Killzone 3 sur PlayStation 3, le test de Kidrok

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Kidrok
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Kidrok PS3

Made in Hollywood

Licence phare de Sony et surtout de la PS3 depuis le deuxième épisode, la série Killzone, enfantée par les néerlandais de Guerrilla Games, accouche en ce mois de février d’un troisième rejeton très attendu par bon nombre de férus de FPS. Que peut donc ajouter cet opus à une série déjà très aboutie sur plus d’un point? C’est ce que nous allons voir dans ce voyage en territoire Helghast, où la poudre  et le sang souillent jour après jour les terres ennemies. Alors décrassez vos sulfateuses, cirez vos bottes, et en avant marche direction la capitale des Higs.


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Le final pour tout commencement

Sans vouloir dévoiler tous les évènements survenus dans KZ2, nous sommes pourtant bien obligés de resituer le contexte du deuxième épisode, dans la mesure où ce KZ3 se place dans la continuité directe de son aîné. Toujours dans la peau du soldat de l’ISA, Sevchenko, et accompagné par l’intrépide (et parfois pénible) Rico, vous débuterez votre aventure solo juste après être ressortis en un seul morceau du palais du chef suprême Helghast, Scolar Visari. Vous l’aurez sans doute compris, et constaté par vous-même, la chute de Visari ne solutionne en rien le problème de l’ISA et les hostilités sont loin d’être terminées. La chute de Visari a entraîné l’émergence de deux nouvelles têtes pensantes, l’Amiral Orlock, et le puissant patron d’une entreprise d’armement, Jorhan Stahl. Sous des traits ultra caricaturaux (on croirait voir Stalline pour l’un, et le fils d’Hitler pour l’autre), ces deux personnages incarnent les deux nouvelles menaces pour l’humanité.


Le scénario de ce troisième volet s’avère malheureusement  aussi plat que celui de ses prédécesseurs, malgré des efforts au niveau de la narration, via des scènes cinématiques plus nombreuses. Les dialogues entre protagonistes tournent souvent à la caricature de conversation, et l’on retrouve des influences telles que Full Metal Jacket par exemple. L’univers, quant à lui, est toujours aussi riche et gagnerait vraiment à être mieux exploité en terme d’histoire et de trame scénaristique. On sent vraiment le potentiel que l’univers dégage, et contrairement à de nombreux FPS qui se contentent de singer des conflits anciens ou modernes, Killzone invente son propre conflit, se créeant ainsi une véritable identité depuis le premier opus sorti sur PS2.


Du côté de la longévité, le soft de Guerrilla Games s’est un peu perdu en chemin, et se contentera de proposer une aventure rythmée, effrénée, mais très brève. Malgré ses différents niveaux de difficulté, comptez entre 6 et 7 heures pour boucler le solo. Un mode coopératif fait son apparition avec ce numéro 3, et vous permettra de vivre la campagne solo à 2, en écran partagé uniquement. Un ajout plaisant pour les afficionados du “tout coop”, mais qui semble incomplet sans un vrai mode “en ligne”. Dommage.  Le tout est bien évidemment complété par un mode multijoueur en ligne que nous détaillerons plus bas.




De la souplesse en bonus

A sa sortie, et encore aujourd’hui à vrai dire, Killzone 2 avait surpris par son gameplay volontairement plus lourd et rigide que les modèles du genre. La visée était très peu assistée, le personnage avait une inertie très forte, et la jouabilité bénéficiait ainsi d’un feeling particulier qui faisait mouche, ou au contraire pouvait complètement déstabiliser. Pour ce nouvel opus, Guerrilla Games a choisi d’ajuster légèrement la prise en main tout en gardant le même cap. Le personnage est plus souple et rapide à se mouvoir; une glissade fait même son entrée dans le panel des mouvements. Couplée au mode de couverture déjà présent dans le 2, celle-ci se révèle être un vrai bon ajout qui dynamise l’action, si le joueur en fait bon usage. Le reste est inchangé, avec un résultat très convaincant, que ce soit au niveau de la précision des tirs ou de l’intensité des affrontements. Seuls vrais bémols, l’absence d’indicateur de grenades, qui est pourtant une “feature” de base dans tous les FPS actuels; et le fait de ne pas pouvoir se mettre à plat ventre, entraînant parfois une mort pour un défaut de couverture.


Mais ce que l’on remarque au fil du jeu, c’est la volonté très claire de la part de Guerrilla, de diversifier les phases de jeu pour ne pas lasser le joueur. Outre les phases aux commandes des Exosquelettes (robots “bipèdes” déjà présents dans KZ2), on découvrira tout au long de l’aventure des séquences à bord d’engins divers et variés. Je vous laisse la surprise, mais sachez que, pour la plupart, ces phases s’avèrent réussies avec une bonne maniabilité des véhicules et un ressenti global très agréable.


En terme de level design, les néerlandais de Guerrilla ont là encore travaillé un peu plus en profondeur leur projet, afin de créer des niveaux à l’architecture ouverte, permettant au joueur de choisir comment aborder les différentes situations. On a donc droit à quelques niveaux plus ouverts, qui ressemblent déjà plus à de vrais champs de bataille que ce que l’on voit dans beaucoup de FPS “couloirs”. Le jeu n’échappe tout de même pas à certains passages scriptés dans des environnements clos et confinés. Ainsi, quelques passages de pseudo infiltration sont au programme, ce qui donnera l’occasion de découvrir les mises à morts au corps à corps. Nouveautés de cet opus, ces dernières se révèlent aussi brutales que jouissives: par la simple pression d’une touche à faible distance d’un ennemi, votre personnages exécutera une mise à mort bien sanglante. (découpage de carotide, poussette dans le vide...)


En dernier lieu, on ne peut pas parler d’un FPS sans mentionner ses armes. Killzone 3 offre son panel d’armes bien dévastatrices, et vous découvrirez avec bonheur les quelques nouveaux petits bijoux qui vous attendent. On retiendra tout particulièrement l’arme à pétrusite qui désintègre littéralement les ennemis, l’énorme sulfateuse portative, ou encore l’arme permettant de coller des explosifs sur le décor ou les ennemis. L’équipement est donc varié et de nombreux ajouts ont été faits par rapport aux anciens opus. Sachez enfin que le PS Move est supporté par le jeu, mais nous n’avons pas eu la possibilité de tester la chose.



L’étalon de retour au galop!

S’il y a bien un point sur lequel la série Killzone a toujours brillé, c’est la technique. Killzone 2 avait été une belle baffe pour les possesseurs de PS3, et l’on se demandait vraiment si ce troisième opus parviendrait à surclasser son prédécesseur. Autant le dire tout de suite, même si on ne remarque pas de gap technique énorme entre KZ2 et 3, la maîtrise est encore de mise avec des modèles de personnages très fins, des textures qui foisonnent de détails, et une distance d’affichage optimale. Le rendu de la lumière et des ombres est bluffant, et le tout sans gros défaut technique. On sent dans ce numéro 3 que Guerrilla fait clairement partie des studios qui parviennent à dompter la PS3, et ainsi exploiter son potentiel. Mais au delà de l’aspect tecnhique, c’est la direction artistique qui retiendra toute votre attention dans les environnements traversés. Plus variées, mieux construites, les zones de combat fourmillent de détails, et invitent à la contemplation dès que les coups de feu cessent. Revenons sur cette variété qui manquait à l’opus précédent, cette fois-ci, Sev et Rico verront du pays: sommets enneigés, jungle helghane, villes en ruine... La réalisation dans son ensemble est à ranger dans le haut du panier du genre, et le sans faute est presque atteint puisque les bugs et défauts d’ordre technique sont plutôt rares. (léger scintillement parfois et de légères traces d’aliasing) Le jeu offre une option 3D pour les TV équipées, option que nous n’avons malheureusement pas pu tester.


Après avoir ravi vos yeux, Killzone 3 n’oubliera pas non plus de contenter vos esgourdes avec une bande-son riche et réussie. La composition des thèmes a été confiée à Joris de Man, qui avait déjà officié sur le deuxième opus. La résultat est à la hauteur de nos espérances avec des morceaux épiques, qui collent de bien belle manière à la furie de l’action. Outre des thèmes orchestrés avec talent, les bruitages ne seront pas en reste, et retranscrivent à merveille l’impact et la force des affrontements. Les doublages, quant à eux, sont entièrement en français, ce que nous ne manquerons pas de saluer. Ceux-ci ont tendance à virer parfois dans la caricature, mais restent cependant de bon ton et satisfaisants pour une production du genre.




Le combat continue en ligne!

Gros atout de KZ2, le mode multijoueur est bien évidemment de nouveau de la partie. Jouable jusqu’à 24 joueurs en simultané, celui-ci se décompose en 3 modes de jeu bien distincts. Le premier, intitulé “Guerrilla”, est un simple mode deathmatch en équipe, classique mais indispensable dans tout FPS qui se respecte. Le suivant, “Zone de Guerre”, est un mode dans lequel divers objectifs successifs sont à atteindre. La partie pourra, par exemple, débuter par un deathmatch, puis se poursuivre par une capture de territoires, puis continuer sur le mode assassinat... Le mode “Zone de Guerre” (instauré dans le KZ2) est un excellent mode de jeu, dans la mesure où les parties ne se ressemblent pas, de fait la lassitude met plus de temps à pointer le bout de son nez. Troisième et dernier mode, exclusif à KZ3 cette fois-ci, le mode “Opération” ajoute une touche scénarisée aux affrontements multi. Dans ce mode, l’ISA sera en position d’attaque, et les Helghasts en défense. L’équipe à l’attaque devra réussir une série d’objectifs afin d’assurer sa progression et de débloquer des nouvelles parties de la map. Ce mode introduit des cinématiques qui ponctuent la progression de la partie. Ainsi, si vous avez accompli une action particulière, vous verrez votre personnage dans la scène. A noter que le mode “Opération” est uniquement disponible sur 3 maps. En parlant des maps, sachez qu’elles sont au nombre de 8 (Cratère de Pyrrhus, Boulevard de Bilgarsk, Barrage Gelé, Congère d’Akmir, Jungle de Kaznan, Cimetière de MAWLR, Route de Corinth, et enfin Hall des Turbines AS-6) Même si le nombre semble un brin faiblard, celles-ci sont relativement vastes et bien construites, ce qui compense le nombre.


Divers classes de personnages sont présentes dans le multi, vous permettant de choisir votre propre style de jeu. Au choix, vous pourrez endosser le costume de technicien, tireur d’élite, infiltrateur, tacticien, et infirmier. Chaque classe bénéficie de compétences spéciales déblocables en gagnant des niveaux d’expérience. L’infirmier pourra réanimer ses compagnons, l’infiltrateur aura la possibilité de se déguiser, le technicien pourra construire des tourelles... L’expérience de jeu se révèle donc riche et longue si vous désirez tout débloquer. (armes, compétences, médailles...) Pour information, sachez que la progression et l’expérience acquise dans la bêta n’est pas reprise dans le jeu complet.

Conclusion

Nous voilà arrivés au terme de ce test de Killzone 3. Et que dire si ce n’est que ce 3ème volet fait honneur à la saga, et prolonge de bien belle manière l’aventure commencée en 2004 sur PS2. Plus nerveux, plus varié, le gameplay a gagné en intensité, au même titre que les rixes qui vous opposeront aux Higs. Le jeu est donc à conseiller à tous les amateurs de FPS grand spectacle, bien rythmé et haletant sur toute la durée du solo. Les fervents pratiquants du multi seront également ravis par l’expérience proposée. Pari réussi pour Guerrilla et Sony qui signent à nouveau un excellent jeu de tir sur PS3, et qui, sans renouveller le genre, comblera sans mal la majorité des joueurs.

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