Assassin's Creed II sur Xbox 360, le test de seblecaribou

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Animus 2.0

Lorsque je vois le nom d’Ubisoft associé à un projet, je m’enthousiasme. Pour la simple (et bonne) raison qu’après avoir créé une de mes séries vidéo ludique préférées (Splinter Cell) et avoir fait renaître une légende de la plateforme au travers d’une superbe trilogie (Prince of Persia) je leur fais entièrement confiance et j’associe les trois lettres U-B-I avec le mot qualité. Ainsi lorsque le premier Assassin’s Creed fut déballé, c’est sans l’ombre d’un doute que je goûtais au jeu et prenais un aller simple pour une destination lointaine de mon grisâtre Paris. Incarner Althaïr fut en ce qui me concerne un plaisir de chaque instant. Cependant, beaucoup auront reproché au jeu sa répétitivité, ou finalement le manque d’intérêt des missions secondaires. Des détails pour ceux qui ont aimé le jeu, des énormités pour ceux qui n’ont pas accroché. Cependant, il semblerait que les développeurs de chez Ubi fassent partit de ceux qui écoutent les joueurs…

 

Si ta flèche n’atteint pas sa cible, rectifie le tir

 

La première incursion dans l’animus n’était pas exempte de défauts majeurs. La plastique était superbe mais quelques bugs et clones venaient (un peu) ternir le tableau. Le gameplay était dans l’ensemble bien calibré mais de petites contraintes venaient gâcher le plaisir (comme l’impossibilité de sauter directement sur un ennemi -encore que l’on y pensait pas vraiment). Mais ce qui avait été majoritairement reproché par les détracteurs (et avouer à demi mot par les adorateurs) c’était l’approche des assassinats et toute la préparation qui finalement, en plus de donner des missions annexes redondantes n’apportait rien au meurtre final puisque celui-ci se déroulait de la manière exacte dont les développeurs l’avaient prévu. Pour cet opus, l’équipe en charge à donc travaillé dur pour faire pareil en mieux pourrait-on dire.

 

Retour vers le futur

 

Avec le nouvel Assassin’s Creed, personne n’aura manqué le changement d’époque. De la période des Croisades à Jérusalem, on passe à la Renaissance Italienne. Quand il s’agit de faire revivre une époque, dans le premier cas comme dans le second le pari est gagné et de très loin. Les décors beaux, détaillés et fidèles mettent en scène personnages réels et fictifs avec un liant qui étonne encore une fois. C’est une question de point de vu, mais je suis nettement plus attaché à la Renaissance et sa culture. Et c’est un plaisir de découvrir Florence ou Venise reproduite avec tant de fidélité, et une véritable invitation au voyage. De ce point de vu là, rien n’a changé par rapport au premier et c’est tant mieux.

Pour ce qui est de la trame, et sans en révéler trop, disons juste qu’elle suit la directe ligne du premier. On incarne toujours Desmond Miles qui par le biais de la machine nommée Animus, plonge au cœur de la mémoire génétique de ses ancêtres dans le but de trouver l’emplacement d’une sorte de Graal. Après avoir ainsi incarné Althaïr, celui-ci poursuit ses recherches dans la peau de Ezio Auditore Da Firenze. Et dès les première séquences on tique.

En terme de mise en scène le jeu n’est pas raté mais on sent clairement que l’on n’a pas la patte hollywoodienne des productions sorties dans le même temps. Le rythme est un peu mou et le moteur du jeu à peine amélioré est utilisé pour les cut-scenes alors que des jeu comme MGS ont depuis longtemps un moteur supérieur dédier. Cela n’aurait pas posé de problème si les graphismes avaient été fantastique. Seulement si on ne peut clairement pas parler de déroute technique, on sent quand même qu’un fossé est bien creusé depuis le premier, auquel ce second empreinte le visuel. L’animation des visages notamment est parfois bizarre (je ne trouve pas vraiment d’autre mot) et un plus grand soin à ce niveau aurait put être salutaire aux cinématiques. Je parle surtout des cut-scenes car finalement le jeu en lui même reste beau, avec du bien et du moins bien certes, mais dans l’ensemble la quantité de détails des décors sans ralentissements (je parle pour la version 360, aucune info en ce qui me concerne sur la PS3 et le PC) et les animations travaillées forcent pas mal le respect.

Pour en revenir à la mise en scène, loin de moi l’idée de dénigrer le travail sur l’histoire et le protagoniste principal qui est vraiment palpable. D’abord Ezio est nettement plus plaisant à suivre qu’Althaïr. Sa personnalité ne se contente pas d’être mystérieuse pour caché un manque d’éloquence. Il a la tchatche, un penchant fort pour les plaisirs de la chair, et en début d’aventure, on sent qu’on incarne un gamin qui va devoir mûrir vite. Celui-ci n’est pas un assassin dès le départ. On apprend à l’être avec lui. J’ai d’ailleurs trouvé la mise en bouche et le commencement vraiment immersif et rapidement on se prend d’affection pour ce jouvenceau près à tout pour protéger sa famille. A noter que si la VF en fait parfois des caisses avec les mots en italien, la plupart du temps l’ensemble est bien doublé (quoi qu’en disent les gens, on a des très bon doubleurs en France).

 

J’ai des nouvelles…

 

Le début de l’aventure dans le corps d’Ezio est l’occasion d’un tutoriel et d’un point sur les nouveautés du titre. Alors question maniabilité, rien a redire, on prend les même et on ajoute quelques petites choses appréciables. Ezio se meut avec une grâce et une classe folle, et les déplacements se font sans difficulté. Tuer discrètement et de façon variée est devenue facile et peut se faire de n’importe où, dans n’importe quelle position; il suffit d’avoir une cible à portée de se préparer et une pression d’un bouton envoie celle-ci ad patres. Les gadgets sont également variés: en plus de la lame cachée (qui s’accompagne d’une jumelle sur l’autre bras), on a le droit au retour des couteaux de lancé, de la dague et de l’épée, mais également d'autres joyeusetés que je préfère vous laissez découvrir si vous n'avez pas encore été spoilé.

On s’initie également dans les premières missions, aux systèmes monétaire et de réputation. Le premier est appréciable; on ramasse de l’argent peu à peu, en remplissant telle mission, en faisant les poches des badauds et on peut l’utiliser dans un premier temps pour des soins auprès des médecins, puis pour des armes et enfin pour œuvrer à la restauration du château familial. Le soucis étant que ce système perd de son intérêt dès que l’on atteint la moitié du jeu. En effet pour peu que l’on investisse un peu dans sa bâtisse, l’argent commence à s’accumuler dans un coffre. Ses économies servent un cercle vertueux qui du même coup enlève l’intérêt pécuniaire des différentes missions. Un peu dommage mais cela reste intéressant.

Le deuxième système, de notoriété, s’avère relativement inutile. En gros il s’agit de vous empêcher de faire n’importe quoi; dans le premier opus, on avait une chute de "synchronisation" (le nom de la barre de vie dans Assassin’s Creed) quand on poignardait un passant innocent. Ici l’indice de notoriété augmente avec les actions criminelles (vidage de poches, homicides) et si elle atteint un sommet, les gardes vous repèreront presque instantanément dans la foule et vous forceront à la fuite ou au combat : bonjour la discrétion. Pour se défaire de cette renommée, il faudra alors soudoyer un héraut (crieur de rue), réduire au silence un témoin gênant (très rare) ou le plus souvent arracher des affiches " Wanted Dead or Alive ". Alors pour l’anecdote ces dernière sont placés n’importe comment (en hauteur) ce qui est stupide puisque les gens ne lisent pas un carré de papier de 30cm sur 20cm placé à cinq mètres du sol. Quoi qu’il en soit, ceux qui en arrivent a devoir tuer un témoin sont de près ou de loin des brutes épaisses qui ne font pas dans la dentelle ; le genre a se demander pourquoi dans Hitman, ils se font gauler en pleine réunion VIP, sans déguisement et avec un fusil à pompe dans les mains. En effet cette histoire de notoriété ne posera de soucis à aucune personne qui suit un peu le tripe hide and kill de Assassin’s Creed. Vous aurez sans doute à arracher un ou deux avis de recherche de temps en temps mais rien de bien méchant ou qui bouffe du temps de jeu de façon gonflante. Pas franchement LA nouveauté que l’on retiendra…

 

…et elle sont bonnes !

 

En fait la vraie progression du jeu, c’est dans sa construction qu’il faut la chercher.

Certains regretteront un peu les missions de préparation de l’assassinat qui malgré leur répétitivité avait le bon goût de nous donner l’impression que le prochain mauvais coup était planifié et ne surgissait pas comme une envie de pipi. En clair Ezio ne va pas espionner des gens assis sur un banc ou voler des informations sur les heures de relèves des gardes comme Althaïr le faisait. Les meurtres s’abordent de façon plus direct. Il est souvent laissé à votre appréciation par quel endroit arriver pour commettre votre crime mais dans l’ensemble la meilleure solution reste de passer par un peu de grimpette et de sauter sur la cible pour l’abattre. Dans le même temps rien ne vous empêche de vous la jouer ninja et de supprimer discrètement les gardes qui poseront d’éventuels soucis. Et pour la fuite c’est la même chose, sautez dans l’eau, disparaissez dans un nuage de fumée ou répandez les tripes de vos poursuivants sur les pavés, c’est à vous de voir. Il est à noté à ce sujet que l’on est plus obligé de se cacher dans une botte de foin ou un stupide cabanon pour échapper aux gardes. Le tout est plus cohérent ; ceux ci une fois semé par votre agilité cesseront les poursuites et ceux qui ne vous ont pas vu faire le cake ne s’en prendront pas à vous sans raison (après tout est une question de notoriété). Et si à dire vrai j’aimais beaucoup le système d’assassinat du premier opus, le trip dans l’ensemble reste aussi génial, car l’angle d’attaque s’est ouvert et la jouabilité s’est encore assouplie.

Mais ce qui à mon sens rend cet opus bien meilleur que son aîné, c’est tout ce qui va autour des assassinats. Dans Assassin’s Creed on avait souvent la frustration d’être dans des magnifique décors ouverts mais où n’y avait rien à faire. Avec cette suite, les développeurs nous gratifient en plus d’un jeu tripant, d’un beau jeu d’aventure et d’exploration. Entre les missions, au delà des courses, vous aurez l’occasion de faire des assassinats supplémentaires (ceux là totalement libres d’approche car non reliés au scénario) , de rosser quelques maris infidèles, mais surtout de faire de la chasse aux trésors (pour les collectionneurs), et également de visiter des monuments de l’intérieur, avec de grands moments de plateforme dans des décors magnifiques (la Basilique Saint Marc est à coupé le souffle) à la recherche de tombeaux cachés. On a également le droit à quelques énigmes liées au mystère de la trame principale. En bref le jeu s’est diversifié de bien belle manière et offre une large palette de choses à faire.

 

 

En définitive, Ubisoft a retenu toutes les critiques faites à son block buster. Dans un soucis de ne pas faire du fric sur le dos des fans, les développeurs ont repensé la structure du jeu tout en conservant la maniabilité presque parfaite du premier titre (apportant juste une ou deux touches de souplesse d’exécution pour le joueur). Plus diversifié dans son concept de base, plus grand et offrant de beaux moments d’exploration entre Prince of Persia et Tomb Raider, Assassin’s Creed 2 a tout pour que le joueur ne se sente pas enfermé continuellement dans les mêmes actions, et offre des récompenses diverses aux plus collectionneurs. Il s’appuie comme son aîné sur une ambiance géniale et une reconstitution historique très travaillée. Et si on note bien sur que le jeu, utilisant le moteur graphique de son grand frère, souffre un peu la comparaison avec d’autres titres tout aussi récents, d’un point de vu graphique comme de la mise en scène des cinématique, l’ensemble reste très agréable à suivre. Cet Ezio fait donc clairement mieux que son ancêtre, même si des détails un peu visible l’empêche de devenir le hit absolu que l’on attendait. Reste un jeu exceptionnel, qui marque vraiment une volonté de faire mieux et pas d’exploiter le filon, une initiative très rare qui mérite d’être soulignée!

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