Half-Life sur PlayStation 2, le test de Huto

Publiez votre test
Signaler
Huto
10
Huto PS2

Culte, tout simplement

Qui ne connait pas Half-Life ? le premier jeu d’un développeur talentueux qui continue encore aujourd’hui de nous sortir de vraies pépites. Oui je parle bien de Valve, qui nous a ensuite gratifié de Half-Life 2, Portal, Team Fortress mais également de la plate-forme de téléchargement hyper connue  Steam.

En 1998 sur PC, Valve lance donc son premier jeu, et quel premier jeu ! Half-Life à sa sortie a fait l’effet d’une bombe, révolutionnant presque le genre FPS à l’époque. Pourquoi ? C’est ce que je vais essayer de vous expliquer à travers cette critique qui porte sur la version PS2 sortie 3 ans après.

Half-Life, une ambiance unique

Le joueur incarne Gordon Freeman, un scientifique du centre de recherches Black Mesa. Mais lors d’une expérience périlleuse effectuée sur un cristal inconnu le pire va arriver. Une sorte de faille inter dimensionnel s’ouvre, permettant à des aliens d’envahir le complexe. Et ils ne sont pas venus pour le tourisme mais bien pour exterminer la race humaine. Sympa. Si ce scénario ne respire par l’originalité  il a le mérite d’être très prenant et de se mettre en place tout au long de l’aventure pour au final devenir assez exceptionnel. Car à côté de ce tronc principal le joueur se rend compte que l’envahisseur alien n’est pas son seul ennemi, et autant dire que la découverte de cette autre menace est des plus surprenantes. Ce twist s’effectue très tôt dans l’aventure. Mais le plus mystérieux dans tout ça c’est sûrement ce fameux homme à la mallette que l’on aperçoit vaquer à ses occupations comme si de rien n’était (c’est pas comme si tout le monde se faisait massacrer par des E.T) au début du jeu et qui ne se révèle à nous qu’à la toute fin. Le véritable point fort du titre est sûrement son immersion et sa mise en scène exceptionnelles. Le jeu n’use d’aucune (ou presque) cut-scene ou cinématique coupant votre élan de jeu. Ici, tout se déroule sous nos yeux en temps réel sans que l’on soit incapable de bouger. Valve a eu l’ingénieuse idée d’intégrer des micro-événements où l’on peut voir les autres scientifiques se faire déchiqueter, démembrer, dévorer et autres festivités. Parfois ces événements nous concernent directement et nous surprennent efficacement la première fois. Le script peut être à double tranchant mais dans Half-Life il est maitrisé et sert le jeu de la plus belle manière qu’il soit. On se croirait presque dans un film. Certaines scènes cultes restent dans les annales du jeu vidéo, ayant marqué nombre de joueurs dont moi. Nombreux sont les personnages que l’on rencontre, scientifiques ou agents de sécurités, et certains d’entre eux jouent un rôle prépondérant à notre avancée dans le jeu. Contrairement à cette carpe de Gordon Freeman ils sont assez bavards et facilitent donc l’implication du joueur. Inutile de préciser que Half-Life s’inspire de monuments de la science-fiction comme Alien et X-files. L’élément le plus flagrant reste les head-crabs, des cousins germains des face-huggers. Ce que j’ai apprécié dans HL c’est que j’ai bien senti que le background est assez fouillé malgré l’absence de cinématiques et de grandes scènes de dialogue. On en apprend plus en » visitant » les salles de complexe, en lisant des pancartes, en écoutant des conversations et surtout en jouant certaines phases fortes.

Un gameplay efficace

Half-Life est à la base un jeu PC et cela se ressent facilement manette en main. Notre personnage bénéficie d’une vitesse de course très rapide et il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour bien manier tout cela. Heureusement on a la possibilité de configurer la sensibilité des sticks, chaque joueur ayant ses préférences. Gordan Freeman ne bénéficie pas d’une palette de mouvements très fournie mais jamais dans le jeu on aura à se plaindre. Half-Life est un FPS intelligent qui ne propose pas que du shooting. De très nombreux passages du jeu font appel à notre réflexion et à notre sens de l’observation. Machines à activer, caisses à déplacer et autres interactions sont pourtant simples mais proposent des séquences diversifiées. Si j’aurais un petit bémol à mettre ce serait au niveau des sauts, pas toujours faciles à gérer à cause de la vitesse de déplacement de Gordon. Le level design est très recherché et est à des années lumières de ce que l’on trouve aujourd’hui dans les standards du FPS. Certes il n’y a qu’un chemin à suivre pour poursuivre l’aventure mais la structure des niveaux permet une bonne liberté, que ce soit en intérieur en extérieur. Beaucoup de lieux sont facultatifs mais il sera toujours agréable de se sentir dans un immense complexe qui regorge de salles et de secrets. Il est très simple de se perdre, j’en suis un bon exemple, mais on finira toujours par retrouver son chemin.

Gordon Freeman, bien qu’il soit un scientifique, est loin d’être un manchot lorsqu’il s’agit de manipuler des armes. Des conventionnelles comme le petit flingue, le fusil d’assaut, ce bon vieux shotgun, les grenades… aux originales avec les armes alien surpuissantes. Et là tout bon fan de Half-Life m’assommerait sur place puisque je n’ai pas encore cité l’arme qui tout de suite symbolise la série Half-Life : le pied de biche ! Et oui ce bon vieux pied de biche, notre seule arme de corps à corps, qui nous servira surtout à briser les obstacles sans gaspiller de munitions. Et il est assez agréable de se rendre compte que beaucoup d’éléments sont destructibles dans Half-Life : des caisses, des barricades et même des distributeurs de boisson ! Les combats, qui forment un pan important du gameplay, ne sont vraiment pas faciles et il faudra jouer assez tactique en adoptant une bonne stratégie d’attaque, en se servant du décor comme bouclier et en choisissant l’arme la plus adaptée. En face, les ennemis nous donnent du fil à retordre avec une IA de bonne qualité. Ils nous contournent, essaient de nous acculer et nous encerclent. Certains ne sont pas bien compliqués à tuer mais quand ils vous touchent cela peut faire très mal. Heureusement notre personnage porte une armure, la même qui nous a permis de rester envie lors de l’expérience foirée. Les combats de boss sont présents, en petit nombre certes mais ils sont assez marquants (comme l’hélicoptère). Il ne suffit pas de les cribler de plus de balles puisque celles-ci sont inefficaces contre eux. Il y a toujours un autre moyen de se débarrasser d’eux, au joueur de le trouver.

Héritage du PC, la sauvegarde manuelle est disponible à n’importe quel moment… et heureusement. La difficulté du jeu est assez relevé, je ne me suis pas amusé à compter le nombre de morts tellement c’était fréquent. Cela est dû à l’IA de l’ennemi efficace et certains passages très chauds. Cependant, en recommençant encore et encore on finit toujours pas y arriver (un exemple : l’antre du Gonarch).

Réalisation

Le jeu a presque 10 ans sur PS2 maintenant et cela se ressent naturellement. Ca sent parfois bien la transition PS1-PS2  avec des décors très anguleux, des textures simples et des personnages pas super bien modélisés. Ca c’est ce qu’on pourrait dire aujourd’hui mais à l’époque le jeu n’était pas non plus très beau. De toute façon Valve nous a habitué à ce type de réalisation. Ce n’est pas très joli mais la force de Half-Life c’est que le jeu possède une identité et perso je me suis jamais dit « ah c’est moche là ». Alors oui on remarque vite les limites mais l’ambiance et les éclairages du jeu prennent le dessus. Bref, cette réalisation a vieillie mais ne rebute pas. Les effets spéciaux sont pourtant plutôt bien réalisés avec notamment les arcs d’électricités. Les explosions et certains fonds sentent fortement la 2D  tcomme c’était le cas au début de l’ère PS2.

Autres modes de jeux

Outre le solo, le jeu propose deux modes multijoueurs sur PS2. L’un se nomme Decay et permet à un ou deux joueurs d’incarner les docteurs Green et Cross dans une aventure parallèle à celle de Freeman. Une façon de redécouvrir cette histoire d’un autre angle. Malheureusement je n’ai pas pu m’y essayer longtemps car tout seul il faut switcher entre les deux personnages car celui que nous ne contrôlons pas n’avance pas du tout. Et c’est assez chiant d’évoluer comme ça. Ce mode révèle tout son potentiel en coopératif et rallonge sacrément bien une durée de vie déjà très correcte en solo.

L’autre mode est le Head to Head qui permet à deux joueurs de s’affronter dans des cartes inspirées du solo. Il a le mérite d’être présent mais on ne risque pas de s’y attarder très longtemps.

Conclusion

Half-Life est un jeu culte que tout joueur se doit de faire, rien que pour son ambiance et son scénario d’excellentes factures. Le soft n’a pas trop mal vieilli et ne devrait pas freiner les nouveaux joueurs qui souhaitent se plonger dans l’aventure. Une figure emblématique du genre FPS.

Ajouter à mes favoris Commenter (4)

Vos tests de Half-Life

tous les tests