Muramasa : The Demon Blade sur Wii, le test de Sirocco

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Sirocco
8
Sirocco Wii

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Muramasa The Demon Blade suit les idées du studio Vanillaware. Fidèle à la tradition des Princess Crown, Odin Sphere, Grim Grimoire, l'équipe poursuit dans le développement des jeux intégralement en 2D, et pas des moindres. En effet, ces titres ont la réputation d'être des bons jeux, il faut l'avouer, mais aussi d'être de superbes démonstrations de ce que peut être un beau jeu, autant sur le plan graphique qu'esthétique. 

C'est suite à cela qu'apparaît Muramasa, jeu typé "gamer", assez rares sur l'immaculée console de Nintendo, et qui poursuit les ambitions de Vanillaware. Ainsi, on se retrouve donc face à un beat'em all en 2D, comme à l'ancienne, mais qui bénéficie de tout les bienfaits que peuvent procurer la technologie contemporaine. Et même si l'oeuvre est exclusive à la Wii, qu'importe, le jeu est magnifique, et s'installe parmi les meilleurs titres de la machine.  


C'est Dans Les Vieux Pots Que l'On Fait Les Meilleures Soupes


On ne va pas tourner autour du...pot. Muramasa The Demon Blade est un beat'em all, comme on en comptait des dizaines à l'époque des consoles 16 / 32 bits. Le déroulement du jeu est donc dans le fond assez simple : vous traversez les niveaux les uns après les autres en affrontant les nombreux adversaires qui parsèmeront votre chemin afin de faire avancer l'histoire et progresser dans l'aventure. Le système est donc connu, simple, mais pourtant si efficace.

A la différence des véritables beat'em all existants par exemple en arcade, le jeu propose une progression en niveaux, en réalité, mais tous reliés les uns aux autres, ce qui offre alors un monde à traverser de part en part. Le jeu propose donc de revenir dans les zones précédemment traversées. Mais l'aspect aventure est en vérité plutôt limité, et Muramasa se contente de proposer de nombreuses scènes d'actions. La seule chose qui pousse à revenir en arrière, c'est l'envie de découvrir les challenges disséminés dans le Japon, et qui vous opposent à des boss particulièrement coriaces, ou à un nombre d'ennemis particulièrement  important, et donc difficile à gérer.

Vous devrez aussi gérer pendant les combats la résistance de vos sabres, qui servent aussi à vous protéger. Toutefois, leur relative faiblesse vous pousse à maîtriser les esquives, qui vous seront indispensables dans le mode de difficulté supérieur proposé, mais surtout à respecter l'adage "la meilleure des défenses, c'est l'attaque", qui est ici la meilleure solution pour éviter le game over qui peut très vite arriver, si vous manquez d'attention.

Ainsi, même si le jeu est essentiellement basé sur l'action, il s'agit de combats très intenses et très jouissifs, jamais lassants. Le système de combat est à la fois simple et dynamique, quelque peu difficile à prendre en main dans les premières minutes mais qui s'avèrent finalement très efficace, et mettent en valeur la technique au sabre des deux personnages de l'histoire.

 

Un Gameplay Hybride


Pourtant, on ne s'ennuit pas durant l'aventure. Pourquoi cela ? Tout simplement car il ne s'agit pas d'un beat'em all bête et méchant. En effet, vous remporterez de par vos victoires de l'expérience, qui vous permettra d'augmenter votre Feu Vital, afin de survivre plus longtemps aux affrontements, mais aussi d'améliorer vos caractéristiques au combat, qui détermineront votre potentiel à utiliser les sabres.

Ces mêmes sabres composent la base du jeu, font tout l'intérêt du titre, qui vous propose de récupérer une centaine de sabres aux pouvoirs différents, que vous obtiendrez soit après certains événements scénaristiques, soit en les forgeant vous même, avec l'Esprit et les Ames amassés durant les combats. Autant vous le dire, récupérer l'intégralité des sabres et une tâche longue, et qui vous obligera à explorer les histoires respectives des deux personnages que mets à votre disposition le jeu, Momohime et Kisuke.

On est d'ailleurs soulagé de voir qu'il existe deux scénarii différents, car l'expérience se plie en environ 9 heures. Même si la durée de vie paraît aujourd'hui honnête, on se réjouit à l'idée de pouvoir parcourir de nouveau l'histoire sous un angle différent. En pratique, les décors sont toutefois les mêmes, agencés dans un ordre différent, mais exposent en revanche des boss différents. Ceux-ci sont d'ailleurs assez impressionnants, très détaillés, mais surtout très coriaces, et vous procurent par conséquent un gros challenge. Donc, même si la trame de l'histoire des deux personnages se ressemble, cela permet d'allonger de manière significative la durée de vie, surtout si vous souhaitez découvrir tout les sabres du jeu.

 

Une Oeuvre d'Art, Une Galerie A Parcourir


Il est vrai que si les qualités ludiques du jeu ne sont pas à prouver, Muramasa frappe avant tout par son style assez inhabituel sur notre Vieux Continent. En effet, l'histoire se déroule à l'époque du Japon médiéval, au moment où les shoguns, ninjas, et autres cohabitent au Pays du Soleil Levant.

Mais ce qui est impressionnant, c'est que Vanillaware réussit de nouveau à instaurer son style aux éléments qui composent les décors, ainsi qu'aux différents personnages que vous pourrez rencontrer tout au long de votre périple. Tout ce que vous verrez dans Muramasa dispose d'un design unique, original, et pas dépourvu de classe, il faut l'avouer. En somme, le plus impressionnant est que tout cela forme une entité cohérente : les légendes japonaises côtoient une certaine réalité historique, sans jamais paraître ridicule. Bien au contraire.

Mais tout cela ne serait pas vraiment intéressant si l'on omettait que les graphismes du jeu sont absolument sublimes. Toutes les animations, tout les décors paraissent vivants, mais sont très riches, superbes, colorés...bref, je manque de qualificatifs pour vous expliquer à tel point le monde de Muramasa est agréable à parcourir. En revanche, on peut regretter un certain manque de variété des décors et adversaires rencontrés tout au long de l'aventure. On a en effet souvent l'impression de traverser plusieurs fois le même lieu. Quant aux ennemis, on finit par vite connaître leurs patterns, leurs comportements, ce qui nuit quelque peu à l'expérience de jeu. Mais au final, rien de bien grave. On pardonne à Muramasa son manque d'éclectisme, de par la richesse et la qualité de l'aventure en question.

Toutefois, ce manque de variété ne concerne pas les différents boss du jeu, tous aussi différents les uns que les autres, et particulièrement réussis. Terribles, effrayants parfois, allant de la grande princesse guerrière à l'araignée géante, en passant par la roue de feu, typique de la mythologie nipponne, ces adversaires sont particulièrement impressionnants, et concluent avec panache les actes de la trame scénaristique.

 

Muramasa The Demon Blade s'avère donc être une oeuvre accomplie. Assez simple dans son gameplay, il diffère surtout de par son design original, comme sait le faire Vanillaware, et son ambiance qui vous plonge dans un Japon médiéval mêlé au folklore local. Prenant et jouissif, le titre n'ennuit pas, et séduit par son style unique. On peut juste reprocher l'approximation des sauts, assez gênante lors des phases d'explorations, ainsi qu'un certain manque de variété des décors et personnages, ainsi que le manque de clarté du scénario, mais il s'agit là de détails que l'on apprend à oublier, face à l'immersion incitée par Muramasa.

Une très bonne pioche donc. Il s'agit d'un jeu amusant, avec une véritable identité. Et sur Wii, en plus. Alors, que demander de mieux. 





 

 

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