Crysis 2 sur Xbox 360, le test de Rooster

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Rooster
6
Rooster X360

Oubliez la jungle, place à New York.

 

«La Claque » « ça défonce la rétine, bla bla bla » voila ce qu’on pouvait entendre en 2007, lors de la sortie de Crysis sur les machines des PCistes les plus fortunés. Oui, puisque voila, le jeu, en plus d’être un FPS plus élitiste que la moyenne, devait tourner (à 60 FPS s’il vous plait) sur une centrale nucléaire qui se rapprochait de la fameuse légende du « PC à 2000€ ». Par conséquent, beaucoup s’y sont essayé, mais peu l’ont fini à l’époque. Avec cette suite et sa sortie console, Crytek a compris certaines erreurs du passé, mais en a commis d’autres.

Avant d’écrire mon test je me suis posé une question, dont la réponse était en réalité assez évidente. Par quoi commencer ? Après quelques secondes de réflexion, il m’est paru évident de commencer par ce qui fait le charme du titre, sa colonne vertébrale, sa maitrise la plus évidente à mon sens. Pas son scénar bien sur, mais bel et bien sa technique. Puisque c’est sur ce dernier point que Crysis 2 vous inflige une lobotomie du lobe frontal. Même sur console, oui oui.

Le premier Crysis était un exemple à suivre en terme de technique pure, une véritable avancé. Souvenez vous, les consoles dites « next-gen » ont pris un petit coup de vieux après la sortie du titre de Crytek. Certains consoleux (au sens non péjoratif) s’exclamaient et promettaient que les développeurs allaient se saigner aux quatre veines pour offrir aux joueurs un rendu identique voire supérieur à celui de Crysis. Aujourd’hui même si cette course à la puissance fait bien rire, il faut bien reconnaitre qu’elle existait et existe toujours. Bref, nous nous éloignons dangereusement du sujet.

Finalement ce sera Crytek qui aura fait le premier pas en proposant une version console de son moteur graphique. Une version allégé et moins gourmande. Alors oui, en infligeant une claque monumentale à tous les joueurs console, Crytek a réussi son paris, porter son moteur d’une part et proposer un jeu sublimissime de l’autre, bien que ce dernier ne soit pas exempt de défauts techniques.

Le jeu en impose et impressionne dès les premières minutes de jeu, mais il exalte le joueur après plusieurs heures, pour offrir des décors et panoramas ultra travaillés et très détaillés. Effets de lumière, textures, effets en tout genre, modélisation…tout ou presque est de très haut niveau pour un jeu tournant sur Xbox 360.

Cependant, plusieurs défauts viennent entacher cette vitrine technologique. A commencer par un point qui fâche et qui aurait peut être pu être évité. Le frame rate est une véritable catastrophe dans les premières heures de jeu. C’était ma crainte la plus évidente avant de commencer le jeu et ça s’est avéré être extrêmement pénible. Effectivement, le jeu rame et c’est plutôt sévère. Au moindre gunfight ou agitation du joystick, la chute est flagrante et fatigante pour les yeux. On se retrouve très facilement sous les 30-25 FPS, voire beaucoup moins. Par la suite, le titre se stabilise pour proposer une animation fluide et agréable, les chutes sont moins présentes, mais paradoxalement les environnements sont plus détaillés et très très impressionnants, beaucoup plus qu’au départ.

Les clipping est également bien présent. Ce n’est pas un point sur lequel j’exprime un mécontentement et en général, je passe complètement outre. Mais, seulement ici, c’est vraiment flagrant. Des éléments imposants, des ombres, ou encore divers débris, apparaissent à seulement quelques mètres de votre perso. Ce n’est pas plus grave que ça, mais ça gâche un peu l’immersion de la chose.

Mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est que le titre de Crytek inflige une grande claque, digne d’un Uncharted 2. Le jeu est beau, magistralement beau et affiche des environnements très spectaculaires. Même si par moments, j’avais une folle envie d’investir dans un PC doté de trois cartes graphiques, 16Go de RAM et 10 To, pour afficher un jeu beau et fluide, ce n’est, au final, pas si gravissime que ça. Mais alors oui, évidemment, je te vois venir vieux PCiste aigrie, nostalgique et haineux que tu es (pardon pour ce cliché un peu fourbe), tu me diras que le jeu doit être fluide, tu m’expliquerais, qu’un FPS dynamique et nerveux doit tourner à 60 images/secondes, que c’est une honte de jouer avec un pad, etc, etc… Et je te dirais que, évidement, tu as raison. Mais, les moteurs comme le CryEngine 3 portés sur consoles sont très très rares et la prochaine fois que les consoles vont cracher leurs tripes pour afficher une image fluide se sera avec le Frostbite 2, le moteur de Battlefield 3, que certains s’étonnent lorsqu’ils apprennent qu’il sera allégé et qu’il ne tournera « qu’à » 30 FPS (et encore) pour les portages sur Xbox et PS3. N’oublions pas que la série a fait ses débuts sur PC.

Oubliez la jungle, les arbres qu’on pouvait casser en deux, en trois ou en quatre, les maisons en tôle entièrement démontables, laissons libre champ à New York. Quelle surprise n’est ce pas ? Mais ce n’est pas n’importe quel New York, c’est un NY dévasté, amputé, défiguré, ce qui laisse un certains plaisir de la découverte, chose qu’on ne retrouve pas forcément avec des titres ayant choisi le même environnement, ces derniers montrant la ville finalement de façon similaire.

Le choix n’est évidemment pas anodin ou hasardeux, il était complètement calculé. Le passage sur console y est encore pour quelque chose, puisqu’on se retrouve avec un titre plus linéaire, cependant, bien que moins que la plupart des FPS modernes mais tout de même moins profond que le premier opus. Le jeu perd en approche tactique ce qu’il gagne en script, action, linéarité et dynamisme. Les amateurs de la version PC remarqueront également une distance d’affichage un peu fléblarde, cachée ici par les nombreux buldings.

Une nouveauté fait également son apparition. Bien que complètement inutile, celle-ci permettra aux joueurs les plus fainéants de savoir exactement quoi faire et comment dans les zones les plus exposés et les plus « complexes » à appréhender. Autant dire que ça casse complètement le trip et qu’il ça reste de l’ordre du gadget inutile. Vous pourrez par exemple, marquer un certain nombre d’ennemies et de caisses de munitions, repérer certains passages plus calmes ou au contraire plutôt dangereux.

Comme pour le premier opus, le jeu vous laisse choisir l’approche qui vous parait la plus simple ou simplement la plus fun pour vous. En théorie le jeu a également été pensé pour qu’il puisse être joué en mode Sam Fisher. Vous pourrez donc, un peu partout vous la jouer à la predator en activant et désactivant le camouflage et jouir de cette voix bien gonflante de la combi, qui vous dit à chaque fois ce que vous avez choisi comme mode. Vous pourrez donc traverser la map sans trop vous faire repérer, passant de cachète en cachète. Mais l’I.A peut parfois être complètement incohérente. On se fait repérer sans trop savoir pourquoi par un troufion au fond de la map alors qu’on est sensé être invisibles, mais par contre dès qu’on court derrière lui, il ne nous voit et ne nous entends absolument pas. Bien que l’infiltration soit amusante un moment, on est dans un FPS et dans un FPS, on shoote, donc, on shoote. On laisse place aux gun fights, qui sont plutôt bien réussis, dynamiques et bien nerveux, bien qu’un peut faciles. On s’amuse avec les ennemis, on joue à cache cache avec eux, on les torture un peu mentalement et puis on les flingue. C’est sympa, bien que l’I.A, ne soit pas très convaincante, ni très futée, elle reste plutôt efficace du fait de son agressivité. Il arrive qu’elle nous en face baver, qu’elle nous contourne (par hasard ?), mais lorsque cela arrive, il s’avère plutôt que leur nombre y est pour quelque chose. Les ennemis arrivent par poignées de cinq, voire plus et il n’est pas rare que les gunfights, bien que sympas, s’avèrent longs et répétitif. A la toute fin du jeu, j’ai préféré les éviter, c’est dire.

La combi du premier épisode était plutôt bien pensée et bien équilibrée. On été beaucoup plus fort que les ennemis, sans être dans une sorte de godmode. Il ne fallait pas jouer le gourmand avec les « pouvoirs » sous peine de se retrouver sans énergie en plein milieu d’un combat. La modération était imposée et le jeu n’était ni trop dur ni trop simple. Sur ce point, le jeu était agréable. Avec Crysis 2, la combi est comme amputée de quelques véritables pouvoirs, mais d’un autre coté, on a également l’impression que certains d’entre eux ont été quelques peu dopés pour nous faciliter la tache.  Pour commencer, le super sprint, devient un simple sprint tout ce qu’il y a de plus banal dans un FPS. On ne va spécialement plus vite que dans le premier, au contraire, pourtant ça nous bouffe pas mal d’énergie. L’invisibilité peut être utilisée pendant plusieurs minutes et nous mange beaucoup moins de ressources lorsqu’on se déplace. La barre d’énergie remonte également plus vite. Ce genre de modif, tire la difficulté vers le bas et ne rend pas le jeu foncièrement plus fun.

Un autre rajout plutôt sympa cette fois, le fait de pouvoir faire évoluer votre armure. En ramassant on-ne-sais-pas-trop-quoi sur les aliens, on peut débloquer quelques petits plus. La marche, la chute silencieuse ou encore le fait de voir la trajectoire des balles de nos ennemis, histoire de savoir d’où on nous tire dessus. Il y en a une vingtaine à débloquer et on ne peu qu’en avoir quatre à la fois. Pour être tout à fait honnête, j’en ai débloqué la plupart, mais je n’ai pas ressenti le besoin de les utiliser. C’est sympa, bien qu’un peu gadget.

On peut encore et toujours rajouter un viseur ou un silencieux à votre arme en temps réel, un point réellement positif auquel ont n’a visiblement rien retouché.

Ici, la durée de vie varie énormément d’un type de joueur à l’autre. Personnellement j’ai voulu profiter du titre, j’ai pris mon temps, j’ai parcouru tous les niveaux en les nettoyant à fond et en laissant que quelques ennemis derrière moi. Il m’a donc fallu environ entre 8 et 10 heures de jeu pour boucler la campagne solo. C’est pas mal. Bien sur, ça reste court, mais je ne suis pas sur que plus aurait nécessaire. Le jeu est assez répétitif comme ça et en s’approchant de la fin, on est comme soulagé. J’exagère bien sur, mais si le jeu aurait eu une durée de vie de 15 heures, je ne l’aurais peut être pas bouclé.

Pour conclure, Crysis 2 n’est absolument pas un mauvais jeu, il rempli le contrat du FPS moderne. Il est fun, dynamique, beau, très beau, très très beau et parfois très impressionnant. Mais ce n’est certainement pas totalement ce à quoi on s’attendait. Crytek nous propose ici un jeu défoulant, nous offre des gunfights parfois très jouissif, mais nous ôte une certaine  liberté qui faisait le charme du premier. Le jeu s’avère au final extrêmement répétitif et j’ai personnellement préféré parcourir à petites doses. Un jeu qu’on consomme et qu’on oublie aussi tôt.

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