Call of Duty : Black Ops sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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Et si Treyarch ne faisait pas les mauvais CoD ?

J'essaye il y a quelques semaines CoD 3, considéré comme un jeu manquable à l'époque car la 2nde Guerre Mondiale on en a marre puis c'est pas une tuerie graphique moi j'en veux pour mon argent sur ma nouvelle PS3 t'entends ! Je le trouve sympa, y'a une ambiance, les scripts sont là pour grossir la mise en scène et emballer le gameplay. Alors je me dis que MW2, essayé quelques années avant, était probalement un mauvais CoD. Je trouve MW1 pas cher du tout. Ah ? Lui aussi en fait il est nul.

Pourtant Modern Warfare a pourri toute la gen avec ses gros scripts envahissants, ses explosions inutiles, son poussage de stick émotionnel (probablement ce qui a poussé David Cage à mettre celui-là ou l'autre dans ses jeux de l'année), son scénario "Les Arabes doivent tous crever". Mais selon GK (et d'autres) c'était Treyarch le mauvais studio à CoD, qui a notamment fait CoD 3.

Dans CoD 3, la mise en scène est là pour donner une ambiance Soldat Ryan, et on comprend ce qu'on fait. Même en Normal, il faut avancer prudemment. Dans MW c'est le gameplay qui est au service de la mise en scène. Dans certaines missions on ne fait rien que suivre un type et tuer qui il nous dit de tuer, la moindre improvisation conduisant au Game Over. Gé-nial. Le reste du temps on comprend rien, et à force de mourir injustement on décide de courir vers les checkpoints et c'est comme ça qu'on avance. Mais là aussi faut mourir, car des fois on va vers l'objectif alors que le checkpoint est placé de l'autre côté. C'est quoi ce jeu de tocards ? Comment ça a pu influencer toute la gen ?...

Et là Treyarch sort Black Ops, et le jeu est récompensé pour avoir dégradé sa formule façon MW. Contrairement à Modern Warfare, Treyarch ne fait pas un jeu frustrant au level-design pourri et aux situations incompréhensibles. On parvient à avancer, à comprendre ce qu'on attend de nous. Mais il a boosté la mise en scène. On shoote d'un hélico, puis bam une roquette dans la gueule et on se retrouve à terre puis hop on court vers une jeep puis youhou on mitraille des barils rouges. C'est nul. D'autant plus nul que le jeu a une ambiance scénaristique qui ne cadre pas du tout avec cette overdose d'action débile et invraisemblable.

Le tout se déroule durant la Guerre Froide, on visite le Pentagone avec une belle reconstitution des décors, on croise Kennedy et Fidel Castro. Et puis... on incarne un personnage. D'habitude CoD c'est le jeu où on incarne un flingue, puis en alternance un autre flingue mais dans un autre pays, et le joueur ne sait pas toujours lequel des flingues il est en train d'incarner. La formule MW avec ses monologues chiants sur fond de carte du monde. Ici le personnage principal, Mason, est interrogé par de mystérieux agents qui tentent de lui faire dévoiler des secrets qu'il semble ignorer, et on apprend grosso-modo que ce personnage est tourmenté par des nombres après avoir subi un lavage de cerveau. Ce n'est pas très clair, le jeu use aussi d'effets clipesques assez laids pour illustrer le brouillard psychologique, mais plus le jeu avance et plus le jour se fait, et le jeu a la bonne idée de faire son travail ; à savoir nous montrer régulièrement à quoi ressemble Mason, et d'autres personnages qu'on incarnera à l'occasion. Puis au lieu de nous obliger à suivre des personnages dans des cinématiques, le jeu prend en charge les déplacements osef qu'adore Modern Warfare et toutes les daubes qui l'ont recopié (tellement passionnant de faire marcher un perso qui en plus avance TOUJOURS !!! trop vite par rapport aux PNJs qu'il doit suivre et donc on marche en saccadé c'est vraiment super immersif). À noter la VF paresseuse (comme d'hab) qui ne se fatigue pas à prendre des accents russes ou autres pour incarner les personnages.

L'intrigue est sympa à suivre. On peut regretter que le jeu se repose sur une BO de cinéma pour la partie Vietnam, recyclant les morceaux déjà entendus dans tel ou tel film, comme l'utilisation anachronique de Metal pour se donner une pêche qui gâche tout, ou le plagiat (forcément !) de scènes classiques du Septième Art.

Et c'est ça le souci. Dans de nombreux passages Black Ops est un shooter grand public honnête, avec de superbes panoramas. On avance, on se planque, on shoote, et les décors bien reconstitués et vivants font très bien le boulot, quand certains arrières-plans sont parfois épatants. Mais trop d'action, trop de "Je tombe mais youhou je me rattrape au dernier moment", trop de rail-shooting, trop d'effets m'as-tu-vu ! Trop de tous ces passages qui font frétiller la presse. Vous avez vu dans les moins de Black Ops 2 sur GK ? Pas assez spectaculaire. Pourquoi, mais pourquoi est-ce qu'un jeu vidéo doit forcément être bourré de ces passages pour les nigauds ?

Le jeu aurait eu une sacrée gueule en continuant sur la lignée de CoD 3 et peut-être World at War que j'ai pas encore essayé (pour anecdote, WaW le jeu sur la 2nd soi-disant de trop pour la presse, j'entends partout autour de moi des vendeurs et joueurs pour qui c'est le préféré... ). Un jeu grand public dans le sens noble du terme, pas exigeant mais pas cynique non plus, pas vulgaire. Mais ici Treyarch massacre régulièrement l'ambiance pourtant bien plantée en voulant imiter le studio des tocards d'en face.

Cette licence, par le souci de s'inspirer des conflits réels, n'a pas vocation à devenir un film de Michael Bay. D'ailleurs même Michael Bay sait cela, car son Pearl Harbor est beaucoup plus digeste niveau action que d'autres de ses films. Il faut, à défaut d'être réaliste, se montrer au moins vraisemblable, crédible, ce que CoD 3 parvient à faire dans une certaine mesure, et Black Ops également quand il s'en donne la peine. Mais fuir des bateaux sur le point de couler, des maisons en feu, rail-shooter des décors qui explosent ; c'est nul.

Paradoxalement, Black Ops reste bien plus digeste que toutes les productions de studios qui ont imité Activision. Il en met beaucoup trop, mais il ne nous oblige pas à pseudo-jouer les passages qu'Uncharted et autres nous font subir jusqu'à pourrir le rythme de progression. Ici quand le perso trébuche il se rattrape tout seul, c'est fluide, ça coule, et rares sont au final les séquences imposées, je ne m'en souviens d'aucune. Si Black Ops 2 est "moins spectaculaire", et si World Ar War n'a pas eu le temps d'être infecté par son frère jumeau avec de l'eau dans la cervelle, on tient là quatre titres (avec CoD 3, suivez un peu !) qui possèdent un savoir-faire old-school dans le jeu grand public sur PS360, des titres avant tout divertissants sans être pour autant des hommages à la stupidité crasse et la violence gratuite. Car Black Ops est violent, très violent, mais dans un contexte qui le justifie, d'une violence qui aurait même pu être salutaire si Treyarch avait tout misé sur l'ambiance, et pas du tout sur le grand spectacle.

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