Red Dead Redemption sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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BlackLabel
4
BlackLabel PS3

Un jeu prometteur

Il s'agira ici de parler du Solo du RDR, et non du multi.

Dès les premières minutes de jeu, et jusqu'au bout, un constat s'impose ; on croit à l'univers graphique de Red Dead Redemption.

Que ce soit les décors éblouissants, le souci du détail des villes et des villages, la modélisation ahurrissante des chevaux et des animaux qui composent la faune, on y croit, on est dedans, on joue aux cowboys et aux Indiens. Malheureusement, malgré cet univers qui dès le visuel est immersif comme peu de jeux le sont, le reste ne suit pas.

Il y a d'abord un grave problème au niveau du gameplay. Même en visée Expert, le jeu reste beaucoup trop facile. À moins d'être pris par surprise, on risque rarement de mourir lors des missions. Missions durant lesquelles on est trop souvent accompagné par des alliés qui font la moitié du boulot à notre place. Cette déception s'accompagne d'une autre ; la plupart des missions sont courtes, voire très courtes. On passe en somme son temps à assister à des cinématiques, à se rendre d'un point A à un point B, puis, au moment où vient enfin le temps de s'amuser et de flinguer tout le monde, tout se termine en deux voire cinq minutes (dans le meilleur des cas).

Si les à-côtés du jeu (chasse, jeu d'argent, missions secondaires) permettent de rallonger la durée de vie de manière satisfaisante, il reste néanmoins des à-côtés. Le coeur du jeu, lui, nous laisse sans cesse sur notre faim.

Reste un élément nouveau ; les événements aléatoires. Un quidam nous vole notre cheval, une diligence est attaquée. Formidables et variés quand on commence l'aventure, ces événements, malheureusement, se répétant sans cesse, insufflent au jeu une certaine redondance, là où au départ ils rajoutaient de l'imprévu.

Scénaristiquement, Red Dead Redemption a le cul entre deux chaises. D'un côté, on est bluffé par la qualité des personnages, leurs doublages et leurs jeux d'acteurs. De l'autre, il est assez difficile de croire à la trame.

Notre héros, John Marston, est un ancien bandit reconverti en fermier. Les autorités de Blackwater kidnappent sa famille pour l'obliger à partir à la recherche de ses anciens complices. Jusque là, ok. John Marston est-il pressé de sauver sa famille ? Ben... Apparemment, cela ne le dérange pas de perdre du temps à surveiller des vaches, ou à prêter main forte à des personnages ridicules comme un charlatan, et plus tard à participer des deux côtés à la révolution mexicaine. Il ne perd jamais patience, ne semble jamais vraiment inquiet ni tendu par sa situation.

Les différents personnages, disant détenir des informations sur les hommes qu'il recherche, lui font faire tout et n'importe quoi, et il le fait. Patient, tranquille, parfois un brin en colère, John Marston est le jouet improbable de tous les protagonistes qu'il rencontre. À partir de là, difficile de croire à son passé de dur à cuire, ou même à son statut de héros de l'Ouest. Malgré son charisme, son air blasé et son écoeurement pour les personnages, il se laisse porter par les événements sans jamais prendre d'initiative.

À la manière de GTA4, le scénario n'est qu'un prétexte pour que notre héros soit un sorte d'homme à tout-faire, façon western. Rancher, mercenaire, révolutionnaire, botaniste à ses heures perdues, et j'en passe, Les personnages ont beau être bien écrits, il y a beau avoir un énorme travail de reconstitution sur la fin de l'Ouest américain, on n'y croit pas.

D'autant que la critique "acerbe" de Rockstar reste à peine acidulée face aux oeuvres cinématographiques traitant elles aussi de la fin de l'Ouest américain, d'Unforgiven à The Wild Bunch, en passant par le récent l'Assassinat de Jesse James et Il Était une fois dans L'Ouest, modèle du genre. Manque de démesure, d'approfondissement, Red Dead Redemption, voulant toucher à tous les sujets en un seul jeu, ne fait que les effleurer. À l'instar du héros, l'univers ici veut tout nous faire faire, nous faire tout découvrir, et se contente de nous faire goûter à des échantillons.

Alors, que reste-t-il d'un jeu ultra-scénarisé quand le gameplay n'est pas exploité et que l'histoire ne tient pas debout ? Un jeu, encensé un peu trop vite à mon goût. Un jeu sur lequel j'aime passer du temps, mais ce temps manque cruellement de chair.

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