Yakuza 3 sur PlayStation 3, le test de KingTeDdY

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7
KingTeDdY PS3

Shenmue en réussi

Ryo et Yu sont sur un bateau. Les deux tombent à l’eau. Que reste-t-il ?

Coupons immédiatement le flot de colères que pourrait avoir provoqué le titre de ce texte. Je concède à Shenmue qu’il est un jeu impressionnant, compte tenu de l’époque de sa sortie. Dépaysant et extrêmement réaliste, ce jeu fut vraiment innovant. En revanche, il a plusieurs choses en lui que je qualifie de défauts. Des choses qui ne conviennent pas à ma vision du jeu vidéo et qui font que je trouve que malgré l’immense travail derrière lui, Shenmue reste un beau gâchis. Je n’ai d’ailleurs pas daigné m’intéresser à sa suite pour cette raison. Vaste, mais creux car le gameplay pourrait presque se réduire au fait de parcourir la ville et à parler à tout le monde tant les séquences d’action sont rares. Bourrés de contenu, mais prétentieux, car tous les éléments annexes de l’aventure n’existent que pour exister. Il n’y a rien qui nous encourage à en profiter et rien qui nous récompense le cas échéant. Quand on s’occupe d’un chaton dans Shenmue, c’est juste pour s’occuper d’un chaton.  Ambitieux, mais souffrant de cela, car si l’histoire de la saga se voulait gigantesque et prometteuse, celle du premier opus prise isolément ne raconte pas grand-chose et le raconte pas toujours bien. (Ex: Nozomi qui n'existe que pour être ignorée par Ryo et pour se faire enlever)Vous comprendrez donc que le fait qu’il n’y ait jamais eu de suite à Shenmue 2, je trouve ça dommage pour les fans mais au fond je m’en fous complètement.

Mais en me baladant sur le net, et notamment sur Gameblog, ainsi qu’en tentant autrefois une demo, j’ai découvert que Sega n’avait pas lâché le morceau. Non, non.

Si Shenmue 3 n’existe pas, une autre série a vu le jour des cendres de ce dernier.  Et à mon sens, cette série a tout ce qui manquait à Shenmue.

Tokyo Connection

La série des Yakuza nous place dans la peau de Kazuma Kiryu, orphelin élevé par un gangster et devenu un lui-même. Faisant de grands sacrifices au cours de sa "carrière", il aura finalement tout perdu. Et alors qu’on lui permet de devenir le nouveau Chairman (Parrain) du Clan Tojo, il préfère se retirer de la vie criminelle pour ouvrir un orphelinat à Okinawa, emportant avec lui la petite Haruka qu’il a décidé de prendre sous son aile, et non sans avoir placé lui-même le nouveau Chairman au pouvoir au préalable. (Merci aux résumés en vidéo que les développeurs ont eu l’intelligence d’inclure dans le jeu)

Deux ans plus tard, on arrache Kazuma à sa petite existence tranquille : Il y a du nouveau à Tokyo et sa présence est requise.

L’histoire est un gros atout de Yakuza 3. Les séquences cinématiques bénéficient d’une mise en scène solide (Les visages modélisés de façon très réalistes y aidant) et l’intrigue est très prenante. Les protagonistes ne sont pas en reste. Du glacial Yoshitaka Mine au détraqué Goro Majima en passant par tout un panel de personnalités, vous allez voir du monde! Le début du jeu, qui est en fait une version « accélérée » des deux années séparant Yakuza 3 de l’opus précédent, pourront peut être paraître un peu indigeste aux joueurs pressés de voir la suite de l’intrigue. (Faut dire qu’avec une telle introduction, enchaîner sur un pseudo-flashback de deux ans a de quoi faire naître l’envie) Néanmoins c’est un passage nécessaire permettant de comprendre la personnalité de notre héros et ses objectifs. Kazuma, en dépit de sa profession d’origine, est un homme bon et loyal à son organisation d'origine. Le genre de good guy qui se cache derrière une apparence de dur à cuir.

Le scénario ne souffre, selon moi, que de deux travers. Tout d’abord, s’il y a beaucoup de dialogues non doublés (Ce qui n’est pas gênant en soi)  la répartition des scènes doublées peut sembler très étrange. (Ex : Votre discussion avec Haruka verra celle-ci arriver près de vous lors d’une cinématique doublée. Cinq secondes de cinématiques pour qu’elle vienne s’assoir dans le sable alors que des dialogues plus importants ne sont pas nécessairement doublés dans le reste du jeu. Mais ce n’est pas dramatique)

L’autre inconvénient, c’est la fin. A mon sens elle est assez ratée. Mais bon le reste de l’histoire est plus que réussie.

Kamurocho Lullaby

« Mais pourquoi parlait-il de Shenmue ? » devez-vous vous dire. Eh bien c’est simple. Dés l’instant où j’ai eu la manette en main j’ai eu l’impression de revoir Shenmue. Yakuza a un vrai « feeling » Shenmue et je crois même que certains de ses développeurs viennent tout droit de Sega-AM2. Bien sûr, on ne peut pas tout examiner comme dans Shenmue, ni parler à chaque passant. Néanmoins nous nous retrouvons bien dans un monde virtuel basé le plus fidèlement possible, a priori, sur des lieux réels du Japon. Un jeu où l'on parle à des gens entre deux séquences d'action et où il y a toujours un mini-jeu ou un truc annexe à faire quelque part.

Okinawa comme Kamurocho (Basé sur le quartier chaud de Kabukicho) grouillent de monde et de vie. Les passants vont faire leur course. Deux badauds discutent autour d’une cigarette sous un arrêt de bus. Une bande d'ivrognes sortent du bar. Un enfant et sa mère s’arrêtent au marchand de glace. La circulation routière joue du klaxon sur le téméraire (vous) qui aura voulu traverser la rue avant que le feu ne passe au rouge. Comme Shenmue, Yakuza joue la carte d’un monde vivant. Et s’il n’est pas aussi vaste que dans un open world classique, ce monde reste très immersif par son atmosphère et le nombre de lieux que l’on peut visiter entre les boutiques, restaurants et salles de jeux.

Mais Yakuza est aussi très généreux en termes de contenu. Plus que les lieux à visiter, c’est également une profusion de quêtes annexes, de mini-jeux et d’éléments optionnels qui est offerte au joueur. Il y en a tellement qu’en fin de partie on vous permettra d’explorer librement le jeu afin de terminer les éléments annexes dans un mode spécial : le Premium Adventure.

Et là où Yakuza tire son épingle du jeu, c’est que contrairement à la licence légendaire de Sega, ici tout a un but. Bon je n’ai pas tout vérifié non plus. (Ne comptez pas sur moi pour le Karaoké, le golf ou les fléchettes) Cependant lorsqu’on vous propose de faire quelque chose qui n’a rien à voir avec l’histoire, cela sera très souvent sujet à récompense en objets, argents ou points d’expérience. (Car le jeu fonctionne grosso modo comme un RPG en matière d’évolution du personnage) Il y a toujours quelque chose pour vous pousser à traîner dans les rues. Un rencart avec une charmante demoiselle vous donnera de l’expérience et accès à une quête annexe liée à cette jeune femme. Envie de manger au Sushi Bar ? Les plats vous donnent des points de vie et des points d’expérience.  Envie de pêcher ? Vous pourrez vendre les poissons au marché.

Même les très inintéressantes promenades avec Haruka, votre fille adoptive, permettent d’obtenir des récompenses. Autant dire qu’on encourage à passer beaucoup de temps sur le jeu. Et comme si ça ne suffisait pas, il vous restera toujours ensuite le mode Ultimate Skill et la possibilité de recommencer le jeu en Extra Hard. En bref, dans Yakuza 3 y’en a pour tout le monde et ça, malgré qu'en Occident des éléments annexes ont été retirés du jeu.

Spike Out !

L’autre chose que fait Yakuza mieux que Shenmue, à mon goût, c’est sa proportion de séquence d’action. En effet dans Yakuza il y a des combats aléatoires. (Mais évitables) Les rues sont parcourues par des voyous, des Yakuza et des escrocs prêts à en découdre avec vous. Souvent, Kazuma réglera les problèmes par la force de ses poings. Et si ça ne vous suffit pas, vous pourrez toujours participer à des combats clandestins dans une ambiance Bloodsport au Coliseum.

Lors des combats, Yakuza s’apparence à un beat’em à l’ancienne. Pas de combo technique. Juste de l’efficacité et du jubilatoire. Là encore on remarque une parenté avec Shenmue, sauf qu’en prime là c’est super violent. Enchaînant les coups et les projections, le joueur pourra augmenter sa jauge de Heat qui lui donnera accès à des coups spéciaux furieux à base de QTE que Tatsumi Oga ne renierait pas ! Les combats sont donc très plaisants bien qu’ils souffrent de quelques imprécisions et que finalement les armes et l’équipement sont assez secondaires en Hard. (Vous changerez peu souvent d’équipement et vous vous battrez surtout à mains nues)

Notez tout de même que si le début du jeu pourra paraître difficile, la suite deviendra assez facile à mesure que vous améliorerez votre personnage. Un peu dommage tout de même.

Autre élément « action » du jeu : les courses poursuites. Hélas, elles sont imprécises, elles aussi. La jouabilité est ici très raide et les limites du concept sont assez visibles. (Vive les passants qui tournent en rond) C’est d’autant plus agaçant qu’en dehors de ces phases de jeu, Kazuma bouscule et fait tomber tout le monde alors qu’ici chaque piéton est un véritable mur. Heureusement ces séquences ne sont pas les plus nombreuses du jeu et ne gâchent pas trop le gameplay de ce titre.

 

Un monde vaste bourré de contenu majoritairement utile d’une façon ou d’une autre. Rythmé par de nombreux combats jouissifs (Mais attention aux joueurs qui trouvent vite les BTA répétitif, ici ce sera pire pour vous) et une histoire intéressante. Il n’y a décidément que son final et ses quelques imprécisions de gameplay qui empêche Yakuza 3 d’obtenir une quatrième étoile de ma part. Un jeu fort sympathique. Peut être que je vais m’intéresser à la suite…

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