Mass Effect 3 sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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This is the end...

Au début Mass Effect 3 m'a fait forte impression par rapport au 2, je voulais le noter 4 mais plus j'avançais, plus j'ai pris conscience de plein de faiblesses du jeu, et la fin m'a beaucoup déçu. La faiblesse ou disons la fainéantise du titre a pris un autre visage que celui du 2.

La fin de Mass Effect 3

Personnellement j'ai beaucoup aimé la toute fin de Mass Effect 3, pourtant j'ai dit qu'elle m'avait déçu. En réalité, pour être plus précis, c'est dans le gameplay que ça m'a déçu. Dans Mass effect 2 la dernière mission m'avait plu, on sentait qu'on n'avait pas recruté un commando pour rien, et même si son utilisation était surtout narrative, et artificielle d'un point de vue de gameplay, j'ai trouvé que ça fonctionnait et ça donnait un petit goût supplémentaire aux gunfights. De plus ce qu'on avait fait dans le jeu avait un impact. J'ai tout bien fait pour que mes coéquipiers ne meurent pas, mais j'ai perdu l'équipage (les gars à faces de PNJ), ce qui veut dire que si je recommence le jeu, je peux finir autrement.

Dans Mass Effect 3 j'ai l'impression que tout ce que j'ai fait ne sert à rien. On a une barre grise qui représente les forces à recruter, et une barre verte qui surligne cette barre grise pour nous montrer où on en est du recrutement. Arrivé au quart environ, on a le minimum pour finir le jeu, moi je l'ai remplie jusqu'au bout, et j'ai l'impression que ce n'était pas utile de siphonner l'univers à la recherche de renforts, que ça ne change rien à la façon dont ça se déroule. La fin est nulle, bête et assommante. Pour finir en feux d'artifices, globalement on se mange des gunfights interminables et pénibles, avec à la toute fin une overdose de mini-boss chiants qui arrivent par paquets de six. Ça n'en finit plus, et l'impossibilité de sauvegarder entre les vagues d'ennemis fait que si on échoue, on va probablement faire une crise de nerfs.

De ce point de vue-là, oui la fin est super décevante, ça n'a aucune ampleur, c'est juste du bourrinage qui ne prend pas en compte mes actions précédentes (ou du moins ne me l'a pas fait sentir). Par contre la toute fin, j'ai trouvé ça excellent. D'abord la métaphore est assez bien vue (avec le rayon de lumière). On sait enfin pourquoi les moissonneurs moissonnent, mais surtout, la fin parvient à finir le jeu tout en offrant une conclusion magnifique à Shepard, qui passe du statut de héros à celui de légende. Tout Mass Effect 3 nous dit que ça va mal finir. Nos héros cherchent à y croire, mais nous en tant que joueur, on n'y croit pas vraiment je pense. Et la fin remet tout ça en question, nous offrant le seul choix intéressant du jeu de mon avis.

Parce que si Mass Effect 3 nous libère du Pragma/Conciliant, c'est un peu tard. Moi j'ai fait tout Mass Effect 2 en Pragma à cause du système qui pousse à choisir une voie, donc j'ai continué dans le 3 pour que ça reste cohérent. Mais à la fin, y'a pas de bons choix. C'est limite philosophique, et même métaphysique. C'est pour la première fois un vrai choix ; on n'a rien à y gagner, rien à y perdre non plus.

La fin est sacrément couillue, elle redéfinit tout l'univers Mass Effect, elle nous dit :"Tu ne sais pas du tout ce que tu es en train de faire". On n'aurait pu appuyer sur un bouton et boom les Moissonneurs sont morts. Mais la fin nous met au même niveau que Shepard ; un grain de sable nouveau-né dans la plage ancestrale qu'est l'univers. Mais comme c'est Shepard, ce sera un grain de sable qui aura son mot à dire jusqu'au bout !

Plus beau que le 2 ?...

Les décors sont mieux que le 2 (en même temps ce n'est pas difficile...). Mieux composés même si ça reste rigide et fonctionnel, ce sont surtout les arrières-plans qui permettent de croire qu'on évolue dans des décors et pas des couloirs cheaps de jeux vidéo. La Citadelle est agrandie, on peut voir à travers les fenêtres qu'elle ne se résume pas à ce qu'on visite, les PNJs bougent et, miracle !, se déplacent également des fois. Les PNJs sont d'ailleurs plus beaux que ceux du 2 qui n'avaient aucune personnalité.

Mais ça se paye cher. Tourner la caméra fait que l'image se dissocie et bave. Le jeu a planté deux fois, y'a des loadings partout, des chutes de frame-rate (notamment la zone habitable de la Citadelle, une torture...), les textures sont grossières de près et les arrières-plans sont dégueulasses durant les dialogues. Techniquement le jeu est lamentable, mais en plus inexplicablement lamentable si on le compare par exemple avec Arkham City qui tourne avec le même moteur, affiche plus de choses beaucoup plus proprement et avec plus de détails (et sans d'innombrables chargements).

Le gameplay

Le scan des planètes est rigolo. J'aimais bien celui du 2 mais clairement il était soporifique. Ici ça ressemble à un mini-jeu ; on scanne un système solaire sachant que ça alerte progressivement les Moissoneurs qu'il faudra fuir lorsqu'ils arrivent. En contrepartie malheureusement ça va nous faire faire d'innombrables aller-retour chiants dans la Citadelle, car ce qu'on trouve dans l'univers va servir à des PNJs. Shepard n'est pas seulement un soldat, c'est désormais un archéologue, un paléontologue et même un bibliothécaire à ses heures perdues... qui va ensuite patiemment subir les chargements entre les étages de la Citadelle pour remettre le fruit de ses découvertes...

Moins de missions secondaires, et elles sont scénarisées. Contrairement au 2 où un pauvre datapad que je ne lisais jamais était censé m'expliquer la situation, ici c'est mieux fichu. Dans la campagne on aura des moments sacrément épique aussi, et qui se jouent pour vrai (pas en QTE). de plus les séquences de rail-shooting sont cools ; juste assez longues pour s'enivrer du parfum d'action, juste assez courtes pour ne pas devenir chiantes.

Les armes ont un poids, et plus on en porte, plus nos pouvoirs sont lents à se recharger. J'ai trouvé cette idée excellente car elle permet de personnaliser son héros. On peut choisir de favoriser les armes à feu, avec les pouvoirs en renforts, faire un perso équilibré. Moi j'ai choisi de ne porter qu'une seule arme (on peut en transporter 5) pour une utilisation dynamique des pouvoirs. Par contre on croule sous les armes, y'en a trop avec des différences souvent minimes. de la même façon les mods m'ont paru très peu intéressants car limités en options, même si dans l'idée ça aurait pu être sympa.

Les gunfights

Les gunfights au début sont mieux que le 2. En gros dans le 2 je restais en cover car je perdais mon bouclier à chaque tir ennemi. Ici le bouclier est plus résistant donc on peut jouer en se déplaçant, c'est plus dynamique. Sauf que plus on avance dans le jeu, moins ce sera vrai et au final les gunfights deviennent aussi statiques que ceux du 2.

Les déplacements sont pires qu'avant. L'introduction de la roulade est navrante. Avant la touche pour courir et se mettre en cover étant la même, ça posait problème. Ben maintenant on peut aussi faire des roulades avec ! Sachant que si Shepard n'est pas parfaitement perpendiculaire à la cover, l'action ne fonctionnera pas, il m'est souvent arrivé de faire des roulades au moment où j'en avais le moins besoin...

À noter que le corps-à-corps est plus efficace qu'avant.

Puis il y a les mini-boss. Les mini-boss se déplacent vite, donc ils sont chiants car nous on galère pour se déplacer. Et Mass Effect 3 aiment ses mini-boss, il va nous les servir à toutes les sauces, d'abord 1, puis 2, puis 3, puis après il va faire des mélanges entre le gorille en armure et la Furie qui se téléporte, jusqu'au final où là c'est la fête... Je déteste ça quand les jeux réutilisent des mini-boss. Un mini-boss, c'est un ennemi original qui permet d'introduire de la variété dans le jeu, de briser la routine des ennemis de base et d'introduire une nouvelle mécanique. Mais quand on le réutilise (et ici jusqu'à l'écoeurement), il perd de son charisme, ça devient un ennemi au même rang que les autres, sauf qu'il devient pénible car il est plus difficile à tuer et on finit par le détester, là où au début on le craignait (comme il se doit).

Une histoire plus premante que le 2

J'ai mieux compris pourquoi les joueurs aimaient Mass effect grâce au 3. Le 2 (je n'ai pas joué au 1), on fait juste recruter des bonhommes pour une super mission, et ils vont tous nous raconter leur vie dont je me fous royalement. Le 3 est basé sur des intrigues ; oui c'est la guerre, oui ça sent la fin, mais chacun pense d'abord à ses intérêts personnels. C'est mesquin, l'univers de Mass Effect. Ce n'est pas "Oui on se détestait mais face à l'adversité nous devenons des zamis youhou !". C'est tout le contraire, on cherche à tromper les autres pour jouir de leur appui tout en se débrouillant pour ne pas à avoir à tenir ses promesses, on fait des caprices, on ne se rend pas compte de la situation (comme à la Citadelle). Puis il y a Cerberus qui vient foutre le bordel au milieu, l'Homme-Trouble ayant ses propres buts à atteindre. Au fond, c'est là aussi que la fin prend tout son sens, qu'on comprend d'autant mieux à quoi servent les Moissonneurs.

La mise en scène est vraiment bien faite, les personnages bougent, s'expriment par le corps, et les cadrages sont vraiment bons. Après les dialogues restent généralement trop longs, le jeu des acteurs manque régulièrement de conviction. L'équipage du Normandy, en dehors de Garrus, est transparent. On a un baby Schwarzy (le seul perso pas clone du jeu, et ce n'est pas un compliment), une Schtroumpfette toute gentille, un robot moche à gros seins et Tali osef Normandy. Fini les psychopathes, les névrosés et les fous furieux. En plus Liara est une vraie plaie dans les gunfights, crevant à répétition.

C'est dommage que Mass Effect 3 ait des faiblesses ; son côté assomant à cause des gunfights lourds à force, ses innombrables chargements, sa technique lamentable. Mais quelle fin !

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