Max Payne 3 sur PlayStation 3, le test de sopor

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Des balles et des claques...

Max Payne 3 me pose un vrai dilemme : la somme de ses défauts est à peu de choses près égale à la somme de ses qualités. J’ai pris autant de plaisir que j’ai pesté ou froncé le sourcil devant les (noires) aventures de Max, des bars et des rues sombres de New York aux favelas du Brésil, entre film interactif et gameplay exigeant.

Max Payne 3, c’est un 38 tonnes qui a écrasé toute votre famille, c’est un scénario d’Inarritu acoquiné avec Hubert Selby. Noir c’est noir. Max c’est Nathan Drake défoncé, sous médocs, drogues et alcool. Quand on croit qu’il ne peut plus tomber plus bas, le plancher s’écroule encore et Max est juste bon à compter les cadavres.

Rockstar, quitte à en faire trop, a décidé de mettre le paquet : Max souffre et ça se voit. A l’écran surtout. Une expérience psychédélique pour les yeux tant les effets, jeux de couleurs, dédoublements d’images, inserts textuels, flous se multiplient. Le procédé en agacera plus d’un mais le jeu a une vraie gueule, psychotrope au possible, incarnée par cette tête brûlée de Max, boule à zéro ou barbe d’une semaine et bouteille à la main. Le tout plongé dans le marécage musical des excellents américains d’Health qui signent une OST marquante qui colle au jeu comme la poisse à Max.

Un tel emballage (graphique et artistique) est suspect. Max Payne 3 est un shooter de luxe, ultra scénarisé et ultra mis en scène. Dans ce superbe écrin (la description des favellas et de la basse société est bluffante), le joueur se sentira souvent à l’étroit : couloirs, environnements vétustes, phases de rail shooter, scripts en pagaille. Rockstar répond du tac au tac aux blockbusters déjà en place : un train lancé à pleine vitesse avec le joueur dedans.

Pour autant, le gameplay sait faire preuve de richesse et même de finesse, pour peu qu’on enlève toute aide à la visée. Max Payne 3 (en difficile) reste un challenge de taille et Rockstar ne prend jamais le joueur par la main : à lui d’utiliser au mieux le bullet-time et le shootdodge pour s’en sortir face à des ennemis nombreux et qui n’hésitent pas à déloger Max de son cover. Gratifiant, jouissif mais aussi frustrant quand on déclenche un script pour la dixième fois ou que le jeu nous replace en plein milieu d’une fusillade. Les séquences ressemblent alors à du par cœur et les environnements ne permettent presque aucune variation dans les approches. Moi vois, moi tue.

Max Payne 3 souffle le chaud et le froid. Brillant, iconoclaste et racé, enchainant quelques scènes cultes (les favelas, le bus, l’aéroport), il laisse toutefois un goût amer dans la bouche du joueur, ballotté comme un pantin d’une séquence à l’autre, sommé d’exécuter tout ce qui se dresse devant lui et d’écouter Max geindre d’en être arrivé là. Des balles et des claques.

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