Uncharted 2 : Among Thieves sur PlayStation 3, le test de balaziouf

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The real Drake's fortune

Fin 2007, Naughty Dog sortait sa nouvelle licence pour ps3. Uncharted : Drake’s fortune arrivait à point nommé pour les fête et s’imposait, malgré quelques lacunes techniques et une aventure à la fugacité critiquables, comme la nouvelle licence phare du développeur américain. Un peu moins de deux années plus tard, Nathan Drake revient dans un épisode qui tente de parfaire les acquis de cette série déjà incontournable.

 

Su de tout un chacun, la relation entre Naughty Dog et Playstation ne date pas d’hier. Plus mercantile qu’affective, elle a su accoucher des principales mascottes de la firme nippone, quelque soit la génération de console. Qu’il s’agisse de Crash Bandicoot sur la première machine de Sony où Jak and Daxter sur PS2, il faut concéder que ces séries ont su se tailler la part du lion dans le domaine de la plate-forme grâce à un gameplay toujours très intuitif et à des réalisations impeccables. Mais avec la troisième console de salon de Sony, les velléités d’évolution de la part du développeur américain se sont faites effectives. Lorgnant peut-être vers un aspect plus ‘gamer’ propre à la bête technologique qu’est la Playstation 3, Naughty Dog s’est donc orienté vers un jeu d’action plus musclé, adulte, mais toujours aussi efficace en terme de prise en main. Optant pour un compromis équilibré entre Tomb Raider et Gears of War, ils ont ainsi accouché de Uncharted : Drake’s Fortune à l’hiver 2007.

 

NATHAN WAKE

Deux années plus tard, Nathan revient sur la console de Sony et ce, en piteux état. Car de prime abord, on le retrouve se réveillant, meurtri, dans un train tendu à la verticale, au dessus du vide. S’en suit une phase de plate-forme bête, méchante et surtout inoffensive, visant à introduire les néophytes au gameplay du jeu. Dès lors, comme dans un bon film d’action, on comprend que ce préambule nous situe au milieu de l’aventure. S’en suivront alors des réminiscences du héros qui indiqueront au joueur comment notre protagoniste en est arrivé là.

C’est ainsi que le joueur, sur les traces de Marco Polo, sera transporté des égoûts d’Istanbul aux hauteurs de l’Himalaya, en passant par la forêt tropicale de Bornéo et ce afin de venir à bout d’une quête, celle de la pierre de Shintamani, minerai aux pouvoirs mystiques, conservé dans le pays de cocagne qu’est Shambala. La clé de l’aventure est de trouver ce trésor tant convoité avant que des gens (forcément) peu fréquentables ne mettent la main dessus. Mais en dire davantage serait criminel et il me semble en avoir déjà trop raconté…

 

TOUT NE TIENT QU’A UN FIL

En termes de gameplay, Uncharted 2 est un monstre d’efficacité. Car outre les phases de plateforme qui se révèlent finalement assez simples dans l’ensemble, le jeu oscille habilement entre action, exploration et infiltration. Ce cocktail détonnant se révèle particulièrement bien calibré même s’il faut concéder que les phases d’infiltration se comptent en portion congrue et n’apparaissent qu’au début du film… oups, du jeu. Elles laisseront rapidement place à l’action pure et même parfois assez dure. Car les confrontations à base de gunfights ne sont pas à prendre à la légère. Uncharted 2 adopte ainsi un système de jeu en Third-Person-Shooter (TPS) aussi musclé qu’efficace. On retrouve ici tous les mécanismes devenus classiques depuis la mise en orbite de Gears Of War, notamment un système de couverture efficace, et sensiblement la même jouabilité que la licence d’Epic dans les grandes lignes. Seulement, outre cette forte inspiration, on notera que cet opus dispose d’un système de combat à mains nues (pour les corps à corps) très agréable. A base d’une touche d’action, on pourra ainsi frapper son adversaire qui sera tout aussi capable de parer et contre-attaquer notamment par le biais d’une prise de corps. Le joueur sera alors lui aussi dans la capacité de contrer avec la touche triangle et au cas où ce dernier manquerait de mémoire ou de réflexe, le jeu lui rappellera constamment cette capacité à partir d’un QTE. A noter que ces phases de combat sont ponctuées par des ralentis notamment lors de ces fameux contres.

Outre ces phases musclées, on retrouve nombre de petites actions contextuelles comme faire la courte échelle à un partenaire pour qu’il grimpe sur une plate-forme plus élevée afin de proposer un moyen d’avancer. Il faudra également désactiver quelques alarmes dont les boitiers ne seront pas bien difficiles à trouver. Car le jeu distille effectivement son lot d’énigmes. Le joueur devra ponctuellement résoudre quelques casse-têtes à l’aide du petit carnet que le héros garde dans sa poches, tel un apprenti-Indiana Jones, et que le joueur pourra consulter à tout moment. Ces énigmes se révèleront finalement assez sommaires mais auront la qualité de rythmer encore davantage l’aventure. Car tout le charme d’Uncharted 2 repose finalement sur ce joli pot-pourri de genres qui ne cantonne pas le joueur à des phases de shoot linéaires. C’est un écueil qu’évite habilement Naughty Dog, afin de ne pas subir une des rares critiques que peuvent essuyer les Gears of War : leur répétitivité.

Les phases d’explorations, elles, portent globalement sur le jeu de plateforme (qui n’est pas sans rappeler les pérégrinations d’une certaine Lara Croft) et consistent principalement à trouver tous les trésors répartis à travers les quatre coins du jeu. Finalement, sans rien réinventer, Naughty Dog a su savamment doser l’aventure proposée qui ne souffre donc d’aucune linéarité.

 

MARCO

Bien avant sa sortie, Uncharted 2 avait su faire forte impression auprès de la presse spécialisée au niveau de ses attributs techniques et esthétiques. Véritable réussite, ce titre est une pure beauté que ce soit au niveau des graphismes ou de design, même si ce-dernier reste somme toute assez convenu. Car Nathan Drake est, à n’en pas douter, le Indiana Jones de 2010. Mâle aussi sexy qu’attentif aux dernières tendances de la mode, son look finalement très ‘djeun’s’ permet une identification directe du joueur qui s’émerveille à camper l’aventurier qu’il aurait toujours voulu être. Les femmes, forcément de l’aventure lorsqu’il s’agit d’un blockbuster, son elles aussi très charmantes et arborent galbes et minois assez séduisants. Globalement, les visages des personnages ont été très soignés. Traits et expressions sont réussis et le jeu ne peut que difficilement subir des critiques sur ce point, si ce n’est au niveau des yeux peut-être un peu trop brillants.

Graphiquement, Uncharted 2 est une pure réussite et s’impose à ce jour comme une des plus belles productions tous supports confondus. Profitant de librairies mise à disposition par Sony (Sony Computer Entertainment ayant racheté Naughty Dog en 2001), le développeur de Santa Monica a su profiter de cet avantage certain afin de proposer une réalisation hors-pair. Les divers environnements ne souffrent d’aucune baisse de régime et possèdent chacun une identité qui lui est propre. Les couleurs vives et variées de Bornéo sont au service d’une forêt riche et détaillée, mais également de panoramas tout bonnement splendides. Végétation, faune, neige, temples, autant d’éléments, de détails et de lieux qui ont été précieusement soignés, sans compter les jeux d’ombre et de lumière qui sont de très bonne composition tout au long de l’aventure.

 

POLO

Le jeu à beau être un petit bijou aussi bien esthétique que pratique lors des phases de jeu, les qualités graphiques d’Uncharted 2 ont également été mises au service des cinématiques qui se hissent, proportionnellement au jeu dans son ensemble, aux sommets de la réalisation. Ce titre adopte, à n’en pas douter, nombre de code du septième art, ou plus précisément, du film d’action. En effet, il cumule les références au genre dans le but de se poser comme un véritable blockbuster (le jeu aurait coûté la bagatelle de 25 millions d’euros). Et il faut le concéder, au niveau des personnages, le jeu est un ramassis de lieux communs : du beau-gosse aventureux aux gros méchant qui tâche en passant par les deux personnages féminins antinomiques, il ne nous épargne pas vraiment les clichés en la matière. Mais peut-être faut-il y voir un hommage qui serait finalement à peine voilé à un genre cinématographique dont Uncharted 2 gère finalement parfaitement les tenants et aboutissants.

Ne serait-ce qu’en termes de narration, le  jeu nous transpose au beau milieu de l’aventure avant de nous faire revivre le début de celle-ci par le biais de flashbacks. Classique s’il en est, le scénario promet donc moult rebondissements et coups du sort qui forcément auront déjà été vu par l’amateur du genre (les Indiana Jones pour ne se référer qu’à la plus évidente des références). Ainsi, nombreuses seront les phases dans lesquelles notre explorateur favori se retrouvera suspendu au dessus du vide, s’accrochant avec trois doigts à un ultime rempart qui lui aura sauvé la vie. Cette démonstration de forcé herculéenne dans les phalanges pourra peut-être agacer les joueurs les plus à l’affût de réalisme.

 

TRANSPIRER COMME UNE PUTE A L’EGLISE

Toujours dans l’approche ‘superproduction’, on pourra noter que ce titre dispose d’une bande sonore sans faille avec des bruitages qui ne souffrent d’aucune critique, des musiques orchestrales à la hauteur du projet et des doublages français vraiment très bons. Uncharted 2 ne nous dispense pas non plus de la petite touche d’humour qui donne du piment à ce genre de production triple A. Ainsi pourra-t-on assister à un court dialogue entre Nathan et son ami Barry, quinquagénaire libidineux, qui lance en pleine jungle : « J’transpire comme une pute à l’église ! – Quoi ? T’as amené une pute à l’église ? – Pourquoi pas ? » ou encore cette petite remarque que le héros glisse discrètement sur l’arrière-train d’une de ses compagnes : « Dommage que tu doives t’asseoir sur un truc aussi joli. »  

 

Après des débuts efficaces, la licence Uncharted prend de l’ampleur et s’impose comme une nouvelle référence du jeu d’action/TPS avec son deuxième épisode. Beau, prenant et bien mené du côté de la scénarisation, ce titre ne souffre d’aucun défaut majeur. Certes, d’aucun seront réfractaires aux clichés du genre et aux grosses ficelles de l’histoire déjà vue et revue.  Des critiques qui conviennent logiquement à un titre de cette envergure, c'est-à-dire un blockbuster. Mais dans la mesure où le savoir faire de Naughty Dog enrobe tout cela de réussite à tous les niveaux, il serait dommage de passer à côté de l’essentiel : un très bon jeu. Et si l’aventure semble trop courte, c’est bien parce qu’on se désole de la voir s’achever et que l’on en redemanderait encore. Le joueur pourra alors compter sur un multi efficace pour prolonger son plaisir.

 

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