Alan Wake sur Xbox 360, le test de Oded

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Oded
10
Oded X360

Le poète et sa muse

 

Préambule…
5 ans… 5 ans se sont écoulés entre la première capture écran du mystérieux écrivain et sa sortie. 5 longues années d’attente pour avoir enfin entre les mains la boîte noire et son titre en lettres lumineuses : « Alan Wake ». 5 années rythmées par des rumeurs et des hypothèses : « GTA-like », « bac à sable », « survival-horror », « action/aventure »… 5 années durant lesquelles Remedy a lâché sa licence phare (Max Payne) pour tout miser sur du neuf, du nouveau. Pari réussi ?

Mon nom est Alan Wake…
Alan Wake nous expose l’histoire d’un écrivain de romans et de nouvelles sur le thème de l’horreur et du thriller. Ce dernier est frappé d’un mal connu chez les écrivains : le syndrome de la page blanche. Depuis quelques temps, il lui est impossible d’écrire la moindre ligne, perte totale d’inspiration. Pour se changer les idées, il décide de partir en vacances avec Alice, sa compagne, dans une petite ville de l’état de Washington (Cascades) du nom de Bright Falls. C’était sans compter sur un certains nombre de phénomènes étranges que le joueur tentera de comprendre et de résoudre en incarnant Alan Wake. L’histoire s’articule autour de cette trame principale mais dispose d’un univers bien plus riche et bien plus profond qu’il n’y parait aux premières heures de jeu, univers largement inspiré des romans de King, des œuvres de Lynch et des légendes urbaines. Remedy ne s’est d’ailleurs jamais caché de puiser son inspiration dans Lost, Twin Peaks ou Misery et on ne leur en tiendra aucunement rigueur à la vue de cet univers maitrisé au millimètre près. En effet, sans délivrer des éléments du scénario, sachez que rien n’est anodin dans Alan Wake : chaque personnage, objet, citation, réflexion a son rôle dans le déroulement et la compréhension de l’intrigue et le joueur s’étonnera surement de se voir élaborer des théories sur le fin mot de l’histoire des heures et des jours entiers après avoir fini le jeu et rangé le CD dans sa boîte. Car oui, l’histoire d’Alan Wake est bien plus vaste qu’il n’y parait.


Trekking dans les Rocheuses…
Pour résoudre les différents mystères qu’Alan Wake trouvera sur son chemin, le joueur devra se frayer un chemin entre les Sequoia des montagnes de Bright Falls, des routes sinueuses et des ruelles sombres, le tout en terrassant les ennemis qui lui barre la route à coup de lampe torche et de revolver. Car, oui, le gameplay d’Alan Wake se résume souvent à des combats de nuit avec le même arsenal restreint : lampe, fusée, carabine, pistolet (NB : difficile d’imaginer un gameplay réaliste présentant un écrivain se baladant dans les bois avec une armure en acier, un bazooka et faisant des bons de trente mètres). En ce sens, le gameplay d’Alan Wake est banal mais cohérent. En effet, notre petit Alan se fatigue en courant, se blesse en tombant de trop haut, a du mal à viser, à esquiver… Bref un écrivain perdu dans les bois… Petite réflexion supplémentaire que j’ai eut sur le gameplay une fois le jeu fini : nous sommes là face à un jeu qui propose un gameplay au service de son histoire, et non l’inverse comme on peut le voir dans pas mal d’autres jeux récents.


Qui a éteint la lumière ?…
Pour rajouter à l’ambiance générale du jeu et tenir le joueur en haleine, Remedy a découpé Alan Wake en plusieurs épisodes et propose de voir un résumé de l’épisode précédent au début de chaque nouveau chapitre. L’idée est plutôt bonne mais elle a surtout forcé le studio à construire des fins passionnantes et intrigantes pour chaque épisode, ce qui rend le joueur encore plus impatient de connaître la suite. En plus de ce découpage, Alan Wake propose une bande son et une ambiance sonore en parfaite cohérence avec les phases d’actions et le scénario, le tout rajoutant une dose supplémentaire à l’immersion totale dans l’univers de Bright Falls. Les phases de nuit sont tellement intenses que l’on prend plaisir à voir apparaitre l’aube et à souffler quelques minutes pour explorer les environs et admirer le paysage des Cascades. Hélas, ces phases de jours sont souvent trop courtes et n’ont comme utilité que de nous reposer les méninges, chercher un ou deux thermos de café, et regarder la montagne enneigée au fond de la vallée.


Alone in the HD…
Car oui, loin d’être une claque graphique, Alan Wake propose un design cohérent et agréable. On pouvait craindre le pire après 5 ans de développement mais il n’en est rien. Remedy a su proposer un jeu au design moderne, avec des textures splendides et d’autres plus limites. Il n’y a guère que l’animation faciale et quelques textures de bâtiments qui souffrent des années de conception. Le reste forme un ensemble en adéquation avec l’univers et est très appréciable pour peu que l’on remette le jeu dans son contexte. En revanche, la gestion de la lumière et des ombres (notamment lorsqu’on utilise une fusée éclairante) est bluffante, chapeau Remedy.

 

Univers/Scénario : LE gros point positif du jeu. Un univers riche, complexe et maitrisé de bout en bout.

Durée de vie : Un peu plus de 12 heures pour finir le jeu en mode normal. Encore quelques heures de plus pour le finir en difficile et récupérer toutes les pages et les thermos.

Technique/Gameplay : Gameplay simple mais efficace et cohérent avec le scénario. Logique d’avoir un arsenal restreint dans un jeu qui mise tout sur la survie et l’ambiance. Dommage d’avoir trop peu de phases de jour permettant d’explorer Bright Falls et analyser les objets ramassés durant la nuit. 

Musique/Ambiance : Un gros point pour les musiques qui proposent un mélange de styles et pour l’ambiance générale qui se dégage du jeu via les effets sonores et les bruitages.

Graphismes/Design : Quelques textures baveuses et une animation faciale grossière. Le design de Bright Falls et de ses environs est très réussi. Une mention spéciale pour les effets de lumière et d’ombre parfaitement maitrisés et sublimes. 

 

Conclusion : Pari réussi ? Oui. L’attente en valait vraiment la peine. Remedy nous propose là un jeu dans la lignée de Max Payne avec un scénario digne des plus grands films/séries TV, un univers cohérent et intriguant, un rythme qui laisse peu de répit au joueur et un déroulement de l’action qui pousse à jouer encore et encore pour connaitre le mot de la fin et attendre avec impatience la suite.

 

Conseil : Pour ceux qui ont l’édition collector et qui se demandent par où commencer, je conseille les 6 épisodes préquelles de Bright Falls en premier, suivi par le jeu, et enfin le livre de Clay Steward.

 

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