Bayonetta sur Xbox 360, le test de AssocFUREUR

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Test Bayonetta

Elle est grande, elle est sexy, et elle est une arme à elle toute seule. Non, je ne parle pas de Lara Croft.
Bayonetta est arrivé chez nous au début du mois de Janvier. Est-elle bonne donc ? La réponse dans ce test complet signé avec mon sang.






Bayonetta

Plates-Formes : Xbox 360 et PS3.
Test effectué sur : Xbox 360 et Version anglaise.
Date de sortie : 8 Janvier2009 (360 et PS3).
Editeur : Sega
Développeur: Platinum Games (360) et Sega (PS3)



Je n'aime pas Devil May Cry. Pourtant, j'adore les beat them all depuis ma plus tendre enfance. DMC est juste ruiné par un héros métrosexuel faussement classe, une raideur de déplacement et des fausses énigmes. Vous savez, celles à base de clés en bois vermoulu, à chercher pour aller ouvrir une porte de la même matière à l'autre bout de la map alors qu'on a une épée capable d'occire des monstres de 10 mètres de haut.
Quand on annonce que le créateur de cette saga, Hideki Kamiya, va nous refaire un beat them all à peu près dans le même genre mais avec une bonasse, j'ai un peu peur. En y réfléchissant, il a aussi créé Viewtiful Joe, l'un des meilleurs jeux du Gamecube et le développeur, Platinum Games, nous a livré MadWorld, le seul vrai bon soft de la Wii.
Tout était permis. Les espoirs les plus fous, les déceptions les plus tragiques.


[V]http://www.youtube.com/watch/v/oCdGjf0JxY0[/V]



Once upon a tatane
Il y a 500 ans, deux factions, les sorcières d'Umbra et les sages de Lumen étaient les gardiens respectifs de deux gemmes : l'œil gauche et l'œil droit du "monde". L'un pour l'ombre, l'autre pour la lumière. Leur réunification était interdite sous peine de fusion des trois univers : Paradiso, Inferno et le monde des humains. Un tel évènement aurait mené à une destruction mutuelle.
Aujourd'hui, Bayonetta, dernière sorcière amnésique d'Umbra porte un pendentif sur la poitrine. Il s'agit de l'œil gauche. Elle se rend dans la ville de Vigrid afin d'y retrouver l'individu détenant l'œil droit et ainsi espérer retrouver ses souvenirs. Elle aura également l'occasion de passer son temps à tabasser violemment des tripotées d'anges.

Ca parait simple comme ça, mais il n'en est rien. L'histoire de Bayonetta est racontée en cutscenes de deux types. Classiques et sous forme de diapositives. Le tout donne un coté rétro-moderne bienvenu et toujours très classe. Le problème, c'est que l'histoire et surtout les antécédents des personnages sont saupoudrées autour des 18 chapitres du jeu avec une narration totalement éclatée. Ajoutez à cela, un potentiel intérêt amoureux maladroit, Luka et une petite fille qui ressemble trop à l'héroïne pour être honnête, tous deux vivant dans un autre plan astral. Sans oublier Jeanne, une autre sorcière rivale qui ne cessera de lui barrer la route tout en lui révélant des indices sur son passé.
De quoi s'arracher les cheveux sur une histoire somme toute assez simple. Même si je soupçonne quand même d'autres plans de lecture.

Ce qui est plus intéressant, c'est l'univers par contre. S'inspirant de la divine comédie (tiens donc !) pour sa dépiction du Purgatorio ou Paradiso et donc tout naturellement des anges, on se retrouve avec des environnements magnifiques et totalement fous dans leur leveldesign. Rien que quand on découvre Vigrid et son architecture gothique des premiers chapitres, ça fait mouche à tous les coups. Les premiers anges rencontrés font plus penser à des poulets à taille humaine mais on plonge rapidement dans le délirant avec des têtes de chérubin volantes, des crabo-humanoïdes en armure de feu ou d'électricité et j'en passe. Un peu comme les pouvoirs de Bayonetta. La belle basant son combat sur la maitrise de ses cheveux. Oui, vous avez bien lu. Sa tenue est faite de cheveux, tout comme ses grosses attaques de conclusion de combat ou de boss. Ce qui nous donnera plus d'une fois l'occasion de l'observer dans le plus petit appareil pendant que l'on savate ses ennemis. Le background est également étendu plus loin que les cinématiques et ce que l'on devine à demi-mot, sous la forme de carnets à récupérer lors des différents niveaux. Après à vous de voir si vous préférez lire 3 paragraphes sur la ville de Vigrid alors qu'il serait plus rigolo de foutre des coups de tatanes épiques à des piafs.


Epiques, c'est le mot.



Dancing a go-go... BABY !
Mais sinon, Bayonetta, ça se joue comment ?
C'est très simple en façade, un bouton pour les poings (rapides), un pour les pieds (plus lent), un saut, et une concernant le tir au flingue, quasi inutile servant aussi d'action contextuelle. Autant vous dire qu'avec un peu de maitrise, les enchainements poing/pied/saut peuvent être rapidement dantesques et dévastateurs, notamment si vous lancez les "Wicked Weaves" les manifestations cheveu-esques et géantes de ses coups normaux. Oui, je néologise.

Mais tout cela ne différencierai pas Bayonetta de la pléthore de Beat Them All sortant en ce moment. Non, le truc vraiment classe, c'est l'esquive, avec la gachette droite. Rien d'extraordinaire, assez bien timé, vous esquivez l'attaque de l'ennemi. Mais si vous la déclenchez juste au moment ou l'ange est censé vous toucher, vous enclenchez le Bulle... Witch Time, pardon. Quelques secondes où tout bouge au ralenti ce qui vous laisse largement de le temps de placer quelques enchainements de toute beauté et vous sortir sans trop d'efforts d'une situation critique.

A cela viennent s'ajouter les torture attacks. Quand vous avez assez comboté et Witch timé, votre jauge de "magie" se remplit et en appuyant simultanément sur poing et pied près d'un ennemi vous effectuerez une mise à mort à base d'instruments de tortures médiévaux, en référence aux chasses aux sorcières. Cheval d'arçon et vierge de fer seront de la partie. Amenez vos amis SM.

On notera des versions géantes de ces Tortures, les "Climax". Ils se déclenchent de la même façon une fois que la vie d'un "boss" de fin de niveau a été vidée. Une incantation capillaire colossale sous la forme d'une araignée, d'un loup ou de 6 mains géantes avale alors l'ennemi d'une façon super gore.


Et genre ça, c'est un démon araignée capillaire. Des fous, les mecs de Platinum Games, des fous.



Rodin should be paying me for even touching these toys.
Tout ça, c'est pas mal. Mais si je rajoute les armes temporaires récupérables sur les cadavres des différents ennemis et celles permanentes obtenues en récupérant des vynils cachés dans certains niveaux on se retrouve avec des dizaines de façon d'écorcher ces vils anges.

D'ailleurs je vais m'arrêter un peu là dessus.
Le jeu vous permet d'avoir deux "armes" équipées en même temps. Un emplacement pour les bras, un pour les pieds. Vous commencez avec deux paires de flingues roses. Oui, Bayonetta tire aussi avec les pieds. Et puis on cherche les différents équipements et on tombe sur des shotguns et un katana. Jusque là, c'est assez classique, même si le Katana se joue tout de même différemment des poings/flingues. Et puis le jeu sombre dans la folie. Des griffes de feu et d'électricité, des patins à glace de combat, des bazooka qui peuvent aussi se porter aux pieds. Les développeurs de Platinum Games sont dingues. Et encore, on nous offre aussi un sabre laser une fois le jeu fini en hard.

Et c'est sans compter les accessoires, un talisman remplace le Witch Time par une bombe, un autre autre permet de bloquer les attaques des ennemis en pressant le stick droit dans la direction de l'attaque adverse et j'en passe. Des fous, je vous dis, des fous.


Shuraba, l'épée des sorcières bad-ass.



In a universe of light and dark where perception is reality...
Parce que cette folie se retrouve aussi dans le level design. On passe de Vigrid, à l'architecture gothique à une vision sous acide du Paradiso de Dante. Avec des bâtiments et des iles placées presque au pif. Oubliez tout sentiment de connaitre ce qu'est la gravité dans les niveaux de milieu de jeu. Le pire, c'est que ça passe bien. On est jamais bloqué par une énigme idiote, jamais perdu. Tout est simple mais limpide. Parfait pour un beat them all, donc. Également, c'est au bout de ma troisième partie que je me rend compte que certains bout de niveau ont été réutilisés à 3 chapitres d'écart. Mais leur gestion et corrélation est tellement éclatée entre les différents plans d'existence que ça ne frappe pas immédiatement. Et si ça frappe, ce sera avec des talons de 20centimètres attachés à des bazookas.

Evoquons aussi les Alfheim, ces portails au nombre de 21 cachés dans les différents niveaux du jeu. Je vois déja les rigolos qui trouvent les paquets cachés de chaque GTA qui rigolent au fond. Bah rigolez pas, ils sont super bien cachés. Et ne s'activent souvent qu'avec certaines conditions. Après, le 10e combat, reviens jusqu'au début du niveau pour le retrouver ! Autant dire que sans guide, ça relève du défi pur et dur. Sans parler des vrais, de défis, à l'intérieur de ces mêmes portails. Parfois assez salés. Le principal c'est qu'une fois réussis, ces Alfheim vous récompensent toujours par un peu plus de vie ou de magie pour votre héroine.

Malgré tout ça et le bordel que ça parait sur le papier, les combats ne se relèvent que rarement brouillons. Que l'on parle d'une tatane de 6 ennemis en même temps avec esquives, contres, contres de contres ou des 5 boss faisant à peu près 25 fois la taille de l'héroïne, on sait toujours à peu près où l'on est et ce que l'on doit faire. C'est assez formidable. Seul bémol, les contrôles de la caméra sont assez mauvais, inversés par défaut. J'ai tripatouillé les options dans tous les sens, ça ne change absolument rien. La caméra vous trahira vraiment rarement mais quelques énervements auraient pu être évités avec un peu plus d'attention sur le sujet.


Un aperçu du Paradis. Ca fait envie, non ?



Now, Little One...
Autre point intéressant : il y en a pour tout le monde. Vous n'avez pas touché à un beat them all depuis la Megadrive ? A l'époque vous arriviez à la fin du jeu uniquement parce que Roberto, votre meilleur pote, jouait en co-op avec vous et s'occupait de tout ?
Monsieur Kamiya a pensé à vous. Avec des modes very easy et easy tous pétés enclenchant l'option "automatic" qui permet d'enchainer les combos juste en bourrinant un seul bouton, vous arriverez vous aussi à suivre à peu près ce voyage psychédélico-religieux qu'est Bayonetta. Mais si vous avez des couilles, si vous voulez toucher la beauté et la maitrise du bout des doigts. Alors vous jouerez en normal. De toute façon, il n'y a rien de "plus dur" disponible dès le départ. Mais vous allez aimer le mode Normal. Sa courbe de progression est impeccable. Le jeu vous amène avec lui, vous fait comprendre peu à peu les subtilités du jeu sans rien vous enfoncer dans la gorge directement. Vous aurez tout le loisir de découvrir des tonnes de fonctions et petits tweaks pour le jeu cachés dans les menus. Ainsi la difficulté croissante passe super bien et on ne stagne jamais. Si bien, que quand le jeu est fini. Vous êtes prêts pour le relancer en hard et là, ça défouraille plutôt sec.


Les boss battles gigantesques vous feront frémir.



You want to touch me ?
Graphiquement, ça se tient, rien d'extraordinaire certes mais quand il faut afficher 5 monstres à l'écran, des effets de partout et des mouvements rapides, le jeu gère. Même s'il a apparemment besoin de faire disparaitre certains ennemis de l'écran au moment des torture attacks. Ce n'est pas tant la classe des textures qu'on retiendra mais bien celle des animations ainsi que la manipulation de la perception du joueur.

Si vous avez le choix, évitez par contre, la version PS3. Autant sur 360, on tourne à 60 FPS de manière générale autant chez Sony, ça pèche un peu plus et les temps de chargement sont ridiculement longs. Un patch est normalement sorti pour corriger le tout, mais il vaut mieux prévenir.

Niveau son, on a de tout. Des choeurs, de l'épique, de la J-pop, du Jazz et deux thèmes chantées par la soeur de Lio. Dont un remix de "Fly me to the moon". Qui malgré mon purisme passe impeccablement et donne un classe non discutable aux combats dans lesquels, elle est employée.

Les acteurs s'en tirent très bien et Bayonetta pète de charisme malgré son accent anglais et ses réactions tour à tour snobinardes ou putassières. Il est bon de noter que le jeu joue énormément de l'aspect "sexy" de son héroïne, en lui faisant prendre des pauses biatch toutes les 5 minutes, s'alimenter de sucettes et autres. Le tout est fait d'une manière tellement over the top (comme tout le reste), qu'on rigole avec le jeu de tout cela. Ca s'en tire beaucoup mieux qu'un Tomb Raider par exemple qui nous balance des roberts à tout va mais s'en cache à moitié ne faisant jamais référence aux proportions exagérées de l'héroïne.

Ce n'est pas tout, les amateurs vidéoludiques remarquerons directement des références à Viewtiful Joe, Resident Evil 4, After Burner, Devil May Cry et j'en passe. Le jeu ne se prend jamais au sérieux même quand sa narration l'est. Formidable.


Are You Ready ? Break It Down (D-Generation X !)



I have an achievement fever...
Une très bonne liste de succès cette fois. On a bien sur beaucoup de points pour finir le jeu en normal, hard puis climax (super hard) et pour les objets à trouver, nottament les alfheims. Ce n'est pas tout, plusieurs achievements portent sur des méthodes de combat et une utilisation particulière d'une certaine arme ou objet. Rajoutons à cela des titres rigolos comme "I'm a bi... I mean Witch" et des icones en forme de vitraux et on obtient 1000G à s'enquiller en appréciant chacun des points. Le plus beau, c'est qu'obtenir tous les succès ne veut pas dire tout explorer dans le jeu. Il y'a encore beaucoup à faire et découvrir, notamment un boss et d'autres armes cachées. Ceux qui veulent se la péter apprécieront aussi le système de score permettant de refaire un niveau juste pour s'améliorer. Voilà un jeu à la replay value immense avec 3 tonnes de contenu. Et sans DLC. A l'ancienne ma bonne dame.


Oui, c'est vous la bonne dame !



... And the only cure is more dead angels.
Là d'ailleurs, j'y retournerai bien. L'éprouver, à nouveau, cette coquine de replay value. 30heures sur le jeu, et je ne m'en lasse pas.

Pour finir : Bayonetta est surement ce que le beat them all a produit de mieux depuis Ninja Gaiden. Ne me faites pas rire avec God of War. Maniabilité au poil, level design ahurissant, univers envoutant, combats épiques, bande-son folle. Ce jeu a tout pour plaire, sans jamais prendre le joueur pour un demeuré. Même une caméra plus que perfectible ne m'empêche pas de le déclarer dès maintenant :
Bayonetta sera l'un des meilleurs jeux de cette année et si j'étais quelqu'un qui aimait noter ses jeux, ce serait 10.

Sur 10.

Et pis, c'est tout.

AUTEUR: ZARMA

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