Metal Gear Solid : Peace Walker sur PSP, le test de gh3ry0n

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gh3ry0n
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gh3ry0n PSP

Rambo Reloaded

"S'pas MA guerre, Colonel !"

"Bah si : ils t'ont loué. Plein tarif."

"Arf..."

C'est en gros l'idée scénaristique de MGSPW (à vos souhaits) : suite directe de "Portable Ops", on y retrouve Big Boss qui a su passer du kidnapping-conviction de prisonnier au recrutement d'une véritable petite armée, les "Militaires Sans Frontières" (en français dans l'texte, ce qui ne manque pas d'humour quand on connait quelles sont les instutions portant un tel suffixe actuellement...).

Le scénar démarre par l'arrivée d'un client (séquence pleurs-dans-les-chaumières à cause de la triste histoire d'une gentille petite fille comprise) dont le pays sans armée, le Costa Rica (dont Jacques Vabre n'est PAS président), s'est fait envahir par une étrange milice lourdement armée.

Le Boss n'est pas chaud pour s'y coller, malgré le climat tropical. Faut dire qu'il trouve nettement plus sympa de rester sur la plage à balancer des mandales dans la face de ses rataï de recrues. On le comprend.

Mais ce client là a un argument de poids : il propose, en échange des services de la troupe du Boss, non pas du pognon mais bien une vieille base offshore abandonnée pour lui servir ad voluntis de repaire. Le cartésien de base se demandera pourquoi le Boss accepte (renoncer à du pognon, du flouze, des pépettes sonnantes et trébuchantes contre un vieux tas de ferraille paumé en pleine mer... non mais sérieux...), tandis que les vieux routards de la saga Metal Gear percuteront d'emblée : oui, ce tas de ferraille moisi jusqu'à l'ancre que le Boss récupère, c'est bien ce qui deviendra "Outer Heaven" dans le tout premier "Metal Gear". Ah bah oui c'est vieux mais j'avais bien dit "vieux routards", hein.

Bon je me refuse à vous spoiler le scénar (qui une fois encore dans la série tient très bien la route), mais sachez qu'il sera, à l'image de "Portable Ops" prétexte à vous faire enchaîner les missions entre lesquelles vous lézarderez dans votre base.

 

"Trouffion !"

"O-oui ?"

"Corvée d'chiottes !"

Non en fait mauvais intitulé : les chiottes sont peut-être un des seuls trucs qu'on n'aura pas à gérer sur la base.

Car le reste... ZOMFG comme on dit dans les milieux autorisés : R&D, infirmerie, prison, hangar, etc, etc, les activités sont nombreuses et comble du bonheur militaro-ludique, on aura le plaisir de voir Outer Heaven grandir au fil du jeu.

Mais l'un des trucs sympas de la base, hérité de Portable Ops, c'est de pouvoir répartir les soldats recrutés sur le terrain au sein de différentes équipes d'intervention et de pouvoir envoyer ces équipes se battre. Dans ces moments, le jeu vire à la simulation de management : vous ne pouvez "que" choisir les bons soldats et les bons véhicules, et voir ensuite, sur un tableau faiblement animé, votre escadron affronter celui de l'ennemi. Le tout a l'air peu réjouissant, sauf que quand vous y serez, vous comprendrez : c'est sympa et surtout ça rapporte (XP pour vos soldats, matériels, plans pour le service R&D, ...). Que du bon en somme.

 

"Soldat ! Au rapport !"

"Chef ! Y'a du freekill en 12.3.127 et du freeloot en 34.8.456 ! Chef !"

"OMFG. Go loot, soldat !"

Depuis la base (au-delà de la gestion) vous aurez accès à 2 types de missions : celles du scénario et les missions annexes, dont le but sera... de faire évoluer vos soldats (j'explique après, un peu de calme siouplait), d'en "recruter" d'autres et d'y récupérer du matos. Plein de matos. Tanks et hélicos compris. Ben ouais, carrément. Et c'est là qu'on attaque le fun de MGS PW.

Car figurez-vous que lorsque dans une mission (quelle qu'elle soit) vous affrontez un véhicule, vous pourrez sortir victorieux de plusieurs manières :

- soit vous détruisez purement et simplement le véhicule

- soit vous butez seulement son pilote (lorsqu'il commencera à s'exposer)... auquel cas vaincre signifie s'emparer du dit véhicule, le ramèner à votre base et pouvoir vous en servir pour accomplir encore d'autres missions

Bien évidemment pour amener le pilote d'un engin à s'exposer, va falloir mouiller l'maillot. Il s'agira entre autres :

- de dézinguer les soldats à pied présents dans la zone (il y en a toujours pour accompagner un véhicule)

- d'amocher suffisamment le véhicule pour simuler la contrainte pour le pilote de sortir la tête...

... tête qu'il vous appartiendra de dégommer sans retenue (au M16, au RPG, à la grenade, au C4, au nain, à la figue molle, ... comme bon vous semble) pour que l'engin -même volant- s'immobilise au sol (ça vaut mieux) et que vous puissiez le récupérer.

La blague sur les engins ne s'arrête pas là : vous affronterez Metal Gear plusieurs fois au cours du scénario, et chaque victoire se terminera par la récupération de pièces diverses, que vous vous dépêcherez ensuite de ramener à votre hangar pour... hé ben vous verrez par vous-mêmes. Vous allez aimer. Si si.

Pour revenir aux missions, sachez que vous pourrez toutes les refaires autant de fois que vous le souhaiterez. Non, ce n'est pas scénaristiquement réaliste. Oui, on s'en bat le pad avec une ponceuse à percussion. Car c'est bien pratique, que ce soit pour recruter plus de monde, ramasser plus de matériel ou simplement perfectionner notre score.

De plus, chaque mission réussie vous permet de faire gagner de l'expérience à l'ensemble des soldats composant l'escouade déployée (sauf Big Boss, qui lui est déjà au taquet). A noter cependant que se faire tuer lorsqu'on incarne un trouffion lambda, c'est soit le perdre définitivement, soit le voir être grièvement blessé. Parfois frustrant, mais ô combien cohérent.

 

Pan té maur dan ta geule

Côté gameplay pendant les missions, j'en vois déjà certains hurler à l'outrage tandis que d'autres comme moi ne pourront qu'être admiratifs. Autant crever l'abscès tout de suite : c'est fini la furtivité version WallMan, l'homme dont le superpouvoir est de vivre collé à chaque mur qu'il rencontre. Vous ne passerez qu'un temps trèèèès réduit à vous coller aux murs et autres obstacles.

En revanche, de manière bien plus réaliste, vous vous rendrez furtifs :

- en vous baissant (puisqu'on peut désormais avancer accroupi - ENFIN ! P**AIN C'EST PAS TROP TÔT ! - ), voir en vous couchant au sol (en position de tir ou carrément plaqué au sol pour être le plus discret possible), afin de rester hors de ligne de vue de vos ennemis

- en avançant lentement pour ne pas faire de bruit

- et surtout en repérant suffisamment à l'avance vos ennemis, car figurez-vous que depuis peu eux aussi ont appris à ne plus être les Lapins Crétins de service. Hé oui dans MGS PW ils se planquent, portent un camouflage approprié, font peu de bruit, bref... ils font leur taf quoi ! Là au moins on comprend mieux pourquoi le Boss les recrute ; désolé les noobs, le tir aux pigeons c'est fini.

Le "recrutement" d'ailleurs est l'un des gros points forts de MGS PW par comparaison avec Portable Ops : finies les ballades horripilantes avec un loir de 80kg sur l'épaule. Désormais, pour peu que vous ayez pris le matos avant de partir, lorsqu'un ennemi est assommé / endormi / au bord de la mort (sic) vous lui accrocherez à la taille (en un bouton, c'est-y pas beau l'progrès) un ballon "Fulton", et pouf-pouf ni vu ni connu j't'embrouille, voilà le gonze en route vers votre base. Il paraît qu'on en a retrouvé un ou deux en Pologne, mais bon, on fait pas d'bon jeu sans casser des noobs hein.

Concept de furtivité amélioré, recrutement amélioré, la liste devient alléchante, non ? Ben c'est pas fini.

Côté tir / combat, alors là... wouuuuh... oubliez ce que vous connaissiez de Metal Gear. Finie l'assistance à la visée qui fait tout le boulot. Finis les combats au corps-à-corps sans intérêt. Bienvenu dans un monde où vous visez vous-même et où vous pouvez montrer à quiconque avec vos poings c'que ça veut dire "être le Boss". Avec des Doritos en plus, voyez un peu le luxe.

En gros pour les tirs : la visée se fait à l'aide des boutons d'action, qui contrôlent la camera, l'une des gâchettes servant à se mettre en joue, le stick dirigeant les déplacements (comme dans Resistance Retribution en fait). Vous pouvez être un moins-que-rien et activer la visée automatique, mais dans ce cas non seulement vous ne pourrez pas viser la tête (donc tuer en un coup... ou deux lorsque les marioles en face auront eu la bonne idée de porter un casque) mais en prime votre honte sera clairement affichée par un encadré en plein milieu de l'écran. Blague à part, la visée automatique vous sera utile uniquement en cas d'alerte, lorsqu'une grosse quantité de soldats débarquent et que vous les arroserez à l'arme automatique.

A noter que contre les véhicules mieux vaudra viser soi-même : viser les réservoirs d'essence, des pneus, un rotor ou tout autre point névralgique sera clairement (surtout en solo !) la seule manière d'espérer la victoire.

Côté corps-à-corps, alors là on frise le panard absolu : outre les mouvements usuels (enchaînements de coups usuels, clé de Nelson, projections...), les combats en mêlée ont clairement été conçus pour affronter plusieurs gonzes en simultané. Comme vous l'enseignera le tutorial intégré à l'intro, vous pourrez, moyennant un bon timing, vous débarrasser successivement de plusieurs adversaires à portée de main, au fil d'un enchainement superbement mis en scène. Oui, vous friserez le début d'érection vidéoludique en vous y essayant pendant le tutorial et oui, c'est applicable pendant les missions. Oui, ça roxxx.

 

Metal Gear Technic

Techniquement le jeu est LARGEMENT au-dessus des productions actuelles.

Graphismes de premier ordre, à tel point que les dev' ont pu se payer le luxe d'utiliser le moteur du jeu pour les cinématiques, tandis que l'histoire est contée à travers les strips de BD semi-animés introduits dans Portable Ops, mais en plus mieux cette fois puisque souvent interactifs. Globalement l'ensemble est très clean, très lisible, bref, c'est du tout bon.

La durée de vie n'est clairement pas en reste : si le scénar a une espérance de vie décente (en fonçant  à tout berzingue, on va dire 6 à 10h en normal), s'atteler aux missions annexes, à la gestion de la base, etc, etc, multipliera sans souci ce nombre par... ben plus de 10 en ce qui me concerne (108h à ce jour). Car bien plus que d'habitude, la durée de vie sera nécessairement liée à la difficulté choisie... et à votre solitude. On va y venir.

Côté difficulté donc. On a tous lu certains commentaires affirmant que le jeu était infaisable seul de bout en bout : boss (véhicules notamment) trop durs ou simplement combats trop longs en solo pour rester en vie tout en ayant assez de munitions. Boulechitte comme dirait l'autre. Car le jeu est parfaitement conçu. Oui da à plusieurs, dézinguer l'hélico HIND pourra se faire à la brutale à feux nourris de vos RPG respectifs. En solo, probable qu'au premier essai vous vous ferez coincer, quasi mort et à court de munitions. Et c'est c'est là que le génie de Konami se montre : vous pouvez, grâce à certains objets développés en R&D demander des renforts matériels sur le terrains (en gros vous faire livrer une caisse de matos divers). Oui, faire ainsi fera baisser les points d'héroïsme acquis. Oui on s'en contrebalance l'oursin à coups de pompe à vélo. Bien sûr, cela ne suffira pas : il vous faudra quand même, en solo, vous appliquer particulièrement, notamment en repérant et en visant les points stratégiques de l'ennemi. Mais une fois la technique acquise, vous vous rendrez vite compte que c'est très gérable. A ceci près, pour les allergiques du "grind", que jouer en solo signifiera l'obligation de faire moultes missions annexes et développer un max la R&D. Mais après tout, n'est-ce pas le but du jeu ?

Côté ambiance (visuelle, sonore et musicale), là aussi c'est la claque : probablement un des jeux les plus immersifs (avec Monster Hunter) auxquels j'ai eu l'occasion de jouer sur PSP. Mention spéciale aux voix en anglais, dont le jeu d'acteur fait tout simplement honneur à la série.

Je ne vais pas commencer à vous détailler la masse de "plus" dénichables dans le jeu : ce serait sans fin. Le plus représentatif restera quand même le fameux déblocage des missions "Monster Hunter" : non, la vidéo qui s'est balladée sur le net avant la sortie n'était pas un fake. Oui, plusieurs missions annexes vous amènent à affronter un tigrex, un rathalos, etc. Oui, c'est délirant. Comme l'ensemble du jeu d'ailleurs.

 

CONCLUSION

MGS PW est à ce jour, à mon sens, le jeu le plus abouti disponible sur PSP. Beau, long, parfaitement conçu, immensément riche, gratifiant, fun... Bref rien que d'y penser j'ai un nombre incalculable d'épithètes flatteurs qui me viennent. Soyons sémantiquement modeste : ce jeu est un chef d'oeuvre, point barre. A moins d'être définitivement allergique au genre (et encore), prenez au moins la peine de tester la démo. Terminez-la, et dites-vous que vous n'aurez vu qu'environ 2% de ce que vous offrera le jeu. Un titre à posséder sans hésiter.

 

Les plus

L'ambiance générale (qualité des graphismes, ambiance sonore et musicale)

Le scénario, toujours aussi bien ficelé et mis en scène

Le gameplay, prenant, souple et efficace

La durée de vie énorme

La multiplication des choses à faire (gestion de la base, missions annexes, ...)

 

Les moins

euh...

ben...

... bon allez, on va dire l'obligation de pexxer un peu pendant le scénar pour pouvoir affronter certains boss lorsqu'on joue exclusivement en solo (bien que ce ne soit que logique à mes yeux)

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