout au long de l'aventure et un combat final dantesque. Tout ça, c'est mon expérience de Yakuza 4, une expérience que j'ai dans l'ensemble très appréciée.

Parlons de l'histoire principale. Je l'ai trouvé plus intéressante et mieux menée que celle de Yakuza 3. Il y a quatre actes et un final. Le début du deuxième acte est plein d'action, ça ralentit jusqu'à la moitié de l'acte trois et puis ça se relance et ça ne s'arrête plus jusqu'à la fin !

L'introduction de nouveaux personnages apporte beaucoup, on n'incarne pas seulement ce dieu vivant de Kazuma Kiryu mais aussi des hommes un peu plus proches de nous. Qui sont super forts à la baston, ça ça change pas, mais moins "accomplis" que Kiryu, ça fait du bien. Kiryu n'avait tellement aucun problème qu'il était franchement ennuyeux !

Il m'a semblé que pour ce quatrième épisode les "pauses" dans l'aventure, ces ouvertures qui permettent de s'adonner aux activités annexes, étaient mieux intégrées dans l'histoire. Je n'ai pas relevé de grosse incohérence du style "mon personnage est censé sauver la vie de quelqu'un qui va se faire assassiner dans la minute mais je passe des heures au club Sega compléter mon tableau de challenges". Il m'a semblé que ces moments de "liberté" arrivaient à des moments où justement dans l'histoire notre personnage avait du temps pour lui. Bon point.

Malheureusement l'histoire souffre dans la première moitié de l'aventure de baisses de régime, des moments où l'histoire est étirée dans une direction pour présenter au joueur un challenge annexe. Il se passe des trucs pas très intéressants qui semblent juste être là pour nous dire "eh, à cet endroit tu vas pouvoir aider un vieil homme à creuser un trou" ou encore "regarde comme c'est trop cool notre système de gestion d'hôtesses". Mais passé un temps (comme je le disais plus haut, au cours de l'acte trois) finies les conneries et l'histoire reste concentrée jusqu'à la fin sur les enjeux de nos héros.

Dans le même registre, l'histoire semble parfois ralentir juste pour ménager des phases "libres" au joueur.

L'histoire n'est parfois pas très réaliste : d'abord avec ses personnages invincibles et ensuite plus généralement par son irrespect des lois physiques et biologiques qui régissent notre monde.

Je signale le tout dernier combat que j'ai trouvé proprement épique. J'en ai grave chié et j'étais trop content quand j'y suis enfin arrivé ! J'ai dû recommencer pas mal de fois. Il aurait certes fallu que je me trimballe avec des équipements et des objets (je suis arrivé nu comme un ver) mais alors ça aurait vraiment été moins intéressant. J'ai dû exploiter à fond les possibilités de mon personnage (je ne vous dis pas qui bien sûr) et gérer plutôt pas mal ! Et puis la séquence de fin est super, assez sobre, avec un générique qui pète grâce à sa classe et la musique qui l'accompagne.

Malgré les défauts que je lui trouve, j'ai passé un très bon moment avec l'histoire de Yakuza 4. C'est assurément ce qui me fait mettre au jeu son appréciation.

Parlons des histoire secondaires. Je les qualifierais de rarement inintéressantes car ce sont toujours de petites histoires mettant en scène les personnages principaux, on les voit ainsi se confronter à d'autres situations que celle de la trame principale. Mais je les qualifierais aussi de jamais passionnantes, jamais aussi intéressantes que l'histoire principale : pas doublées, pas soutenues par des cinématiques (à quelques exceptions près), elles consistent en d'incessants aller-retours dans la ville (bof), sont conclues par un combat (cool) et reposent sur des enjeux narratifs souvent plats. Malgré ça ce qu'elles font ressortir chez les personnages, ce qui les interpelle, comment ils réagissent à telle situation, a toujours de l'intérêt et aurait mérité à mon sens d'être intégré à la trame principale. Ces petites histoires explorent des facettes de nos personnages pas forcément mises en évidence par l'histoire principale.

Leur intérêt pour moi reste bien inférieur à celui de l'histoire principale. Je crois que celles que j'ai faites, je les ai faites pour rendre mon personnage plus fort afin de le préparer aux dangers à venir (on gagne de l'expérience) et aussi par envie de "toutes" les faire, l'appétit du 100%. Malgré cet appétit je me suis bel et bien arrêté avant d'avoir conclu toutes celles de Kiryu, alors qu'il avait déjà atteint le niveau max.

Parlons des challenges. Yakuza 4, ce n'est pas qu'une histoire principale et des histoires secondaires, c'est aussi une ribambelle de challenges annexes. En vrac : collecte de clés de casier disséminées dans toute la ville, manger tous les plats de tous les restaurants, démanteler tous les gangs de la ville, aider une inspectrice chinoise à retrouver l'assassin de sa famille... J'en passe. Tous ces challenges sont bien rangés dans un tableau du menu et on peut voir à tout moment sa progression dans chacun d'entre eux, avec à la clé une petite couronne et une police rouge pour le challenge terminé.

Je ne résiste que difficilement à ce dispositif mais j'ai tout de même mes limites. J'ai mangé tous les plats de tous les restaurants, j'ai trouvé toutes les clés de casier (très facile dans cet épisode grâce au nouveau radar à clés) et j'ai complété tous les challenges reposant sur de la narration (l'inspectrice chinoise notamment). A côté de ça, je n'ai pas fait le challenge HOSTESS MAKER, ni le FIGHTER MAKER, ni tous les challenges des mini-jeux (il y en a des dizaines), parce que ça ne m'intéressait pas du tout. A savoir que certains challenges permettent d'obtenir expérience, argent et objets. A la carotte de la couronne et de la police rouge, s'ajoute ainsi la supposée nécessité d'augmenter la puissance de son personnage. C'était addictif - je ne dis ça ni en bien ni en mal.

Il faut préciser que le système de jeu n'a jamais été aussi clair. Tout est expliqué, par exemple j'ai enfin calculé l'utilité de l'informateur qui traîne dans les rues de la ville (enfin ici il traîne dans un bar). Il nous indique où trouver les histoires secondaires, ben ça par exemple je ne l'avais jamais compris dans la série.

Parlons des combats. Je les ai trouvé plus simples que dans le trois. A part la baston finale aucun affrontement ne m'a donné du fil à retordre. Comparé à certains ennemis de l'INNER FIGHTER 7 de Yakuza 3, ceux du 4 sont de la rigolade. Et aucun ennemi ne s'est montré aussi retors que certains tueurs à gage de la quête éponyme de Yakuza 3.

Quatre personnages et aussi quatre systèmes de combat. Là où dans Yakuza 3 on peaufinait du début à la fin un seul et unique style, ici on en a quatre. Les combats sont un peu plus superficiels. Plus bourrins, moins techniques. Ça ne m'a tout de même pas gâché l'expérience.

En conclusion : Yakuza 4, j'ai kiffé. Définitivement pas fan de toute la partie annexe (histoires secondaires + challenges) qui engloutit mon temps libre, développe en moi une addiction (je peux y jouer autant d'heures que je veux je ne serai jamais repu) même si je ne peux nier qu'elle participe à faire exister les personnages. L'histoire principale m'a plus satisfait que celle du troisième opus, la technique du jeu s'est affinée avec notamment moins d'aliasing. Je dois quand même dire que toutes les annexes contribuent à planter le décor, et l'histoire en profite. Une histoire qui m'a fait passer, je le répète, un très bon moment.

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