Tales of Vesperia sur Xbox 360, le test de CaliKen

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CaliKen
10
CaliKen X360

L'amour est aveugle

Allez hop, troisième test Gamebloguesque pour ma pomme, et, encore une fois, va pas falloir s'attendre à du super objectif.

Qu'est-ce que tu veux, le jeu vidéo, je le vis de l'intérieur.

Mes deux premiers tests étaient bien rétros comme il faut, ayant successivement parlé de Secret of Mana puis de Chrono Trigger (opus DS). Me voici donc face à mes propres responsabilités... Je me dois donc de tester mon premier jeu sur une console actuelle... De la sueur se forme sur mes tempes, mes yeux se plissent involontairement et mes tétons durcissent, mais je ne faillirai pas.

Trêve de blagounettes. Je suis resté un papy du Aireuh Pi Dji à la japonaise, fan de la première heure des bons vieux jeux à l'ancienne, nippon ni mauvais (grande forme aujourd'hui didonc...) avec un scénario parfois niais, mais proposant un vrai voyage et une vraie patte graphique. Voilà pourquoi j'ai toujours eu du mal à franchir le cap avec les RPG japonais plus ou moins réalistes, avec des graphismes 3D, comme les derniers Final Fantasy ou Lost Odyssey (rien qu'à voir la coiffure du héros, et sa mèche du milieu fixé de façon dégueulasse sur son visage, ça me donnait la nausée).

Non, moi je voulais du dessin animé-like, des persos pas forcément super kawaï, mais quand même avec une identité propre, assez proche d'un anime. Ayant déjà joué et bien aimé Tales of Phantasia qui repoussait la Super Famicom dans ses derniers retranchement, avec des voix digitalisées à faire pâlir Dark Vador, j'ai redécouvert la série sur la next-gen de l'époque en me plongeant dans Tales of Symphonia qui, pour moi, fut une vraie révélation. Un jeu magnifique, plein de petits défauts, mais qui devenaient complètement invisibles chez moi, complètement hypnotisé par la magie du jeu.

Avec Tales of Vesperia, le niveau monte d'un cran. Ce que je pouvais reprocher à Symphonia disparait (scénario parfois un peu enfantin, voire bancale, dialogues sympas mais un peu gnangna parfois) en ne laissant au jeu que quelques défauts qui, pour certains pourraient paraître majeur. La liberté de déplacement, par exemple, est à l'opposé d'un Zelda. Il n'est pas rare de tomber sur des murs invisibles dans une ville, de trouver les chemins des donjons très linéaires ou de pester contre le côté ultra rigide des persos lorsqu'ils se déplacent.

Pour moi, ces détails n'étaient réellement que des détails. Autant j'ai du mal parfois à me mettre dans l'ambiance d'un jeu, autant, paradoxalement, je peux faire abstraction de quelques défauts si le soft me séduit d'emblée. Et là, il y a quelque chose qui me fait plaisir direct : le chara design, assuré encore une fois par Maître Kôsuke Fujishima. Père de You're Under Arrest et de Oh My Goddess !. On peut ne pas aimer son style, mais il faut bien l'avouer (pour tous ceux qui, comme moi, on toujours rêver de voir le RPG, et le jeu vidéo en général, évoluer vers un vrai dessin animé interractif) : voir l'alliance de ce Cell Shading plutôt bien foutu et ces cinématiques chiadées, trop rares malheureusement, ça fait zizir, comme dirait l'autre.

Le reste n'est que poésie. Je me laisse embarquer par ce scénario, beaucoup plus troublé qu'il n'y parait au premier abord, avec un héros qui n'est pas, pour une fois (et contrairement à celui de Tales of Symphonia) un petit jeune écervelé qui veut sauver le monde. Ici, on a le droit à un type plus sombre, et beaucoup plus travaillé psychologiquement. Oh, bien sûr, les liens entre les personnages ne vont pas jusqu'à prendre l'épaisseur de ceux des plus grands RPG occidentaux (qui a prononcé Baldur's Gate II ?), mais on est quand même agréablement surpris de voir que tout a été bien travaillé, et que les voix américaines (donnez-nous la possibilité d'avoir les voix japonaises, je vous en supplie) ne sont pas trop mauvaises.

Autre bon point : les combats. Pour ma part, j'ai eu la chance de faire l'intégralité de l'aventure avec ma dulcinée. Et le fait de pouvoir faire les combats jusqu'à quatre (bon, là nous n'étions que deux, elle n'est pas encore prête pour les parties à quatre... hum... enfin bon passons) ajoute beaucoup de stratégie et d'intensité aux combats. Combat extrêmement dynamiques d'ailleurs. C'est bien la première fois que je me jette volontiers dans n'importe quel combat dans un RPG. Le syndrôme du "j'en ai marre, je vais éviter les ennemis" ne prend pas du tout ici. Du moins quand on joue à deux. Pour la petite histoire, ma chérie avait prit Rita, la magicienne et moi, Yuri, le héros, pour le corps à corps. Et bien ça devenait très technique.

Vas-y pupuce, lance ton sort !

Je peux pas encore, il est long à charger. PROTEGE MOI, AAAAAAAAAAAH !!!

J'ARRIIIIIIVE !

Hum... bref, quelques disputes plus tard, et nous étions parfaitement synchronisés, ce qui est vraiment kiffant lorsqu'on affronte des gros monstres ou des boss. Le système de combat est bien pensé et on ne s'ennuie vraiment pas, tant il y a de choses à faire : la jauge de hors limite qui se remplit progressivement et qui permet ensuite de transformer son personnage en vraie machine à tuer et à enchaîner des combos bien dévastateurs. On ajoute à ça les attaques spéciales, les enchaînements, les magies qui sont plus ou moins efficaces, et les petits trucs qui font que, lorsqu'on a fait plusieurs magie de même type sur le même ennemi, un petit sceau apparait autour de lui. C'est là qu'il faut appuyer sur je ne sais plus quelle gâchette, pour lancer une attaque ultime qui tue n'importe quel ennemi (sauf les boss) en un coup.

Tout ça pour dire que c'est prenant, et bien technique (voire tactique parfois).

Graphiquement, le jeu passe du très beau (pour certains décors) au banal pour des endroits pas vraiment glop, avec une animation parfois à la ramasse lors des phases d'exploration, mais bien foutue pour les combats. On prend quand même beaucoup de plaisir à voir le tout, très coloré.

Le son, c'est une autre histoire. Autant la musique d'intro Ring a Bell est vraiment sympa (pour quiconque n'est pas allergique à un peu de J-Pop), autant parfois, les musiques sont vraiment peu inspirées. On a trois accords qui se succèdent, des sonorités qui n'ont rien de folichons... C'est peut-être le seul point négatif qui m'a gêné dans le jeu, étant donné que j'accorde beaucoup d'importance à la musique dans un jeu vidéo.

Le reste n'est que poésie, disais-je... J'oublie certainement d'autres détails, mais Tales of Vesperia est clairement, pour moi, le meilleur RPG japonais sur les consoles actuelles. Car il reprend les bases des RPG old school, ajoute quelques nouveautés qui ne nous chamboulent pas, mais rendent le jeu bien plus intéressant (notamment les combats) et qu'il propose une histoire qui, sans être exceptionnelle, m'a fait vibrer. De la poésie, un peu de gnangnan, de l'action, du voyage épique... c'est tout ce que je demande.

Pour ceux qui souhaitent un bon RPG des familles, je ne peux que vous le conseiller.

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