MadWorld sur Wii, le test de tojraf

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La violence en noir et blanc

La Wii est la console familiale par excellence. Cependant, certains titres éditeurs tiers franchement hardcore tentent de temps à autre de se faire une petite place au soleil. Après No More Heroes en 2008, place à Madworld en 2009 ! Une bonne excuse pour dépoussiérer sa console, et dégainer à nouveau sa wiimote, pour accueillir comme il se doit un bon Beat-Them-All sanglant ! 

Vous incarnez Jack, un homme qui décide de se lancer dans l'émission de Death Watch, un show de téléréalité dans lequel les candidats se livrent à un massacre géant. Je préfère ne pas en dire plus, car le scénario devient assez intéressant dans la deuxième partie du jeu, plus subtil, même si les cinématiques ne le développe pas jusqu'au bout. C'est en tout cas du très classique, et ce n'est pas plus brillant que n'importe quel scénario de jeu d'action. 

La Wii n'est techniquement pas au niveau des autres consoles, c'est de notoriété publique, inutile donc de le nier. Pourtant, je vous annonce haut et fort que le jeu est « beau ». Certains développeurs futés ont compris qu'il était vain d'essayer d'ébahir les joueurs par des effets next-gen, mais qu'une esthétique inspirée et unique pouvait conduire au même résultat. Le jeu arbore un design se rapprochant à la fois des comics américains et des BD de manière plus générale. Ainsi, le jeu se contente du noir et blanc pour les graphismes, avec des onomatopées visibles à l'écran jaunes dès qu'une action se déclenche, et qui donnent un caractère unique au jeu, et bien sûr d'immenses gerbes de sang rouge. L'action se déroulant dans une ville, les différents niveaux correspondent aux différents quartiers : Chinatown, centre d'affaire, quartier résidentiel, etc. Si l'architecture des niveaux en est souvent renouvelée, on aurait aimé plus de folies, car l'ensemble des décors restent prévisibles et convenus. Autre bémol : les adversaires, qui sont tous plus ratés les uns que les autres. Ressemblant presque aux locustes de Gears of War, ils n'ont aucune personnalité. Dommage. Les boss de fin de niveau sont par contre souvent très grands, ou bénéficient d'un chara-design des plus pétillants. Si quelques ralentissements sont à déplorer, ils restent discrets et n'entravent pas le plaisir de jeu. En revanche, l'esthétique en noir et blanc pique les yeux assez rapidement, obligeant le joueur à se cantonner à de courtes sessions de jeu. Enfin, les cinématiques sont dans l'ensemble sympas à regarder, mais il n'en ressort aucun génie de la part des développeurs. Une réussite globale ! 

Que les joueurs se rassurent, les mouvements à la Wiimote ne sont pas surexploités. Conscient qu'agiter la manette dans tous les sens ne rendait pas un jeu d'action plus amusant, le studio en charge du développement a préféré opter pour une maniabilité plus classique, laissant seulement les coups les plus impressionnants aux détecteurs de mouvement de la télécommande. Le bouton A est assigné aux coups de poing et le B à la tronçonneuse, qui s'avère surpuissante et donc jouissive. A l'aide de ces deux touches, vous seriez en mesure de battre tous vos opposants. Mais ce serait passer à côté de la véritable innovation de gameplay de ce Madworld : les combos. 

Chaque mise à mort vous rapportera un certain nombre de points, et plus elle sera élaborée, plus elle sera récompensée. Je m'explique : tronçonner un ennemi est bien plus basique qu'embrocher ce dernier avec un panneau de signalisation, puis de lui balancer une caisse en bois, et de le finir bien proprement en l'électrocutant. Les niveaux sont donc pensés pour réaliser de sanglants massacres, avec moult pales d'hélice, murs de piques, etc. Pour vous faciliter la tâche, les ennemis sont le plus souvent très passifs, et restent plantés devant vous jusqu'à ce que vous les tuiez, donc enchainer les mises à mort devient rapidement jouissif. Parfois, on vous demandera d'achever un ennemi gravement blessé : s'ensuit alors un QTE mettant à profit la détection de mouvements, malheureusement trop laxiste, et trop peu précise. Ce manque de précision se retrouve dans les esquives, à réaliser en secouant le nunchuck, qui en deviennent mal pensées. 

Comme pour tout jeu d'action, le tout devient à moyen terme très répétitif, surtout que rien ne vient relancer le gameplay au cours du jeu, hormis quelques armes bonus et des phases en moto très limitées. A chaque niveau, après avoir atteint un nombre donné de points, un mini jeu est débloqué, dans lequel on vous demandera de dégommer le plus grand nombre de concurrents en un temps limité, à l'aide d'un pressoir géant, ou autre instrument de torture des plus barbares. Dommage enfin qu'il n'y ait pas de véritable lock des adversaires comme dans No More Heroes, et que la caméra se placent assez souvent au mauvais endroit. 

"Pourquoi du rap ?" C'est la question que je me pose encore. Mal choisie, la musique ne colle pas avec l'action, et se révèle être très répétitive, voire abrutissantes. Si les dialogues en anglais sous-titrés sont agréables, la voix des commentateurs, en VF (allez savoir pourquoi), est des plus soûlantes ! Leurs commentaires sont d'une stupidité affligeante. L'ambiance sonore du jeu est tout simplement ratée, et ont est soulagés de savoir qu'il est possible de retirer les musiques ou les commentateurs. Mais dans ce cas, le jeu se retrouve sans aucune énergie. Carton rouge ! Reste les bruitages réussis, mais ça ne fait pas grand-chose... 

SI l'ambiance est ternie par une bande son désastreuse, l'esthétique du titre prend finalement le dessus. La violence exacerbée, les finish dévastateurs et les boss loufoques immergent le joueur dans une aventure déjantée, mature, mais qui fait finalement dans la violence primaire. Si les développeurs avaient parlé de la violence comme d'un élément au coeur de l'humour du jeu, il n'en est rien : on ne rit pas. Résultat en demi-teinte, peut être, mais terriblement unique, et donc forcement attirante ! L'aventure est très courte, donc comptez 7h de jeu pour en voir le bout, un peu plus si vous vous appliquez pour trouver des mises à mort originales, beaucoup moins si vous avancez en ligne droite. Ca reste largement insuffisant, et ça plombe vraiment le jeu, vendu quant à lui plus cher qu'un jeu Wii classique (65 euros). Le mode multijoueur est aussi anecdotique que peu intéressant. Il est en fait là pour faire joli, rien de plus. C'est trop peu. 


CONCLUSION : 

Un jeu bourré de personnalité que ce Madworld, aussi déjanté qu'un God Hand dans son ambiance, et aussi stylisé qu'un Vietiful Joe esthétiquement parlant. Le jeu ne ternit pas la qualité des productions de l'ex-studio Clover, maintenant Platinum Games, et fera encore parler de lui longtemps. Ovni échoué sur une console familiale, il aura certes du mal à trouver son public, mais ce dernier sera immanquablement comblé. Reste que le jeu accuse de grosses lacunes, qui plombent au final en partie le plaisir de jeu. A conseiller néanmoins ! 

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