Uncharted 2 : Among Thieves sur PlayStation 3, le test de

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PS3

Who you gonna call? Blockbusters!

Coller cinq étoiles, comme ça, à un titre tel qu'Uncharted 2 signifie-t-il donc qu'on tient là le jeu parfait?

Non, et heureusement.

Sur le fond, Naugthy Dog n'a rien inventé, pas la peine de se mentir. Dès les premières minutes, on sent immédiatement les origines de Drake, filiation tout à fait probable entre Lara Croft, Indiana Jones et John McLane. Probable et géniale.

Mais le fond, justement, intéresse-t-il réellement les développeurs d'Uncharted 2?

Un consensus assez rare d'avis positifs a émergé lors de la sortie du jeu : Critiques unanimes, récompenses multiples, superlatifs... Et aussi certains esprits plus boudeurs, forcément déçus une fois qu'ils avaient la manette entre leurs mains, et de se dire :" Ouais, c'est vrai que c'est pas mal, plutôt très beau, mais c'est du mille fois vus".

Alors, crevons l'abcès maintenant: les esprits boudeurs ont totalement raison... Mais pas complètement.

 

De la subjectivité de la perfection...

Que fait-on dans Uncharted 2 ? On incarne Nathan Drake, chasseur de trésors poissard, cascadeur monte-en-l’air à la recherche d’objets légendaires perdus. Nos pérégrinations nous entraîneront aux quatre coins de la planète, à explorer temples, forêts sauvages, montagnes du Tibet, ou des cités oubliées, le tout poursuivis par de méchants mercenaires qui recherchent des objets magiques afin de devenir les maîtres du monde. Sur le papier, difficile de faire plus série B et moins originale.

Le titre de Naughty Dog est un jeu d’Aventure, comme il existe des films d’aventure ou des livres d’aventure. Nathan n’est ni plus ni moins qu’un Indiana Jones contemporain, et lui reprocher son manque d’originalité thématique, à mon avis, revient à critiquer le mauvais versant de la montagne.

La force d’Uncharted 2 ne réside pas dans sa trame scénaristique, ni même dans le traitement de ses personnages, mais bel et bien dans ses scènes. La question n’est pas de savoir ce que l’on nous raconte, mais davantage ce que l’on fait et comment cela se déroule. En un mot: les péripéties, de la mise en scène pure et dure qui permet d’enquiller séquences cultes sur séquences cultes.

De la scène d’ouverture proprement vertigineuse, aux séquences d’infiltrations, ou de gun-fight, tout est mis en œuvre pour relancer l’action au cœur même de ces scènes.

Prenons comme exemple la séquence du train : Au début de la scène, Nathan doit progresser sur un train lancé à pleine vitesse, remonter les wagons en évitant de se faire repérer et en évitant aussi les panneaux de signalisations qui risqueraient de lui emporter la tête. Puis il faut descendre dans les wagons proprement dits et le jeu enrichie alors son gameplay de gun-fight, de combats à main nues… et enfin arrive l’hélicoptère qui tente de vous canarder et accessoirement fait sauter les wagons un à un, vous poussant à avancer toujours plus vite, tout en maintenant les aspects du gameplay qui se sont empilés les uns sur les autres durant la séquence. A ce moment précis, peu importe l’originalité scénaristique, ni même celle de la situation : Les développeurs ont tout mis en œuvre pour vous scotcher à l’écran.

Viens prendre ta claque…

Et scotchés, vous le serez. Techniquement, Uncharted 2 est bel et bien la claque que l’on attendait depuis… depuis toujours sur PS3. Graphiquement, chaque paysage, chaque objetregorge de détails à vous couper le souffle. Il faut voir la ville au Népal en pleine guerre civile, les textures des bâtiments, les montagnes à perte de vue, la vertigineuse distance d’affichage, les détails sur les panneaux, les vêtements.... À ce titre, vous devriez souvent presque regretter que l’action ne vous laisse pas toujours le loisir d’admirer le décor.

Tout cela a déjà été maintes fois écrits et reste vérifiable sur la pléthore de vidéos disponibles sur Internet. Pourtant, même prévenu, une fois le pad en main, il faut reconnaître qu’on lâche souvent des onomatopées aussi grossières qu’admiratives.

Les musiques épiques portent l’action toujours un peu plus haut, soulignent encore plus l’héroïsme des scènes. Tour à tour galvanisant, intimiste, exotique, le thème principal s’orchestre de différentes manières et, pour beaucoup de joueurs, restera dans les esprits de longues heures après la fin du jeu. Soyez assurés que lorsque vous le réécouterez, des souvenirs d’Uncharted 2 vous arracheront un sourire nostalgique.

Drake répond quasiment au doigt et à l’œil. Difficile de s’embrouiller dans les différentes touches du pad. On tire, on saute, on se met à l’abri via un système de couverture hérité de Gears Of War, et en voiture Simone. L’IA des ennemis, sans être la plus retorse du monde, suffit largement à vous déloger de votre superbe cachette à coup de grenades ou de prise à revers. On notera ça et là quelques incohérences dans le comportement des ennemis, quelques headshot pas toujours efficaces et un brin injustes, mais rien de bien méchant. On est davantage dans le domaine du chipotage.

Tout est une question de rythme…

Et cette aventure peut se targuer de détenir un quasi sans faute. Tablez sur une grosse dizaine d’heures de jeu, alternant majoritairement entre scènes d’actions pure et dures et quelques puzzles mieux intégrés dans l’histoire que pour le premier.

Il y a le rythme dans les actions, mais aussi le rythme du scénario : la narration.

L’introduction… en fait, il n’existe pas d’introduction. Vous allumez la console, quelques logos apparaissent, puis le jeu commence directement, sans vous dévoiler pourquoi vous vous trouvez dans une situation aussi catastrophique. Le ton est donné.

Vous aurez le droit parfois à de longues et somptueuses cinématiques, souvent à de plus courtes utilisant le moteur graphique du jeu. D’ailleurs, Naughty Dog semble avoir énormément réfléchi à la meilleure manière de fluidifier la narration. Pour ce faire, vous ne subirez aucun temps de chargement, les cinématiques vous servant à exposer les enjeux de la prochaine séquence s’enchaînent sans aucune coupure visuelle (puisqu’on se sert ici des graphismes in game)… Enfin, Drake discute avec les PNJ lorsqu’il est accompagné, commente ses actions à coup de punchlines bien senties, ce qui nous permet de comprendre ce que l’on doit accomplir sans que le rythme n’en pâtisse.

Claude Miller ou Renny Harlin ?

Alors, évidemment, on est loin de la finesse psychologique d’un Silent Hill ou plus récemment d’un Mass Effect : Nathan Drake est bel et bien un chasseur de trésor téméraire, malchanceux, maladroit avec les femmes, un peu naïf, courageux etc… Mais il trébuche, tombe, se relève, se fait vanner, se fait souvent avoir… Et tout sonne juste. Pareil pour les deux personnages féminins : La brune sexuée tête brûlée et pragmatique, ou la blonde évanescente plus solaire ?

Tout est très binaire : les méchants sont vraiment méchants et ont des motivations de méchants, les gentils sont… pareils que les méchants, mais gentils.

Pourtant, il faut juger Uncharted 2 pour ce qu’il est. Un digne descendant vidéoludique des films d’aventures des années 80 (Indy en tête), et même de la littérature Pulp des années 50 où les Nazis côtoyaient des savants fous, des journalistes aventuriers, des zeppelins, des femmes fatales, des super soldats…

De l’imperfection objective…

Car, oui, Uncharted 2 peut encore faire mieux. Aussi bizarre que cela puisse paraître, l’aventure subit un petit coup de mou dans le troisième acte. La faute sans doute à une générosité trop envahissante de la part des développeurs. Résultat, sans trop spoiler, deux nouveaux types d’ennemis assez particuliers apparaîtront dans le jeu. Leur nature et leur explication scénaristique sonnent un peu faux et, finalement, n’apportent pas grand-chose à l’histoire. Un peu comme dans le premier volet (pour ceux s’y étant essayé). Défaut mineur mais difficilement pardonnable puisque les développeurs ont persisté dans cette voie.

Cela dit cette baisse de régime ne nuit pas vraiment à l’impression finale et, même à son plus bas niveau, Uncharted 2 reste une coudée au-dessus de la concurrence.

Pour faire une analogie culinaire, le titre de Naughty Dog est à l’opposé de la cuisine expérimentale : c’est un bon gros plat de gourmands qui aurait pu être un tout petit peu dégraissé. Cela dit, qui n’aime pas manger de la raclette jusqu’à l’écoeurement ?

À l’heure où l’industrie tente de conquérir de nouveaux joueurs en inventant le casual gaming, ce qui entraîne un nivellement par le bas de la qualité des jeux, Naughty Dog soigne les moindres détails et, sous ses allures de blockbuster impitoyable, draine de nouveaux adeptes dans son sillage. Plusieurs personnes autour de moi m’ont regardé jouer à Uncharted 2 comme s’ils visionnaient un film et se sont finalement laissées tenter par l’aventure (avec bonheur).

Entre une tendance Cooking Mama et Uncharted 2 pour élargir le panel des joueurs, mon choix est vite fait.

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