Dante's Inferno sur Xbox 360, le test de Gorgoth

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Gorgoth
6
Gorgoth X360

Enfer et damnation

God of War au pays de la Divine Comédie, voilà bien un programme que le fan de jeu vidéo féru de littérature classique pourrait trouver bien tentant. Mais comme la pêche juteuse peut être gâchée par par un odieux ver la rongeant de l'intérieur, Dante's Inferno est de plus en plus décevant à mesure que l'on retire les épluchures des cercles infernaux et que ver que nous somme progresse dans la chair de ce fruit... encore vert.

La première chose qui fâche avec Dante's Inferno, c'est la technique. Pour un jeu sorti en 2010, j'ai eu de la peine à faire le distingo, résolution d'écran mise à part, avec un God of War sur PlayStation 2. Ce n'est pas moche, non, mais les textures souvent limites et les effets "plastifiés" des créatures sensées être gluantes cassent l'enrobage d'un jeu que l'on soupçonne par ailleurs assez pauvre en polygones pour de la 360. Aucune baffe donc, mais la contrepartie est que le jeu est fluide en toute circonstance, tout de même.

L'aspect artistique, mis en avant lors des présentations du jeu par les développeurs avant sa sortie officielle, est plus inconstant et au final assez décevant. Si certaines idées ne manquent pas d'identité, comme les cinématiques dessinées, les cercles infernaux que l'on nous présentait comme autant d'environnements propres à chaque péché capital apparaissent surtout comme des variations du thème "gore et malsain", à une ou deux exceptions près. Tout juste certains éléments s'accorderont avec la thématique du lieu afin de donner le change. On devine un certain parti pris dans la direction artistique, mais le traitement manque encore trop de personnalité.

Cette relative déception architecturale se retrouve dans le bestiaire, pour tant réussi, mais peu varié et commun à absolument tous les cercles qui suivront l'apparition d'un nouvel ennemi - une abbération dans certain cas. Qui plus est, Visceral Game se la joue changement de skin à gogo, comme au bon vieux temps des cartouches et de la 2D. Fort dommage, plus d'ennemis thématiques et uniques à un lieu aurait donné plus de cachet au jeu.

Les musiques auraient pu rattraper tout ça, mais si globalement, elles sont de qualité et accompagnent bien les phases de jeu, elles sont oubliées aussitôt la console éteinte. On notera que la VF est plutôt bonne, bien que le doubleur du héros manque parfois le coche.

Le gameplay est bon. Les combats sont dynamiques, l'utilisation de reliques et de pouvoirs change un peu, même si la plupart sont juste totalement dispensables pour terminer le jeu. Le côté plateforme lui est plus redondant et plus lourd, avec quelques problèmes de perspective à l'occation, et les énigmes sont juste anecdotiques. Ces éléments, qui devaient apporter un peu de variété, sentent un peu trop l'approximation et le remplissage, et deviennent vite pénibles à jouer.

Côté durée de vie, c'est faible. Sept heures de jeu environ pour une première partie. C'est peu, à peine plus que la durée décriée d'un Call of Duty Modern Warfare, et bien sûr moins qu'un God of War, l'illustre modèle. Sans compter que chaque cercle est plus que rapidement traversé. On passe d'ailleurs autant de temps dans les niveaux intermédiaires que dans les lieux thématiques à proprement parler, mais peut-être n'est-ce pas si mal quand on se rappelle à quel point chaque cercle manque de singularité.

On passera sur l'histoire, somme toute très basique, avec son lot de péchés et de rédemption vengeresse. La possibilité de faire des choix moraux, très à la mode depuis un certain Mass Effect, se retrouve ici à faire le service minimum : punir ou absoudre une âme n'ayant finalement d'impact que sur la jauge de progression qui sera remplie. On aurait aimé un peu plus d'implication dans ces choix, avec quelques conséquences sur l'histoire, ce qui aurait un peu motivé la rejouabilité du jeu, là encore évanescente.

Dante's Inferno ne s'est que moyennement vendu, mais c'est à son image, si j'ose dire. Tout est finalement très moyen dans ce jeu, ni franchement bon alors qu'il y avait de quoi faire, ni totalement mauvais comme on aurait pu le redouter. A la fois trop ambiteux et ne s'étant visiblement pas donné les moyens de cette ambition, le jeu d'Electronic Arts fait figure de canard boiteux parmis les nouvelles licences de l'éditeur. Dommage, car certaines idées étaient bonnes et certains passages sont tout de même plaisants à jouer. A faire à petit prix (comme moi), sinon, retirez une étoile !

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