Mass Effect 2 sur PC, le test de mouton.rebelle

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mouton.rebelle
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mouton.rebelle PC

Promis, je jouerai pas au 3

La vie est étrange, on se fait souvent avoir deux fois. Le premier Mass Effect m'avait déjà énormément déçu ; des premières heures très prenantes, avec la découverte d'un univers space opéra riche, un système de jeu entre le fps et le rpg intéressant, des dialogues assez riches au premier abord, l'impression d'un jeu un peu plus adulte que la moyenne avec la possibilité de nouer une idyle avec un / une coéquipier(ière).... Et au final un sentiment de dégout et de lassitude qui s'installe peu à peu devant des défauts trop nombreux, une difficulté trop faible, des missions trop baclées....

Mais nous ne sommes pas là pour refaire le procès de Mass Effect premier du nom ; je voulais juste planter le décor, j'ai fini le premier Mass Effect en me disant que j'avais perdu mon temps et qu'on ne m'y reprendrait plus.

Et voilà, deux ans après, un trailer fantastique, qui rappelle les meilleures séries de SF, quelques tests dythirambiques, et je craque à nouveau...

Un départ en beauté

Les premières heures dans ME2 sont fantastiques : l'introduction est un moddèle du genre, et j'accroche totalement au personnage de l'homme trouble (X-FILES...) et à la situation ambivalente d'une coopération forcée avec Cerberus (vrais méchants, faux gentils ? on peut pas dire...). Le scénario, sans grande originalité (les méchants du premier ont trouvé des alliés et font disparaitre des colonies entières), réussit tout de même à intéresser.

Le gros point fort du premier, les personnages secondaires qui accompagnent Shepard, a été encore plus travaillé : on retrouve certains collègues du premier épisode avec grand plaisir, et on découvre de nouveaux venus au destin hors du commun, on est touché par leurs histoires respectives, on apprécie leur façon de parler et leur point de vue qui donnent toujours un éclairage différent aux situations auxquelles on est confronté....

Il est temps de faire un petit point sur un autre élément curical de Mass Effect : les dialogues. La réalisation a encore gagné, avec des visages et des atitudes bluffants (on est encore loin de Heavy Rain, mais c'est déjà très bon) ; les conversations sont animées et intéressantes. Un petit bémol ici, probablement du aux traductions : il arrive assez régulièrement que les options de dialogue ne soient pas claires, et qu'au final on fasse dire à Shepard l'inverse de ce qu'on pensait.
ME2 apporte une innovation sympathique au système de dialogues ; au cours de ces scènes cinématographiques, il est possible parfois d'interragir (clic gauche ou droit) pour effectuer une action héroïque ou pragmatique. Si vous n'êtes pas assez rapide, tant pis, la scène continue sans votre intervention, pour le meilleur ou pour le pire. Une journaliste un peu trop chiante ? Shepard lui met un coup de boule et vous gagnez quelques points de pragmatisme... Un de vos coéquipier sur le point de tuer sa némésis ? Vous pouvez intervenir (action héroïque) ou laisser faire... Pas révolutionnaire, mais bien intégré.

Fight !

Au delà de l'histoire, Mass Effect c'est aussi des combats, des points d'xp, du matos... On est toujours dans un hybride FPS / RPG, avec le côté FPS (console) qui prend peu à peu le dessus. L'utilisation des pouvoirs a été simplifiée et le système de surchauffe des armes qui évitait de trop bourriner a été remplacé par des munitions limitées. Je trouvais le système de surchauffe plus original et plus délicat à gérer, mais passons, les combats gagnent en nervosité et le tout fonctionne assez bien. En revanche, passé quelques heures de jeu, on retombe dans le même travers que le premier épisode : toujours les mêmes adversaires, et une difficulté qui n'augmente pas à la même vitesse que notre squad... si bien que pour mourir passé les 5 premières heures de jeu il faut vraiment le chercher. Cette sensation d'invincibilité lors des combats les rend vite lassants et répétitifs.

Le matériel disparait presque intégralement ; vous pouvez jouer à la poupée avec Shepard (et uniquement avec lui) pour jouer un peu sur des modificateurs de combats (sans intérêt vue la simplicité du jeu), vous pouvez changer les armes de votre squad avant chaque mission (sans intérêt, le jeu mettant d'office les meilleures), et c'est tout. De plus, les armes comme les améliorations doivent être recherchés dans le laboratoire du Normandy... et là ça se gate.

Le réflexe de Pavlov

Bioware a supprimé les missions d'exploration de planètes dans le Mako (le camping car de l'espace de Shepard), et on ne va pas leur en vouloir vu le peu d'intérêt qu'elles avaient. En revanche, ils ont réussi à faire bien pire.
Désormais, il faut récoleter des minerais, pour pouvoir rechercher des améliorations dans le laboratoire du Normandy. Et attention, mini-game de haute volée : en maintenant le clic droit on enclenche le scanner, qu'on promène à la surface de la planète en observant un graphique. Quand le graphique s'affole (pic indiquant la présence d'un minerai) on envoie une sonde qui récupère les minerais via un clic gauche.... Avec à chaque fois une peite animation / un petit bruitage, il faut bien 3 minutes pour explorer une planète, 3 minutes chiantes à mourir. Notre vaisseau est pendant très longtemps limité à 30 sondes, soit de quoi explorer 3 planètes en gros.... après, retour dans une station service pour faire le plein de sondes obligatoire... Honteux. Tout ça pour rechercher des améliorations plutôt inutiles vu la difficulté du jeu.
Et ça ne s'arrête pas là : pour crocheter les portes et coffres fort, ils nous ont mis.... attention.... un memory ! Bioshock était reloud avec son système, mais faisait au moins preuve d'un minimum d'originalité... Et quand je vois le nombre de petits jeux en flash sympas et innovants, mon coeur saigne devant la grosse heure que j'ai du perdre à jouer au memory.

Une lente préparation

La trame principale s'estompe rapidement, Shepard devant recruter ses coéquipiers, puis jouer au psy avec eux, ce qui donne prétexte à 2 missions par personnage (une pour le recruter, et une pour résoudre son petit problème et s'assurer de sa loyauté). Ces missions sont souvent bien pensées ; seul problème, il ne reste plus beaucoup de place pour l'histoire principale... quelques missions en introduction, et une grosse mission à la fin, le reste de la partie ressemblant plus aux sims dans l'espace... Le tout manque cruellement de liant, et le schéma de ces missions centrés sur nos coéquipier est toujours le même, n'implique jamais un autre personnage, et n'a jamais de rapport avec la mission principale. On se prépare pendant une quinzaine d'heures à un affrontement final baclé en une heure, avec un cliff (pas très palpitant) sur Mass Effect 3...

 

Surchauffe des circuits...

Mass Effect 2 sort après des jeux comme Bioshock ou Dead Space, et ne semble avoir retenu aucune leçon de ces poids lourds de l'immersion... Quelle est la complexité de mettre des messages audio dans un jeu ? Shepard reçoit toujours des emails en mode texte ! C'est ça le futur ? Déception... Pouvoir écouter les petits messages de remerciements en faisant autre chose aurait été un gros plus. Et ce reproche peut être repris à plein de niveaux : écouter la description des planètes en les scannant, par exemple, pourrait presque rendre cette tâche répétitive supportable... Là je pense que personne n'a pris le temps de les lire.
Les rares fois où ces petits bonus auditifs sont présents (flashs infos, publicité) ils apportent beaucoup.

Pour achever de flinguer l'immersion, vous pouvez rajouter, au choix :
- la capitale de la galaxie qui compte 20 PNJ, dont 6 veulent bien te parler.
- des chargements (raccourcis depuis le premier, heureusement) pour passer d'un étage à l'autre de ton vaisseau
- des coéquipiers qui ne changent jamais de place, et qui radotent une fois que tu as fait le tour (compter 20 minutes de dialogues par perso en gros).
- des niveaux d'une linéarité affligeante, impossible de se perdre, jamais le choix entre deux passages....
- des tonnes de bonnes idées sous exploitées et baclées....

Ce qui fait le plus mal, c'est que presque tout est là pour faire un grand jeu ; le background construit par Bioware sur cette licence est fantastique et ne peut que séduire tout fan de SF qui se respecte. J'ai franchement peur que le fantôme du casual gaming frappe encore, que cette volonté de rendre le jeu accessible au plus grand nombre lisse tout, et finisse par ne donner que des produits jolis mais fades, simplistes. Et je suis très inquiet de l'accueil reçu par ce jeu dans la presse spécialisée.... Je vois pas comment un fan de jeu vidéo peut finir Mass Effect 2 sans s'arracher les cheveux devant un tel gachis...

 

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