World of Goo sur PC, le test de SocioPads

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World of Goo remue coeur et méninges

de Broken Elfen

"Dotés d’un charme certain et d’environnements distincts, les chapitres de World of Goo nous embarquent dans un univers attachant et adorable."

Deux personnes, un jeu. Ici, pas de superproduction nécessitant 3 ans de boulot acharné d’une équipe de 300 employés, simplement Kyle Garber, Ron Carmel, tout deux formant 2D Boy, et une idée originale. Aujourd’hui, parlons de fraicheur, parlons d’un petit bijou de la vague des jeux indies qui a su trouver sa place sous les projecteurs.

Groupir !

World of Goo (WoG) est un jeu de réflexion révolutionnaire basé sur la physique des corps. Le principe, très simple, consiste à édifier des structures élastiques grâce aux boules de Goo. En s’accoquinant les unes aux autres, les Goo forment un édifice qui doit tenir contre vents et marées et que le joueur devra amener vers un tuyau aspirateur de Goo, symbole de leur libération ou tout du moins, de la fin du niveau. Le titre est composé de 4 chapitres contenant tous une dizaine de niveaux à la difficulté croissante. Le chapitre final appelé l’épilogue se compose des 4 derniers niveaux les plus corsés du jeu. Dotés d’un charme certain et d’environnements distincts, les chapitres de World of Goo nous embarquent dans un univers attachant et adorable.

Invitation à la rêverie

Si vous aviez aimé Worms Armageddon sur PC jadis, vous serez satisfait de retrouver ici cette même patte graphique tout en 2D, très mignonne et haute en couleurs. A la lecture de cette ligne, on pourrait croire qu’on embarque pour un univers idyllique à la Disney où tout-le-monde-il-est-beau-et-mignon comme en témoigne les petits cris « kawaii » des Goo mais WoG va plus loin que ça. En effet, l’environnement musical du titre nous transporte souvent dans une dimension plus mature, parfois oppressante, d’autres fois mélancolique. Il n’y a qu’à écouter le thème de l’écran titre fortement inspiré par les compositions des films de Tim Burton pour s’en persuader. On a vraiment l’impression de jouer à un puzzle-game dans lequel des émotions passent, une histoire se déroule, des messages apparaissent. Ainsi, seront évoqués au fur et à mesure de votre progression différents thèmes tels que l’écologie et l’industrialisation, le train de vie urbain et les phénomènes de modes ou encore la condition des informations dématérialisées. Le titre de 2D Boy échange avec le joueur par le biais de ses environnements mais aussi et surtout, de manière imagée et décalée par de multiples pancartes disséminées ça et là dans les niveaux. Ces dernières donnent aussi bien des indices sur la marche à suivre pour résoudre l’énigme, que des commentaires drôles et absurdes sur ce qui se trame dans le monde, et sur les pérégrinations de son auteur, le fameux peintre de pancarte. Par ces mots adressés aux joueurs, on se rend bien compte que WoG joue dans une autre cour que la plupart des puzzle-games sans reliefs et pire, sans âme. L’âme du soft, c’est aussi bien évidemment ses stars, les Goo.

Un gameplay qui se renouvelle

Ces petites créatures totalement dépendantes de la souris (ou de la Wiimote) du joueur attendent vraisemblablement d’être sauvées même si on n’en sait pas plus. Il est assez triste de constater qu’un Goo noir utilisé comme maillon de l’édifice ne pourra plus être manœuvrable et devra rester à jamais coincé dans le niveau mais permettra à ses semblables de s’en sortir. Un acte altruiste non dénué de poésie n’est-ce pas ? Séchez donc vos larmes et rassurons nous car les autres types de Goo n’ont pas tous le même destin funeste ce qui accroit et diversifie agréablement la marche de manœuvre du joueur. Ceux de couleur verte peuvent créer jusqu’à trois branches et peuvent surtout se détacher et se rattacher à leurs confrères indéfiniment. Vous l’aurez compris, de telles possibilités impliquent un objectif bien plus corsé comme par exemple, construire la structure en évitant des scies tournantes. En sus, à chaque piège son Goo spécialisé, comme les Goo-ballon pouvant élever la structure dans les cieux afin de survoler un gouffre béant ou encore, les Goo-tête de mort pouvant se reposer sur des piques aiguisés en stabilisant ainsi, l’édifice entier. En fait, chaque chapitre amène des nouveaux styles de Goo en rapport avec son propre thème et sur la fin, il sera très plaisant de devoir combiner les compétences de plusieurs sortes de Goo afin de boucler le niveau. C’est bien simple, les niveaux s’enchainent sans susciter l’ennui car le jeu incorpore très régulièrement de petites nouveautés qui font que l’on doit sans cesse réfléchir aux nouvelles possibilités en évitant ainsi d’avancer l’air hagard, une main dans le slip mais plutôt avec l’œil vif et un sourire au cœur. Léger écueil cependant, il est souvent difficile d’attraper le Goo souhaité lorsqu’il est fondu dans la masse de créatures. Cela reste anecdotique mais demeure handicapant quand il faut de dépêcher de placer un ballon afin de surélever notre tour en train de s’écrouler ! Sachez que dans un souci pratique, il existe la possibilité de revenir quelques coups en arrière afin de corriger un mauvais tir. Bonne idée messieurs.

2D Boy nous livre ici une petite perle de gameplay dotée d’une âme attachante et amusante invitant à la réflexion voire à la rêverie selon votre sensibilité. On vous conseillera vivement de vivre l’expérience par vous-même que ce soit sur Wii ou sur PC, il y a de fortes chances de ne pas regretter le voyage en compagnie des Goo, la dizaine d’heure durant.

–le testeur d’expériences vidéoludiques : sociopads.com

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