Final Fantasy Type-0 HD sur PSP, le test de ryuzaki57

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ryuzaki57
7
ryuzaki57 PSP

atypique, déconcertant mais fort bon

Guerre & Paix

Final Fantasy Type-0 vous plonge dans une confrontation entre trois grand pays qui cherchent tous à conquérir la totalité du continent (y compris le vôtre). De la défense acharnée de Suzaku à la conquête des pays limitrophes, l’histoire du jeu dépeint la guerre de manière extrêmement efficace, à la manière des meilleurs films du genre. Plus proche des douzes salopards que du soldat Ryan, le jeu n’est pas machinéen et explore avec intelligence la complexité des rapports de force en temps de conflit : Class 0, le groupe d’élite jeté que vous incarnez connaîtra un destin mouvementé. Type-0, et c’est là l’une de ses grandes qualités, va bien au-delà de la caricature du héros justicier et propose un scénario et une vision plus profonde que la moyenne des RPGs. Du côté action, Type-0 n’est pas en reste : son gameplay nerveux (bien plus action que RPG) y est pour quelque chose, mais c’est avant tout l’extraordinaire mise en scène des différentes missions qui fait le jeu. Les missions de Type-0 ont le génie pour maintenir le joueur sous pression et faire monter graduellement l’intensité des évènements : vous sortez d’une lutte acharnée contre un ennemi puissant? La prochaine zone en a un plus fort encore. Vous pensez avoir réalisé un exploit? Le jeu vous réserve pire encore. L’action de Type-0 demande un concentration de tous les instants et le joueur est scotché à son personnage comme s’il s’agissait de sa propre vie. L’OST d’anthologie en remet encore une couche pour faire de Type-0 un concentré épique comme il y en a peu. Hors du champ de bataille, les membres de Class 0 mènent une vie estudiantine hilarante, avec un humour qu’on l’on croyait perdu à jamais dans Final Fantasy. Mention spéciale aux scènes de cours : Ace et Sice dorment, Cinque hurle qu’elle a faim, Jack mange carrément, Seven se pose des questions existentielles, Cater s’ennuie comme un rat mort pendant que Trey est le seul qui écoute le prof.

Le nom des gens

L’autre point fort de Type-0, c’est son character design très travaillé. Les personnages ont une personnalité incroyable. Entre Sice qui hurle «Massacrons les tous!» en partant en mission, Nine qui cherche a cogner tout le monde y compris ses alliés, Queen qui tente de réconcilier tout le monde, Cinque qui a l’air d’avoir sauté toutes les classes depuis la maternelle et Trey qui endort ses camarades avec sa science, les profils sont aussi variés qu’attachants. D’autant plus que les liens qu’ils ont entre eux sont plus développés que dans les récents Final Fantasy sur console de salon. Dans le monde de Type-0, lorsque quelqu’un meurt, son souvenir disparaît chez les vivants, et même ses proches ne se souviennent plus de lui. Cette accroche scénaristique décuple l’aspect émotionnel de la narration et pousse les personnages plus proches les uns des autres. 

Une prouesse technique

Pour un «simple» jeu PSP, Type-0 impressionne : les décors sont un peu quelconques, mais les persos sont incroyablement finement modélisés. Mais ce n’est rien comparé à la qualité ahurissante des animations. Les personnages, que ce soit en combat ou au repos, ont tout un tas de mimiques qui les rend plus vivants que jamais. Il suffit de voir Cater recharger en pliant le genou, réajuster ses bottes ou faire tourner son flingue entre ses doigts pour s’en convaincre. Type-0 ne se limite pas à ça, car ennemis et alliés bénéficient du même soin, pour un rendu  hors du commun : la sécquence d’ouverture de la bataille du Big Bridge, où vous descendez la falaise alors que les Bahamuts alliés arrosent les lignes ennemies à coups de laser, tout en recevant des ordres contradictoires du front, est tout simplement mémorable. Tout cela sans parler des sensationnelles pré-calculées, l’invocation d’Alexandre à elle seule justifie l’achat de ce jeu. Les qualités techniques du jeu apportent évidemment énormément en termes d’immersion.

La Mort aux Trousses

Seulement voilà, Final Fantasy Type-0 est d’une difficulté qui frise l’écœurement : même après avoir plié tous les FF en long, en large et en travers, le choc est très violent! Vous n’avez que vos douze persos et aucun moyen de résurrection, alors même que nombre d’ennemis vous OHKO ou 2HKO. Les boss et les semi-boss peuvent décimer votre équipe à eux tous seuls, si bien qu’on termine systématiquement les missions sur les rotules. Pire : à plusieurs reprises, le jeu vous demande carrément de perdre! Même si c’est prévu dans le scénario, ce n’est jamais très grisant de voir son dernier perso s’effondrer. Tout ça d’autant que le levelling, y compris avec l’œuf d’expérience, est long, très long… Sachant que à plus de 2 niveaux en-dessous du level conseillé, toute mission sera un vrai cauchemar.

Le village Potemkine

Le gros point noir de Type-0 est son relatif manque de richesse. Rappelez-vous les tonnes de news et les innombrables persos teasés par SquareEnix au fil des mois : au final, beaucoup de ces éléments ne sont guère plus que du détail. En fait, ce dernier Final Fantasy de la PSP a tous les symptômes du jeu dont le développement a été fini à la hâte : dans le deuxième partie du jeu, le nombre de quêtes, cutscenes et l’intensité scénaristique fondent comme neige au soleil. A la toute fin, toutes les quêtes annexes sont de niveau 50+ en demandent donc un deuxième run. Vous n’avez d’autre choix que d’accélérer vers la mission suivante. Je suis loin d’avoir tout vu de Type-0, mais j’ai néanmoins l’intime conviction que ce jeu n’est que le tiers de ce qu’il aurait du être…

日本語話せますか

L’autre gros problème de ce jeu, vous vous en doutez, c’est que vous pouvez pas le trouver au Micromania du coin. N’espérez même pas profiter des subtilités du scénario ou de l’humour de ce jeu sans un énorme dictionnaire de Kanji sous le coude et un diplôme de japonais accroché au mur : le vocabulaire est ici très varié (militaire, quotidien, théologique, etc.) et les dialogues filent à toute vitesse durant les cinématiques. La localisation occidentale n’en est pour l’instant qu’au stade de rumeur, et chaque jour qui passe sans annonce de SqaureEnix l’éloigne encore un peu plus de nous (enfin… de vous)

En résumé, malgré sont manque de finition évident et une fin d’une cruauté sans pareil (espérons que cette «mode» ne durera pas trop longtemps chez SquareEnix), Final Fantasy Type-0 ravira sans mal les fans de la série… à condition qu’il arrive jusqu’à eux!

 Retrouvez le test imagé sur mon blog

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