Dante's Inferno sur Xbox 360, le test de Kokoro

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Kokoro
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Kokoro X360

La divine moquerie?

Après Dead Space, qui reste encore aujourd'hui probablement le meilleur survival horror de cette génération de console, je ne pouvait qu'attendre avec impatience le prochain projet des développeurs de Visceral Games. Abandonnant l'espace pour s'enfoncer dans les profondeurs de l'enfer, les développeurs ont décidé de s'inspirer de la Divine Comédie et de la vision de l'enfer du poète Dante Alighieri pour un Beat Them All. Malheureusement, ils ont été beaucoup moins inspirés que pour leur premier titre, et la descente aux enfers est un vrai supplice...

 

Dante's Inferno s'inspire donc de la Divine Comédie, mais autant être clair tout de suite, c'est vraiment juste une inspiration. En fait, pour tout vous dire, je n'ai pas lu moi même le livre, mais d'après ce que j'ai compris en lisant par ci par là, le jeu ne reprend que les noms des personnages et les différents cercles de l'enfer servent de décors. Ca s'arrête là! En même temps on peut comprendre que pour un Beat Them All, l'histoire d'un poète qui découvre l'enfer et l'analyse n'aurait pas vraiment collé. L'histoire nous est contée sous deux formes durant tout le jeu: des cinématiques pour les évènements du présent, des dessins animés pour les flashback. Les cinématiques sont très belles, et les dessins animés sont plutôt agréables si on accroche au style. A noter un petit détail: j'ai trouvé les doublages français assez bons dans l'ensemble, je voulais donc le dire car c'est assez rare pour être souligné. Les développeurs ont donc créé leur propre histoire. Dante est un croisé, et au début du jeu, il se fait poignarder dans le dos. La mort vient alors s'emparer de son âme. Seulement Dante n'est pas le genre de gars qui meurt comme ca, non, alors il tue la mort et lui pique au passage sa faux. Il décide ensuite de rentrer chez lui, en profitant du voyage pour se coudre une croix rouge de croisé sur le torse (les tatouages ne devaient pas exister à l'époque, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a), pour retrouver sa femme, Béatrice. Malheureusement, en arrivant chez lui, il découvre sa bien aimée, allongée dans le jardin, morte. Mais en l'effleurant de ses doigts, l'âme de Béatrice sort de son corps. Malheureusement, une ombre mystérieuse s'empare d'elle, pour l'emmener en enfer. Dante décide alors de voler à la rescousse de Béatrice.

Voila le pitch de base. Mon impression générale sur le scénario est qu'il n'est pas terrible. Certes, on est dans un BTA, mais là il n'y a rien d'intéressant. Comme quoi, il ne suffit pas de s'inspirer de la Divine Comédie pour avoir une histoire qui tient la route. A aucun moment je ne me suis senti emporté par le scénario, pire encore, il ne m'a jamais vraiment intéressé. S'il n'y en avait pas eu, cela n'aurait pas changé grand chose. Même un jeu comme Bayonetta qui part dans tous les délires possibles et inimaginables arrive à avoir une histoire qui nous donne envie d'aller jusqu'à la fin, ce qui n'est pas le cas de DI. Je ne saurais pas dire pourquoi, peut être une mauvaise mise en scène,  ou une mauvaise écriture... Je suis d'autant plus étonné que dans un jeu comme Dead Space, ils avaient réussi à me scotcher à l'écran, alors que là, pas du tout. Quant au personnages, ils n'ont aucun charisme et aucune personnalité. Il y a bien Dante, qui devra faire face à ses péchés au fur et à mesure qu'il traversera les cercles de l'enfer, une sorte d'introspection, mais c'est vraiment léger. Chaque personnage n'a qu'une vingtaines de lignes de dialogue et des personnages, il y en a cinq en tout... Ne comptez donc ni sur une bonne histoire, ni sur des personnages intéressants pour relever le niveau, vous voila prévenus.

Mais ce qui m'a surtout convaincu d'acheter le jeu, c'est l'ambiance. Dead Space m'avait marqué par son ambiance stressante, effrayante et glauque, et j'en attendais beaucoup de DI de ce coté là. Les développeurs de Visceral Games n'ont pas tellement changé de registre en choisissant l'enfer, au contraire, cela leur a même permis de repousser les limites "gores" de Dead Space. L'enfer est représenté dans toute "sa splendeur". C'est une vision de l'enfer très organique et répugnante qui s'offre à nous. Les murs sont composés tantôt de chair, d'organes étranges, tantôt de milliers de corps qui ne cessent de crier, de pleurer ou de vous insulter. Leurs répliques changent d'ailleurs selon le cercle où l'on se trouve, les avares vous demandant de l'argent, les violents vous insultant de tous les noms. Les décors ont bénéficié d'un grand soin, et chaque cercle a son style bien à lui. Dans le cercle de la luxure par exemple, on évoluera dans des décors où certaines parties auront des formes assez évocatrices... Et les ennemis que l'on croisera seront des femmes nues, qui danseront langoureusement afin de vous attirer à elles avant de... Vous attaquer avec une énorme masse de chair qui leur sortira d'entre leurs jambes! Tout évoquera donc le sexe et ses pires perversions dans le premier cercle de l'enfer. Et chaque cercle aura sa personnalité, ses détails et ses monstres. La direction artistique du jeu est une véritable réussite, et l'enfer nous est dépeint tel qu'on pourrait se l'imaginer: dégoutant, rempli de créatures ignobles et d'âmes en peine ayant sombrées dans la folie.

 

Seulement voila, même sur la partie ambiance le jeu m'a déçu, et ce, pour plusieurs raisons. La première est en rapport avec un autre point faible du jeu: la durée de vie. Le jeu se boucle en six heures à peine! On passe tout au plus trente minutes par cercle la plupart du temps, et en si peu de temps, c'est dur de s'imprégner de l'atmosphère d'un cercle, car on change de style de niveau si rapidement qu'on oublie bien vite le précédent lorsqu'on en découvre un nouveau. On se contente de survoler les neuf cercles de l'enfer sans jamais vraiment avoir l'impression d'en visiter vraiment un en profondeur. Et au final ca donne l'impression que rien n'est vraiment marquant dans ce jeu, aucun niveau n'est "inoubliable". Une fois le jeu fini, bien sur je n'ai pas eu de mal à me rappeler des niveaux et de ce qu'ils contenaient à peu près, mais je n'arrivais pas à me souvenir d'un moment précis que j'avais plus apprécié ou qui avait été plus épique que les autres. Et je suis quasiment sur que dans quelques mois j'aurais oublié ce jeu... Mais ce qui est aussi regrettable, c'est que finalement, au début on a l'impression qu'à chaque cercle il y a un nouvel ennemi, alors qu'en fait au bout de quatre cercles (la moitié du jeu), on a fait le tour du bestiaire. Il y a bien de nouveaux ennemis, mais ce ne seront que des variations plus "puissantes" des ennemis déjà rencontrés. Ainsi on sera surpris de retrouver une tentatrice ou un glouton dans le cercle de la colère... Car finalement, après le quatrième cercle, le jeu nous balance un peu tous les types d'ennemi sans se soucier de la cohérence du background, ni se demander s'ils ont vraiment leur place ici.

 

Niveau combat, DI propose un gameplay simple mais efficace, pompé sur God of War. On met des coups légers et rapides de faux avec X, des coups lents mais plus lourd avec Y, et on combine les deux pour obtenir une série de combos. La touche B sert quant à elle à utiliser la croix, qui est l'arme à distance du jeu. On peut également attraper ses adversaires pour leur éclater la tête, ou utiliser des sorts magiques. On peut bien sur bloquer les coups ou les esquiver. Les combats sont assez agréables à jouer, même si là encore, il n'y a rien de transcendant, surement à cause d'un manque de sensation de puissance, qui n'est pas assez bien retranscrit à l'écran. Une fois un ennemi affaibli, il sera possible de l'éliminer grâce à un finish, parmi deux au choix. L'absolution reviendra à lui coller votre croix en pleine gueule la plupart du temps, alors que la punition vous permettra de le déchiqueter de manière très cruelle à l'aide de votre faux. Dans les deux cas, vous aurez parfois un QTE pas bien compliqué (à part pour les boss où le QTE est beaucoup plus long) à réaliser.

Le système d'absolution/punition permet d'augmenter ses armes et magies. S'il est possible de choisir de punir ou d'absoudre vos ennemis pour obtenir des points d'expériences dans une de ces deux branches, on pourra aussi en obtenir en punissant ou en absolvant quelques âmes de personnalités historiques célèbres errant dans les différents cercles de l'enfer. Les punir ne demandera aucun effort, alors qu'au contraire les absoudre vous demandera de faire un mini jeu qui vous permettra, en cas de réussite, de récolter des âmes supplémentaires (de l'xp quoi).
Ces points d'expériences serviront donc à augmenter vos capacités. Malheureusement, le système est bancal. Il nous pousse à nous spécialiser à fond dans l'une des deux branches (pour atteindre les dernières capacités d'une branche, il vous faudra bien toutes les âmes récoltées d'une partie entière), ce qui finalement a pour conséquence qu'on a tendance à utiliser une seule arme (celle qui est boostée) beaucoup plus qu'une autre, et donc que l'on ne combine pas vraiment les deux pour faire de jolis enchainements. On n'utilise aussi que la moitié des magies (les magies étant aussi plus ou moins liées à une branche). Bien sur, si on se spécialise dans l'absolution, et donc qu'on augmente considérablement la puissance de sa croix (ce qui la rend vraiment très efficace), on utilisera toujours la faux, mais c'est frustrant de voir que dans ce cas, la plupart combos de la faux resteront inaccessibles, et que l'on devra donc se contenter des coups de bases, qui sont, il faut bien l'avouer, peu nombreux. Au niveau de la difficulté, le jeu se montre assez compliqué, même en mode normal. Non, je ne suis pas une quiche, mais il arrive que certains boss soient vraiment très résistants. Les ennemis normaux ne sont eux jamais imbattables,  mais ils disposent tous de leur style d'attaque (rapide, lent mais imparable, magie, à distance, etc...), et il faudra apprendre à les connaitre pour en venir à bout. Plus on avancera dans le jeu et plus les ennemis seront nombreux et variés, lors d'un affrontement. Mais si on a bien augmenté ses capacités, cela ne devrait pas poser de problème... en normal, car dans les modes de difficulté supérieur, vous allez souffrir!

Mais il n'y a pas que des combats, même si on ne fait presque qu'avancer d'arènes de combat en arènes de combat durant tout le jeu (et c'est encore plus visible dans le cercle de la fraude...), il y a quand même quelques phases de plates formes. Si bien sur, comme dans la majorité des jeux, DI ne propose pas quelque chose d'extraordinaire de ce coté là, il a quand même le mérite de proposer de nombreuses phases de plates formes, qui sont parfois accompagnées de pièges ou d'énigmes, ce qui permet quand même de souffler un peu entre deux combats (à condition de ne pas mourir lors d'une de ces phases bien sur). En plus, il y a de nombreux objets cachés. On peut en effet s'équiper de reliques qui augmentent la puissance ou rajoute un effet à certains coups, l'efficacité de certain sorts, le nombre d'âmes que l'on gagne, etc... Et ces reliques sont cachées dans les niveaux. Tout comme une bonne partie des âmes en peine. Il y a donc un petit coté exploration, avec des cachettes secrètes à découvrir. D'ailleurs les reliques, les magies, les descriptions de monstres et des personnages que l'on croise, tout sera noté dans une sorte de journal, plutôt pratique.

Une dernière critique enfin, rapidement, sur le contenu téléchargeable. Quand j'ai regardé la partie "DLC" du jeu, j'ai remarqué qu'on pouvait télécharger des pack d'âmes... C'est vraiment honteux. On peut payer pour avoir accès à des points d'expériences qui permettent d'augmenter ses capacités? C'est vraiment stupide, c'est comme si on payait des pièces dans Mario ou de l'xp dans Final Fantasy! J'ai trouvé ca vraiment écœurant, ils vont vraiment trop loin avec leur DLC parfois.


Dante's Inferno ne m'a pas plu du tout. Le rythme est lent, les combats manquent de punch, l'histoire est inexistante et les personnages fades. L'ambiance est bien au rendez vous, avec un enfer crédible et surtout horrible, mais cela ne suffit pas à rattraper le tout, et le peu de temps que l'on met à traverser le jeu ne permet pas de s'imprégner de cette ambiance. Je suis vraiment déçu, car après Dead Space, j'étais très emballé par le nouveau projet de Visceral Games, persuadé qu'ils feraient quelque chose d'aussi marquant que leur précédent jeu. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Pour un BTA, Dante's Inferno est un jeu qui manque clairement de moments épiques et de puissance. C'est une coquille vide, un jeu que j'aurais probablement oublié dans quelques mois, il ne mérite pas l'absolution, c'est pourquoi je le renvoie en enfer avec ce test en guise de punition.

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