Max Payne 3 sur PC, le test de gabs431

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Max on fire

Les notes résonnent dans le casque, le thème mythique est remixé juste ce qu’il faut pour provoquer des frissons. Plus de dix ans ont passé, dans la vie comme dans le jeu. Mais il y a certaines choses qui ne changent pas.  Certes il a troqué son trench-coat noir pour un costume à peu près repassé, mais c’est juste une apparence. Max est toujours alcoolique, drogué et dépressif.



Tu ne le sais pas mais tu es déjà mort

Car malgré son installation chez Rockstar, mr Payne reste profondément le même. Le studio célèbre pour ses GTA a réussi à garder intact l’esprit de la franchise. Si les premières images diffusées avaient provoqué un tollé, de par l’abandon de New York au profit de Sao Paulo et de la nouvelle tête de Max, rien de tout ça n’était finalement fondé. Car ce qui marque le plus dès les premières minutes, c’est qu’on retrouve à peu de choses près ce gameplay que l’on affectionnait tant il y a dix ans. Nerveux  et toujours aussi chorégraphique, le bullet-time fait bien entendu son retour. La prise en main se fait instantanément. Si l’apparition d’un système de couverture passe un premier temps comme contre-nature dans ce jeu, finalement l’ajout s’intègre plutôt bien. L’interface reste celle d’il y a dix ans, avec son petit bonhomme rougissant qui se vide au rythme des painkillers. Ce n’est pas compliqué, on croirait que Max Payne 2 est sorti hier, tellement on retrouve facilement ses marques en alignant les têtes en shootdodge à la pointe de la souris.

C’est d’ailleurs lors du premier saut au ralenti que l’on se rend compte de la qualité des animations. C’est simple, il y aura un avant et un après MP3. Tous les mouvements de notre héros sont naturels, dans toutes les positions que ce soit : en l’air, couché par terre, à couvert… C’est réellement impressionnant, il faut le voir pour comprendre. Mais ce réalisme implique une inertie du corps, qui rend le jeu moins percutant dans les fusillades, enlevant un peu de la folie des anciens opus. Un mal pour un bien.





L’alcool ça conserve !

Si le gameplay est resté à peu près identique, le moteur du jeu est là pour montrer que nos PC survitaminés d’aujourd’hui servent à quelque chose. Ce n’est pas compliqué, Max Payne 3 est sans doute l’un des plus beaux jeux actuels sur cette plateforme. Et comble du comble (enfin pour Rockstar), il tourne parfaitement quasiment TAF sur ma config (I7 2670QM, 6Gb, GTX 560M) en 1980, avec de très nombreuses options qui permettent de le configurer au poil. Un plaisir.

Mais cette optimisation a un prix. Sans doute à cause de son adaptation aux consoles, MP3 charge souvent, très souvent, les niveaux. Si ces loadings sont cachés par des cinématiques réalisées avec le moteur du jeu, on a l’impression à force d’aller d’une arène à une autre sans aucune liberté. C’est simple, dès que Max s’approche d’une porte, cinématique, s’approche d’un bouton, cinématique, veut tuer quelqu’un, ciném… ah non bullet-time pardon.





Tu me fais de la peine, Max

Ce parti pris technique a de fait un gros impact sur l’histoire. Fini les planches de BD, ici on se rapproche plus d’un film interactif que d’un jeu. C’est simple, afin de vous donner un exemple, en lançant une partie, il s’écoule à peu près 5 minutes (sans exagérer) avant de pouvoir diriger le personnage. Ajoutez à cela la voix de Max qui commente quasiment tout ce qui se passe à l’écran en s’apitoyant souvent sur son sort et vous comprendrez que certains détesteront.

Malgré ce choix de Rockstar, on ne peut que constater le soin apporté à l’histoire. S’il elle ne révolutionnera pas le monde, elle a le mérite d’être un peu fouillée et d’aborder des thèmes peu communs et assez glauques. C’est d’ailleurs ici qu’on sent le plus clairement le changement de studio car au lieu du polar noir cher à Remedy, on retrouve ici l’univers caractérisé des créateurs de GTA doppé au film Man on Fire avec gangs, critique de la société et misère humaine. Les trailers et images tout en couleurs utilisés pour la promotion sont décidément trompeurs tant le scénario est violent et malsain et tant Max en prend plein la gueule.

C’est donc avec intérêt que l’on se laisse guider à travers les 13h qu’il faut pour terminer la campagne solo en difficile. D’ailleurs à ce sujet, attention. Le plus haut mode de difficulté est mal équilibré et frustrant : on n’a quasiment pas de Bullet-time, les ennemis sont ultra résistants et bénéficient d’un aimbot très voyant  qui fait qu’on passe beaucoup trop de temps derrière un abri ou à user du die & retry pour connaitre les routines des ennemis.




Thérapie de groupe

Comme les succès et babioles à débloquer en fouillant les niveaux, le multi est aujourd’hui un passage obligé pour n’importe quel titre AAA. Mais pour une fois (contrairement à Dead Space par exemple), il est tout sauf baclé. Les développeurs ont réussi à trouver comment utiliser le bullet-time en multi (il n’affecte que les joueurs dans le champ de vision) tout en diversifiant les modes de jeux, avec du deathmatch mais aussi un mode « guerre des gangs » qui pousse au teamplay en obligeant à remplir des objectifs en équipe. On retrouve bien entendu les désormais traditionnels systèmes de progression et de déblocage des armes, avec cette fois-ci une contrepartie bien agréable qui corrèle la rapidité des mouvements et de la visée avec la puissance des armes et leur poids, empêchant le grosbillisme. Le peu que j’ai passé dessus m’a paru réellement agréable et avec beaucoup de potentiel. Je doute tout de même que cela suffise à garder les serveurs remplis bien longtemps.



Avec Max Payne 3, Rockstar a réussi à reprendre avec brio la série à succès de Remedy. Si les partis pris, que ce soit au niveau du gameplay, de l’univers ou de l’histoire sont critiquables, on ne peut que s’incliner devant la qualité du travail rendu par les développeurs. Le soin apporté aux animations, à la narration, au multijoueurs et aux graphismes font de cet opus  une réussite.

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